Fédération de Stomatologie et

Chirurgie Maxillo-Faciale

 

 

 

 

LIVRE BLANC

 

 

 

 

 

 

La Stomatologie en France

 

 

Situation actuelle et perspective

 

 

 

 

« UNE DISCIPLINE EN CRISE, 

UNE MENACE POUR LA SANTE PUBLIQUE »

 

 

 

 

 

 

Élaboré à l’initiative du

Collège des Médecins Stomatologistes

et Chirurgiens Maxillo-Faciaux de France

 

 

 

 

Sommaire

 

 

INTRODUCTION

 

I – HISTOIRE DE LA STOMATOLOGIE

 

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II - UNE SPÉCIALITE A TRIPLE ORIENTATION :

 

Ø      Le champ médical

Ø      Le champ bucco-dentaire

Ø      Le champ chirurgical maxillo-facial

 

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III - LA FORMATION

 

Ø      Les Stomatologistes

Ø      Les Dentistes

 

IV - STOMATOLOGISTES – DENTISTES                

    

Ø      Les enjeux d’un conflit de compétences

 

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V - DÉMOGRAPHIE PROFESSIONNELLE

 

Ø      Situation actuelle

Ø      Perspectives

 

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V - PROPOSITIONS DU COLLÈGE

 

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CONCLUSIONS

 

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RESUME

 

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ANNEXES

 

  • Les études médicales
  • Cursus D.E.S. et D.E.S.C. de C.M.F. et Stomatologie
  • Les D.U. enseignés en France
  • Structures de la Stomatologie
  • Les études dentaires
  • Programme du D.E.S.C.B. des Dentistes

 

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CONTACTS Page 67

 

 

 

Introduction

 

 

Etymologiquement, le mot stomatologie vient du grec :

 

Ø      Stoma : bouche anatomique

Ø      Logos : sciences (études)

 

La stomatologie peut donc se définir comme « l’étude scientifique des maladies de la bouche et de ses annexes. »

 

Le mot de Stomatologie est utilisé pour la première fois par le Docteur Andrieu, en 1868, mais a acquis ses lettres de noblesse avec la création de la Société de Stomatologie de Paris en 1888 par MAGITOT qui voulait « donner un Corps et une Doctrine Scientifique »  à cette nouvelle spécialité.

 

La stomatologie est donc une discipline ancienne puisqu’elle existe depuis près de 140 ans.

 

Le champ de ses compétences s’est progressivement élargi du strict territoire bucco-dentaire à celui de la face dans son entier. Les deux conflits mondiaux, avec les terribles dégâts faciaux et les solutions thérapeutiques qu’ils ont nécessitées, ont largement déterminé cette orientation chirurgicale et ses remarquables progrès.

 

Mais, à l’aube du XXI ème siècle, la stomatologie est confrontée à une double crise :

 

-          Une crise démographique : le nombre de stomatologistes a diminué de 24% en 11 ans,

-          Une crise existentielle en raison d’un champ de compétence mal reconnu, concurrencé par les dentistes[1], ce qui trouble l’image donnée par la spécialité.

 

C’est dans la réorganisation de la formation des nouveaux praticiens que réside en partie la solution de cette crise.

 

L’objet de ce Livre Blanc est d’alerter les pouvoirs publics sur cette situation, impliquant un risque pour la santé publique, et de présenter les propositions du Collège des Médecins Stomatologistes et Chirurgiens Maxillo- Faciaux de France. 

 

 

 

 

 

 

I - Histoire de la Stomatologie Française

 

 

 

 

« Le père de l’Odontologie et de la Stomatologie » en France (M. DECHAUME et P.HUARD. In Histoire illustrée de l’art dentaire, éditions Dacosta, Paris, 1977) est FAUCHARD (1678 – 1761), d’abord Chirurgien de la Marine, puis reçu comme « expert pour les dents » par la communauté des Chirurgiens de Paris.

 

(Extrait de l’allocution prononcée par le professeur DONAZZAN, de Lille, lors du Centenaire de la Société, le 10/12/1988) :

 

« La Stomatologie française se structure en spécialité par la création de la Société de Stomatologie de Paris, en 1888, sous la houlette de MAGITOT, réunissant autour de lui de grands anciens comme GALIPPE et PIETKIEWICZ, dont la volonté farouche est de « sortir cette spécialité de l’ornière empirique où elle s’est enlisée depuis des décennies afin de la faire réintégrer le giron de la Médecine, seule perspective d’avenir ».

 

Dès 1894, est fondée la Revue de Stomatologie, et la première chaire de Stomatologie est occupée par REDIER, en 1895, à la Faculté Libre de Médecine de Lille. La philosophie de CRUET, qui préside le premier congrès de Stomatologie, en 1907 à Paris, se résume de manière lapidaire : « médecin d’abord, spécialiste par appoint ». En 1907 également est créée l’Association Stomatologique internationale par une vingtaine de nations.

L’École française de Stomatologie est ouverte en 1910, Passage Dauphine à Paris, par l’omniprésent CRUET.

 

La première guerre mondiale, sous l’impulsion de SAUVEZ va donner aux stomatologistes l’occasion de créer, à partir de peu de choses, les centres de chirurgie et de prothèse maxillo-faciales qui vont traiter les nombreuses « gueules cassées »

 

En 1920, la Faculté de Médecine de Paris crée un poste de Chargé de Cours de Stomatologie occupée par CHOMPRET ; à la même époque sont nommés les premiers stomatologistes des Hôpitaux.

La Faculté de Médecine de Bordeaux fonde d’une chaire de Stomatologie en 1932, tenue par les Professeurs CAVAILLE puis DUBECQ. En 1939, BELTRAMI est nommé Professeur de la spécialité à la Faculté de Médecine de Marseille.

 

La Société de Stomatologie de Paris s’élargit, en 1943, et se transforme en Société de Stomatologie de France.

Parallèlement, par un décret du 29 septembre 1944, l’École Française de Stomatologie est rattachée à la Faculté de Médecine. C’est aussi à la fin de la deuxième guerre mondiale qu’apparaissent les Chaires de Clinique Stomatologique de Paris, Lille, Lyon, Nancy et Nantes, avec création d’un Certificat d’Études Spéciales de Stomatologie, en 1949.

 

 

 

 

Après la conquête de son statut médical, affirmé par la Faculté, la discipline accentue son caractère chirurgical et la société devient, le 29 mars 1953, Société Française de Stomatologie et Chirurgie Maxillo-Faciale.

 

 

Concrétisant son caractère de spécialité médico-chirurgicale à part entière la discipline de « Stomatologie et Chirurgie Maxillo-Faciale » est associée à l’Oto-rhino-laryngologie et à l’Ophtalmologie dans la même section (55) du Conseil National des Universités. 

 

 


 

 

 

 

II - Stomatologie : une spécialité à triple orientation 

 

 

Depuis 140 ans, le champ d'action de la Stomatologie s'est considérablement élargi, tant par les progrès des techniques que par la qualité de ses enseignants et de ses praticiens.

 

A l’origine, chirurgical, le champ d'action de la stomatologie est triple :

 

Ø       un champ médical

 

Ø      un champ bucco-dentaire

 

Ø      un champ chirurgical et maxillo-facial

 

Cette triple orientation est une spécificité de la stomatologie. Aucune autre discipline n’emprunte à trois domaines.

 

Pour comprendre la situation actuelle, les conflits « territoriaux » avec les dentistes et les enjeux de santé publique représentés par la stomatologie, il faut commencer par faire un tour d’horizon de ces champs d’action.

 

 

1        - Le champ médical

 

La meilleure description du champ médical de la stomatologie a été faite par le professeur Michel DECHAUME, dans un article publié en 1980 dans le bulletin de l’Académie Nationale de Médecine (1980, 164, n° 7, Masson éditeur)

 

« La Stomatologie ne se limite pas, comme certains le pensent, à la Chirurgie Maxillo-Faciale. Il existe un important domaine médical qui n’est pas contrôlé efficacement par les autres médecins spécialistes ou généralistes. Il suffit pour s’en convaincre d’envisager par exemple, parmi d’autres, les problèmes posés par les maladies des maxillaires, celle des glandes salivaires, du système lymphatique et de la muqueuse buccale.

 

… Les lésions inflammatoires, les dystrophies, les dysplasies, les tumeurs des maxillaires sont bien régies par les lois de la pathologie générale, mais, leur siège dans la sphère buccale leur imprime des particularités qui rendent leur diagnostic plus délicat et justifie une thérapeutique soit médicale soit chirurgicale respectueuse de la fonction et de l’esthétique.

 

Les maladies des glandes salivaires ont bénéficié ces dernières années, des travaux des Stomatologistes. Ainsi ont été identifiés les troubles de la fonction salivaire consécutifs à l’emploi des tranquillisants. Fonctionnels au début et réversibles, en l’absence de traitement, ils peuvent aboutir à des lésions organiques et irréversibles, très pénibles pour les malades. La cure chirurgicale de la lithiase sous-maxillaire peut le plus souvent être assurée par une intervention endobuccale portant sur le canal de Wharton, sans sacrifier la glande sous-maxillaire. La nosologie des lésions inflammatoires et tumorales a été bien précisée par l’utilisation de la scintigraphie et surtout de la sialographie dont la technique et l’interprétation sont délicates pour être précises.

 

Les adénopathies cervicales sont fréquentes. Leur étiologie plus souvent générale que locale. Une bonne connaissance de la pathologie générale est nécessaire pour assurer le diagnostic et le traitement précoce d’une maladie souvent sévère.

 

Les maladies de la muqueuse buccale ont été négligées et le sont encore. Certes la connaissance de la dermatologie facilite le diagnostic et la thérapeutique de certaines d’entre elles. Mais le milieu spécial dans lequel elles évoluent leur imprime des particularités qui rendent leur diagnostic délicat, surtout s’il n’existe pas de lésions cutanées concomitantes. La nosologie des stomatites a été entièrement renouvelée par le développement de la pathologie iatrogénique. L’insuffisance de leur traitement peut entraîner des complications parodontales

 

On pourrait parler de même pour les autres maladies de la cavité buccale et de ses annexes sans oublier que certaines peuvent être la première manifestation d’une maladie générale grave ».

 

 

 

 

2 – Le champ bucco-dentaire

 

C’est le domaine de ce que l’on appelle l’omnipratique qui comprend :

 

Ø      la denture : ce sont les soins dentaires

 

Ø      La chirurgie buccale (« oral surgery » des anglo-saxons).

 

Ø      la chirurgie des glandes salivaires.

 

Ø      La réparation de la perte des organes dentaires par l'implantologie, mais aussi par la prothèse

 

Ø      les tissus de soutien de la dent, c'est-à-dire gencive et os : c’est le domaine de la parodontologie

 

Ø      les dysmorphoses dento-maxillo-faciales, de l’enfant bien entendu, mais aussi de l’adulte : c’est le domaine de l’orthopédie dento-maxillo-faciale (ODMF)

 

 

 

– Les soins dentaires

 

Il ne semble pas indispensable, a priori, d'avoir fait 6 ans de médecine et 4 ans d'internat de spécialité pour exercer une activité pour laquelle les dentistes ont été formés pendant 6 ans et pratiquent avec compétence. Mais cette voie peut représenter une orientation légitime pour le médecin qui s'y consacre.

 

Pour un chirurgien maxillo-facial, il est indispensable d’avoir pratiqué des soins dentaires, même si cela ne constituera pas son exercice futur. La méconnaissance des retentissements régionaux et généraux des problèmes dentaires peut laisser inexpliquées des pathologies sournoises. Il en est de même pour le retentissement régional des prothèses imparfaites ou usées, les subtilités des points de contact ou des surocclusions, les conséquences des absences ou des malpositions dentaires, etc.

 

Enfin, la prévention de la maladie carieuse est un des rôles de la profession qui doit s'en enorgueillir : viser à diminuer son "chiffres d'affaires" est une démarche tout à son honneur, et une véritable action de santé publique.

Que les stomatologistes ne soient pas associés, dans les textes, à ces actions, est une aberration.

 

 

- La chirurgie buccale (« oral surgery » des anglo-saxons).

 

 Il est bien évident que ce type de chirurgie est aussi du domaine des Chirurgiens maxillo-faciaux, mais ses patients se recrutent plus volontiers en pratique de ville qu’en pratique hospitalière. Et tout chirurgien hospitalier est un libéral en puissance. Il doit donc aussi être formé dans cette « petite chirurgie »

 

Elle englobe aussi bien la chirurgie de la muqueuse (lésions tumorales bénignes ou infectieuses) que celle de l'os sous jacent (granulomes et kystes maxillaires, de plus ou moins gros volume), la chirurgie des malpositions dentaires et des complications infectieuses liées aux dents incluses

Bien entendu, les actes chirurgicaux dépendant de la parodontologie d'une part et de l'implantologie d'autre part en font partie.

 

Tous ces actes ont en commun de pouvoir être réalisés au cabinet du praticien, dès lors que le plateau technique est adapté, et cela, sous anesthésie locale, ce qui évite les frais inhérents à une hospitalisation, nécessaire pour toute anesthésie générale.

 

 

 

-  La chirurgie des glandes salivaires.

 

Il y a 2 groupes de glandes salivaires : d'une part les glandes sub-linguales et sous maxillaires, de l'autre les glandes parotides.

 

Les premières peuvent avoir un accès mixte (intra ou extra buccal) selon la pathologie infectieuse ou tumorale en cause.

En revanche, la glande parotide est opérée par un abord toujours cutané. Elle est de chirurgie très difficile compte tenu de sa traversée par le nerf facial, et parfois d'une extension tumorale très profonde vers le pharynx. Elle est donc du domaine de chirurgiens très entraînés, qu'ils soient maxillo-faciaux ou ORL.

 

 

- la chirurgie des maxillaires

 

Aux deux maxillaires, ce sont les kystes volumineux et autres tumeurs déformant la face qui nécessitent une anesthésie générale et donc une hospitalisation.

 

Au maxillaire supérieur, il s'agit de l'extension des lésions tumorales ou infectieuses d’origine dentaire au sinus maxillaire, zone frontière avec les ORL. Il est indispensable que ceux-ci connaissent les complications des infections dentaires, comme il est souhaitable que les chirurgiens maxillo-faciaux aient de solides notions sur les retentissements naso-respiratoires de leurs interventions et la physiologie de la muqueuse endo-sinusienne, en continuité avec la muqueuse (et donc la pathologie) de la muqueuse du naso-pharynx.

 

 

– L’implantologie

 

Depuis une trentaine d'années environ, il est apparu la possibilité de remplacer les organes dentaires perdus grâce à des implants métalliques, apposés ou insérés dans l'os des maxillaires.  Ces implants ne laissent émerger de la muqueuse que des points d’ancrage sur lesquels seront fixés les éléments prothétiques.

 

Par des artifices techniques, l'apparent non-sens que représentait l'existence de ces "fixateurs externes" implantés en milieu humide et septique s'est révélé faux. Le résultat, après de nombreuses années d'échecs, est porteur de plus en plus de réussites, environ 90 % actuellement.

 

En outre, il est souvent nécessaire d'augmenter le volume osseux diponible pour mieux assurer la stabilité du ou des implants. Le comblement osseux du bas-fond sinusien ou, à la mâchoire inférieure, des greffes osseuses d'apposition, sont alors réalisés au moyen de greffons d'origine pelvienne, costales ou crâniennes,

 

Mais le bon équilibre, le bon articulé de la prothèse finale sont les garants d’un minimum de contraintes parasites. Quand celle-ci est mal adaptée, les micro- traumatismes répétés entraînent plus ou moins rapidement une lyse osseuse responsable de la mobilité puis de la perte du ou des implants.

 

L’implantologiste est ainsi confronté à plusieurs techniques et plusieurs territoires. Il est donc rare que le même praticien réalise à lui seul toutes ces séquences, notamment la chirurgie et la prothèse.

 

 

 

 

– La parodontologie

 

La détérioration des tissus de soutien de la dent (le parodonte, c'est à dire gencive et os) n'est pas seulement liée au vieillissement de l'individu mais peut être en rapport avec beaucoup de causes, locales (malpositions dentaires ou prothétiques, déséquilibres musculaires, etc.) ou générales (diabète, alcool, tabac, par exemple) .

Le traitement fait appel à de nombreuses actions : hygiéno-diététiques, médicales, et chirurgicales.

 

C'est dire que cette activité de soins, qui constitue une spécialité à elle seule, tant elle est complexe, est une illustration, s'il en fallait, de l'aspect médico-technico-chirurgical de la Stomatologie

 

 

- L'Orthopédie dento-maxillo-faciale (ODMF)

 

Dès le seul intitulé, le problème est posé : le traitement des troubles de position des dents ne peut être qu’une partie d’un tout, c'est à dire incluant, outre les rapports des dents entre elles, leur rapport avec la position relative des bases maxillaires, la musculature oro-faciale et les praxies, donc la mimique faciale, et même, la statique vertébrale dans son ensemble.

 

L’Orthopédie dento-maxillo-faciale doit être rapprochée et s’inspirer de l’Orthopédie Générale (complètement méconnue des non-médecins). C'est dire si l'on est loin d'une simple "orthodontie", c'est à dire d'un simple alignement dentaire recherché dans l'absolu.

 

La méconnaissance de ces rapports de voisinage (bases osseuses, troubles de la musculature oro-faciale avec les tics divers, les déglutitions-phonations atypiques, etc) n'est pas étrangère à la fréquence des récidives des malpositions ou à la durée des traitements.

 

L'importance de ces traitements est considérable, car leur réussite est une prévention à long terme, de certaines caries, de problème d'occlusion avec leur retentissement articulaire, des problèmes de parodontopathies dont l'apparition est, dans une certaine mesure, retardée. Il s'y ajoute - et ce n'est pas le moindre - un bénéfice esthétique qui persiste la vie durant, avec son importance dans la vie privée et professionnelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3 - Le champ chirurgical, maxillo-facial

 

Ce champ est vaste puisqu’il concerne :

 

Ø      la chirurgie des maxillaires et du sinus maxillaire

Ø      la chirurgie des articulations temporo-mandibulaires

Ø      la chirurgie de la face, réparatrice et esthétique.

Ø      La réparation des traumatismes faciaux.

Ø      La réparation des anomalies morphologiques des bases maxillaires et celles de la face (fentes labio-maxillaires).

Ø      La chirurgie cranio-faciale

Ø      La chirurgie des lésions cancéreuses, muqueuses et osseuses.

 

 

 

– La chirurgie des maxillaires

 

Comme on l'a déjà vu, il s'agit là d'un territoire "carrefour", lieu d'action (et de conflits ?) entre les chirurgiens buccaux, les maxillo-faciaux et les ORL.

De toute façon, il s'agit d'une chirurgie pratiquée sous anesthésie générale, nécessitant donc une hospitalisation.

 

 

-  La chirurgie des articulations temporo-mandibulaires

 

Elle vient en tout dernier ressort dans le traitement des dysfonctionnements des A.T.M.

 

A l'origine de ceux-ci est une somme de facteurs incluant des troubles de l'articulé dentaire, les localisations à l'ATM de la maladie rhumatismale, la morphologie des apophyses et des cavités articulaires, les désordres de la statique mandibulaire (qui sont parfois la conséquence de traitements "orthodontiques" imprudents), voire de manifestations d'origine psycho-somatique.

 

C'est assez dire que l'indication opératoire ne peut être posée que par un praticien dont la culture médicale et chirurgicale est étendue, à l'écoute de toutes ces pathologies.

 

 

- la chirurgie de la face, réparatrice et esthétique

 

Étant habitué à traiter les lésions fraîches ou séquellaires au niveau de la face, qu'elles soient post pathologies, traumatismes ou brûlures, il est assez facile au chirurgien facial de traiter les lésions inesthétiques de toute la face qu'elles soient pathologiques ou liées au vieillissement.

 

Cela conduit donc à la possibilité pour le chirurgien facial, pour peu qu'il connaisse bien certaines techniques chirurgicales, de pratiquer palpébroplasties et liftings par exemple, tant il est vrai que la chirurgie "esthétique", si médiatisée, n'est qu'une partie de la chirurgie "réparatrice" ou « plastique ».

 

Il est bien certain que la frontière est floue avec la "Chirurgie Plastique Reconstructive et Esthétique" de la face. Mais il est vrai aussi que ces spécialistes sont bien souvent issus des spécialités faciales.

 

 

- La réparation des traumatismes faciaux

 

Avec l'orthognathie (cf. ci-dessous), et la cancérologie, la traumatologie est un des trois domaines principaux de la Chirurgie Maxillo-Faciale.

 

Il s'agit de traiter toutes les fractures qu"elles soient partielles ou complètes, les plaies, balistiques ou par armes blanches, mais aussi les séquelles de brûlures.

Ce sont donc des traitements dans l'urgence, au moment du traumatisme initial ou bien de traitements "à froid" pour les séquelles.

A ce stade interviennent les méthodes utilisant toutes les ressources des plasties, des ostéotomies, des greffes qu'elles soient osseuses, cutanées ou mixtes, des lambeaux cutanés ou cutanéo-musculaires.

Les préoccupations sont vitales parfois, au début, esthétiques très souvent.

fonctionnelles toujours.

 

 

- La réparation des anomalies morphologiques des bases maxillaires, ou de la face (fentes labio-maxillaires).

 

Il s'agit de la chirurgie dite "orthognatique". Les deux maxillaires peuvent être décalés l'un par rapport à l'autre ou décalés en hauteur ou déviés. Il importe de savoir lequel est en cause ou les deux, ce qui implique une étude préopératoire très fine, le plus souvent faite en collaboration avec l'orthopédiste dento-maxillo-facial. Celui-ci est d'ailleurs souvent à l'origine de la demande opératoire.

 

Le retentissement des ces dysmorphoses est tout aussi esthétique que fonctionnel, c'est à dire perturbant la fonction masticatoire. Le traitement ne peut se concevoir sans le respect absolu, in fine, d'un articulé dentaire parfait. C'est dire si les chirurgiens faciaux ont l'obligation de bien connaître l'appareil dentaire.

 

Quant au traitement des fentes naso-labio-maxillaires (ou "becs de lièvre"), il est très particulier, car il va de la naissance à la fin de la croissance, et intéresse, outre le chirurgien facial, l'orthopédiste dento-maxillo-facial, l'orthophoniste, l'ORL, et souvent le psychothérapeute.

 

 

- La chirurgie cranio-faciale

 

Il s'agit d'une chirurgie très particulière puisqu'elle ne peut se concevoir qu'en collaboration avec des neuro-chirurgiens, et plus généralement au sein d'équipes particulièrement spécialisées, associant de nombreuses disciplines faciales.

 

 

 - La chirurgie des lésions cancéreuses, muqueuses et osseuses.

 

Ces lésions sont de gravité et de volume bien différents. Une solide formation est nécessaire pour les reconnaître dès leur début, la précocité du traitement, comme pour celui de tout cancer, étant la meilleure chance de guérison, et d'un coût final modéré, tolérable pour la Société.

 

Ces lésions peuvent être muqueuses, sur la lèvre, la gencive ou la langue, ou bien osseuses, soit primitives, soit secondaires, localisation métastatique d'un cancer éloigné qu'il faudra reconnaître.

 

 

 

Cette description des champs d’actions de la stomatologie montre l’étendue de son domaine et son rôle majeur en terme de santé publique.

 

Le Stomatologiste a donc besoin, pour s’acquitter pleinement de sa mission en assurant une « qualité du service rendu », d’acquérir une double formation en MÉDECINE et en ODONTOLOGIE.

 

Du fait de sa « culture médicale », le stomatologiste  voit le malade dans sa « globalité »; il est en rapport constant avec la médecine générale, la cardiologie, la cancérologie, la dermatologie, la gastro-entérologie, l’hématologie, la neurologie, la rhumatologie et les autres spécialités céphaliques.

 

Il est le « correspondant » naturel du chirurgien-dentiste avec lequel il ne peut être confondu : le « champ d’application de sa pratique est beaucoup plus vaste »[2]  (1)

 

Enfin, en terme de coût pour la Santé Publique, il est bien évident qu’un praticien connaissant bien tous les aspects de sa spécialité aura un meilleur « rendement » : moins d’erreurs ou de retard de diagnostic, moins de traitements mal adaptés, moins de récidives en ODMF. Ces éléments ne sont pas exactement quantifiables, mais sont de constatation quotidienne dans notre exercice.

 

 


 

 

 

 

III – LA FORMATION

 

 

Dans la sphère bucco-maxillo-faciale, les formations des stomatologistes et des dentistes diffèrent peu en durée, mais très profondément en nature.

Pour comprendre les risques d’une confusion des compétences des uns et des autres, il faut connaître le cursus respectif des stomatologistes et des dentistes.

 

 

1 – La formation des stomatologistes

 

Le cursus de formation comporte trois cycles (détail en annexe 1).

 

Le premier, d'une durée de deux ans, comporte une première année commune avec les futurs dentistes et les sages-femmes : le PCEM 1[3].

Dès la deuxième année, l'étudiant est en contact avec les malades lors de stages cliniques. Au cours du second cycle (3 ans), il aura des fonctions hospitalières.

Le troisième cycle est celui de la spécialisation, soit en "médecine générale" (depuis l'année 2004), soit en "spécialités".

 

Mais pour y prétendre, il faut avoir réussi le concours de l’internat de spécialités. Ce concours peut être présenté deux fois, l'une en fin de 5 ème année, donc la dernière année du 2 ème cycle, ou l'année suivante.

Ainsi, on choisit son DES[4] , en général de 3 ans, puis, s’il y a lieu, un DESC[5] (…. Complémentaires) de 3 ou 4 ans.

 

En ce qui concerne les futurs stomatologistes, une alternative est possible :

 

Ø      Le D.E.S. de stomatologie : le cursus a été modifié 6 fois depuis 1984. En effet, cette année-là en application de la réforme des études médicales instaurant l’internat qualifiant, le Certificat d’Études Spécialisées (CES) de stomatologie est supprimé. Le Diplôme d’Études Spécialisées (DES) le remplace mais il n’attire pas beaucoup d’internes.

Ø      Le D.E.S.C. instauré en 1988 : le Diplôme d’Études Spécialisées Complémentaires (DESC). Celui-ci, d’une durée de 3 ans, est accessible après la deuxième année du DES de chirurgie générale.

 

Par ailleurs, le DESC de Chirurgie Maxillo-Faciale et Stomatologie, créé en 1988, débute après la 2 ème année du DES de Chirurgie générale et dure 3 ans auxquels il faut ajouter 1 an de post-internat. Ainsi, ce DESC est d’une durée totale de 6 ans après réussite au concours d’internat. Cela représente donc 12 ans au total pour former un chirurgien maxillo-facial.

 

Mais, force est donc de constater que le chirurgien maxillo-facial, s’il a une « culture », médicale puis chirurgicale, exceptionnelle, n’a que peu de formation odontologique. Beaucoup de jeunes installés le disent. Et ce n’est pas l’ajout, à partir de Novembre 1999, du mot « Stomatologie » au libellé du titre du DESC qui a changé grand-chose au contenu de l’enseignement.

 

Voir le détail du cursus en annexe 3, (tiré du site de l’UFR[6] de Stomatologie de Paris 6)

 

En outre, il existe aussi de nombreux D.U.[7] dont la liste, sur la France entière, est en annexe 4.

 

Ces D.U. ont la particularité d’être enseignés dans les U.F.R de Médecine et d’être destinés aux stomatologistes, aux chirurgiens maxillo-faciaux, et aussi aux dentistes.

 

Toutefois, ces D.U (Diplômes Universitaires) sont des diplômes ne qualifiant pas pour une spécialité, mais apportant un complément de formation dans un domaine particulier, dans le cadre d'une spécialité.

 

 

 

2 – La formation des Dentistes

 

 

Elle se fait, elle aussi, en trois cycles, comme les études médicales (détail en annexe 2).

 

Le premier cycle comporte le PCEM 1, commun avec les médecins et les sage- femmes, et une autre année.

Le deuxième cycle, d'une durée de 3 ans comporte des études universitaires et des stages cliniques dans des services d'odontologie. Les étudiants peuvent commencer les soins sur patients, dans les services d'odontologie après le fin de la 1 ère année du second cycle.

Le troisième cycle peut être court (1 an, conduisant vers la thèse de docteur en chirurgie dentaire et donc l'exercice professionnel) ou long (3 ans).

 

Ce cycle "long", après le concours d’ « internat en odontologie », passé en 5ème ou 6ème année, ouvre sur un triple parcours, compte non tenu de divers D.U. dont certains sont d’ailleurs enseignés conjointement aux dentistes et aux médecins :

 

-          vers l’enseignement, par un internat de 3 ans avec, au terme, l’obtention d’un DEA

-          vers une spécialisation en orthodontie : le Certificat d’études cliniques spéciales, mention orthodontie (CECSMO) seule « spécialité » reconnue par l’Ordre National des Chirurgiens-Dentistes

-          vers une spécialisation chirurgicale : le Diplôme d’Études Supérieures de Chirurgie Buccale (DESCB), obtenu en 4 ans.

Comme l’indique le contenu des programmes, exposé en annexe 2, la partie « médicale » de la formation est assez réduite, et elle est faite dans des facultés dentaires, par des enseignants non médecins dans leur grande majorité. Quant aux stages cliniques, ils ont lieu quasi exclusivement dans des services hospitaliers d’odontologie ou des centres de soins (CSERD) et non dans des services de médecine.

 

Le texte d’un rapport du Ministère de la Santé, en 2002, précise :

 

 

N.B. : Notons que les organisations professionnelles dentaires se sont énergiquement refusées à envisager la formation d’hygiénistes dentaires

 

 

 

 

Les ambiguïtés du  Diplôme d'Études Supérieures de Chirurgie Buccale 

 

L'enseignement du Diplôme d'Études Supérieures de Chirurgie Buccale (D.E.S.C.B.) dure quatre ans à temps partiel.

Le test d'aptitude, pour être autorisé à suivre cet enseignement, a lieu fin décembre et comporte trois épreuves écrites d'anatomie, physiologie générale et anatomie radiologique.

L'enseignement théorique porte pendant les deux premières années sur des matières fondamentales anatomie tête et cou, microbiologie, immunologie, pharmacologie, physiologie.

Pendant les 3ème et 4ème années, l'enseignement théorique porte sur la pathologie et la thérapeutique buccales.

L'enseignement pratique comporte des travaux pratiques d'anatomie pathologique, des dissections d'anatomie bucco-maxillo-faciale et des stages hospitaliers à raison de trois vacations hebdomadaires obligatoires : en 1ère et 2ème année dans les Services d'Odontologie , en 3ème année dans un service de Chirurgie Maxillo-faciale, en 4ème année dans deux services hospitaliers non odontologiques ni stomatologiques (médecine générale, anesthésiologie, O.R.L. etc ...).

 (NDLR : Il s’agit donc d’une formation chirurgicale, à temps partiel, et sans poste de responsabilité, c'est-à-dire « les mains dans le dos »)

Le contrôle des connaissances comporte :

* en 1ère et 2ème année : un examen théorique commun avec les étudiants en médecine et une épreuve pratique de pathologie et chirurgie buccale.

* en 4ème année : une épreuve nationale écrite comportant deux questions de trois heures pouvant porter sur tout le programme des quatre années, mais axées surtout sur la pathologie buccale et les retentissements buccaux des pathologies générales.

* une épreuve pratique et orale locale comportant un examen de malade (ou de dossier) et une intervention de chirurgie buccale.

Actuellement, l’enseignement de cette spécialité chirurgicale se fait dans 4 UFR d’Odontologie : Paris, Nancy, Rennes, et Reims.

Mais cet enseignement n’intéressait que 10 % environ des étudiants (13 sur1200) en 1998/1999 et a bien baissé depuis, puisque par exemple, en 2003/2004, les deux UFR parisiennes de Paris 5 et 7 n’ont eu ensemble que 2 inscrits et celle de Rennes et de Reims, 2 chacune.

On peut donc estimer à une quarantaine environ le nombre des titulaires de ce DESCB, donc moins de 1 pour mille des dentistes en exercice.

      

 

Chiffres extraits du site de l’UFR de Montrouge : www.odontologie.univ-paris5.fr

 

 


 

 

 

IV – STOMATOLOGIE-ODONTOLOGIE :

        LES ENJEUX D’UN CONFLIT

 

 

La description du cursus des études dentaires et des spécialités montre qu’il ne comporte pas d’enseignement élargi à d’autres domaines que bucco-céphalique.

Comment le dentiste « chirurgien buccal exclusif » peut-il alors avoir la connaissance du malade dans sa globalité ?

Il est écrit, dans le programme officiel du DESBC, (voir annexe 4) : Ces enseignements sont répartis sur l'ensemble des quatre années d'études. Ils ne préparent pas à la chirurgie des cancers ; la chirurgie réparatrice, plastique et orthognatique ; la chirurgie des glandes salivaires majeures ; la chirurgie de l'articulation temporo-maxillaire ; la chirurgie des grands traumatismes maxillo-faciaux et celle des traumatismes des bases maxillaires et mandibulaires.

Malgré cela, dans le célèbre rapport « Mission Odontologie[8] » remis au Ministre de la Santé le 13 Novembre 2003, (D.Bois, J.Massonnaud, J. Melet ), les 3 auteurs ont affirmé, très sérieusement, qu’il était tout à fait normal de remplacer les stomatologistes (défaillants, ou inexistants, selon leur opinion), formés en cinq ans d’internat chirurgical temps plein, par des « chirurgiens buccaux », formés en 4 ans d’un internat temps partiel, aux ¾ exclusivement odontologique.

         Source : "Mission Odontologie" (Documentation Française)

Le Conseil National de l'Ordre des Chirurgiens–Dentistes (Nov 2003) est tout aussi explicite :

" Tout comme le Conseil National, les enseignants se sont saisis de ce problème et prônent aujourd'hui un diplôme d'études spéciales en chirurgie buccale (DESBC), qualifiant. Ils préconisent cette qualification dans le cadre d'un internat qualifiant. Le Conseil National y est favorable, à ceci prêt qu'il lui paraît souhaitable que, quel que soit la parcours emprunté par l'étudiant (3 ème cycle court T1 ou 3 ème Cycle long internat), le même diplôme reste qualifiant. ( NDLR. :Cela revient à dire que l'étudiant en Chirurgie dentaire, après 6 ans et 4 ans de spécialité en Faculté dentaire, avec ou sans internat, - de toutes façons à temps partiel, n’ayant eu que sa seule première année commune avec le tronc médical, est considéré par son Ordre Professionnel avoir la même compétence chirurgicale que l'étudiant en Médecine ayant fait 6 ans de médecine, et 5 ans d'internat en chirurgie, à temps plein ! ).

L'autre enjeu touche à la santé publique. On sait en effet que, à très court terme, la demande de soins en chirurgie buccale risque d'être notablement plus élevée que l'offre. D'une manière évidente, c'est à la profession dentaire qu'il convient de combler cette offre.

Quant à ces précisions, trouvées dans l'Information Dentaire du 2 juin 2004 (N° 22), elles sont sans aucune ambiguïté :

"…Nous sommes donc en présence d'une situation aberrante, où le même acte effectué par un médecin est remboursé par la caisse, et non remboursé s'il s'agit d'un chirurgien-dentiste qui le réalise. Ceci revient donc à une amputation de notre capacité professionnelle. Ces actes sont : la fermeture d'une communication bucco-sinusienne, la chirurgie pré prothétique, la chirurgie des grands kystes, des grandes tumeurs bénignes des maxillaires, la chirurgie des lithiases des glandes sous-maxillaires, la chirurgie traumatologique des maxillaire (NDLR : c'est nous qui soulignons). Selon la CNAM, la lettre-clé équivalente au KCC ne peut être cotée puisqu'elle est réservée aux seuls "spécialistes" exerçant sur plateau technique lourd. N'existant pas de "spécialiste" défini par la loi, en chirurgie buccale, la création du DCC n'est pas justifiée. Pour que la profession dentaire retrouve sa capacité professionnelle, telle qu'elle est définie par le code de la santé publique, il est nécessaire de débloquer cette situation en créant la spécialité de chirurgie buccale.

 

 

Les réactions à ces affirmations (ou prétentions) ont été multiples et vigoureuses :

Ø      Mr le Pr Devauchelle, Chef du service de Chirurgie Maxillo-faciale et Stomatologie du CHU d’Amiens, et Président de l’European Association for Cranio-Maxillo-Facial Surgery :

Aborder la chirurgie buccale par la lorgnette odontologique est un non-sens pédagogique. Sortir la dent de l’organisme, comme on le fait au début des études pour mieux en comprendre la taille constitue déjà  une aberration ; mais va pour l’apprentissage virtuel. Sortir la cavité buccale du reste du visage et du corps entier est une erreur conceptuelle grave. La connaissance médicale ne relève pas d’une exploration territoriale centrifuge, d’une découverte progressive d’un inconnu géographique au-delà duquel tout organe, toute pathologie serait exonérée d’une relation avec l’organe et la pathologie connue et déjà explorée. La connaissance médicale procède d’un va-et-vient permanent entre le particulier et le tout, l’organe et le corps, l’individu et son environnement...

Faire de la chirurgie buccale une spécialité de l’odontologie est un faux-sens en termes de santé publique. Au moment où chacun vit les effets pervers de l’internat de spécialité (sans pour autant régler les déficits de l’assurance maladie, l’internat qualifiant a décimé les populations de nombre de spécialités), il y a quelque impudeur à avancer ce type d’argument quand il est immédiatement assorti d’une volonté d’aligner ses tarifs sur ceux des professions médicales. Est-ce à dire que l’auteur souscrit à l’idée de transférer sur des professions paramédicales des actes relevant jusque-là de la compétence des médecins au motif que, l’honneur étant sauf, la prestation coûte moins cher ? Non point. ! Qui peut en termes de santé publique parler de dépistage des cancers des voies aérodigestives supérieures, par exemple, quand il n’a pas ou si peu de compétence carcinologique ?

 

Ø      Mr le Professeur F. Boutault, Chef du service de Chirurgie Maxillo-Faciale du CHU et Mr le Professeur J.R. Paoli, de Toulouse :

Il convient de rappeler un certain nombre d’évidences :

 

1 - Il existe un DES de Stomatologie et un DESC de Chirurgie Maxillo-Faciale et Stomatologie permettant la formation d’un nombre, certes insuffisant, mais néanmoins non négligeable de médecins spécialistes. Les stomatologistes ne sont donc pas destinés à disparaître même si la discipline subit bien évidemment, comme d’autres disciplines chirurgicales, les effets d’un numérus clausus largement excessif.

 

2 - La formation de ces spécialistes se fait sur la base de 6 années de médecine suivies de l’internat en médecine (4 à 5 ans) et souvent de l’exercice des fonctions de chef de clinique - assistants des hôpitaux (2 ans). Ceci signifie que cette formation ne peut en aucun cas être comparée à celle des étudiants du DESBC dont la seule formation médicale se résume à la première année du 1er cycle et éventuellement à des stages effectués ultérieurement dans les services de Stomatologie et Chirurgie Maxillo-Faciale de divers services du CHU (formation d’ailleurs occultée dans le rapport)

 

3 - Il n’y a bien sûr aucune justification à remplacer les équipes hospitalières de Stomatologie et de Chirurgie Maxillo-Faciale par des praticiens purement odontologiques au motif que la prise en charge de ces patients serait actuellement inadaptée voire inexistante. S’il existe effectivement un déficit de prise en charge dans certains établissements, il faut simplement y suppléer par création de postes médicaux et augmentation des effectifs de la filière de formation universitaire médicale.

 

4 - S’il est vrai que les effectifs des médecins Stomatologistes exerçant en secteur libéral baissent, rien ne permet d’affirmer aussi péremptoirement qu’ils pourront être remplacés par des praticiens issus de l’Odontologie sans qu’ils aient bénéficié d’une formation médicale complémentaire. La nécessité de passerelles entre les facultés d’Odontologie et les facultés de Médecine en vue de décerner un diplôme qui soit l’équivalent du diplôme de médecin stomatologiste (tel qu’issu des anciens CES) a été souligné dans le passé par de nombreux universitaires tant dentistes que médecins. Il est regrettable que ces propositions n’aient pas été reprises dans le rapport. Elles sont pourtant de nature à préserver la qualité des soins dans ce domaine de la santé publique

 

En dehors de ces commentaires fondamentaux, il convient également pour nous de réagir sur deux points qui nous paraissent assez représentatifs de l’état d’esprit qui a animé les auteurs de ce rapport :

 

1 - Il est dit page 100 que « la formation des médecins ou même simplement leur sensibilisation à l’odontologie est totalement inexistante ». Cette affirmation est évidemment fausse voire même injurieuse pour tous les enseignants de Stomatologie et Chirurgie Maxillo-Faciale qui participent à la formation des étudiants tant au niveau du 1er  cycle (stages de sensibilisation en soins) que surtout au niveau du 2 ème cycle (stage de  sémiologies, stages d’étudiants hospitaliers et surtout formation théorique par cours et enseignement dirigée sanctionnés par un examen). Le programme de l’Internat en Médecine comporte d’ailleurs des sujets à connotation odontologique (étude des foyers infectieux d’origine dentaire par exemple).

2 - À aucun moment, dans l’une des quelconques des 140 pages de ce rapport, n’est mentionné ni même évoqué la Chirurgie Maxillo-Faciale. Cette discipline est pourtant le partenaire chirurgical privilégié des dentistes qui font appel à elle dans de multiples circonstances. Ignorer jusqu’à son existence dans un tel rapport pourrait faire croire que l’Odontologie est prête à remplacer non seulement le Médecin Stomatologiste mais également le Chirurgien Maxillo-Facial, ce qui n’est évidemment pas très sérieux. Il aurait été au contraire préférable de tenter de définir les conditions de partenariat en précisant les domaines d'activité des uns et des autres.

 

 

Ø      Les Professeurs P.Goudot, G. Malka et B. Raphaël dans une lettre commune à M. le Ministre de la Santé, le 3 décembre 2003, écrivent :

 

Monsieur le ministre

 

En tant que Président de la Société française de Stomatologie et Chirurgie Maxillo-Faciale, Président du Collège Hospitalo–universitaire Français de Chirurgie Maxillo-faciale et Stomatologie, Président de la sous-section de Stomatologie et Chirurgie  Maxillo-Faciale du CNU et vice-président de la section Tête et Cou, nous avons lu avec beaucoup d’intérêt le rapport de la « Mission Odontologie » du Professeur Bois et des Docteurs Massonnaud et Melet. Les propositions qu’ils apportent afin d’assurer aux Français la meilleure prise en charge possible des pathologies dentaires sont dignes d’intérêt à ceci près qu’en certaines occasions elles font ni plus ni moins le deuil d’une spécialité médicale à part entière : la Stomatologie.

En effet, ce rapport évoque volontiers la « disparition progressive des Stomatologistes » ou les « 301 Stomatologistes ayant pris leur retraite entre 1993 et 2000 sans successeur ". Aussitôt les auteurs proposent « d’utiliser les plateaux techniques laissés vacants dans les hôpitaux par la Stomatologie » et de créer « une spécialité de Chirurgie Buccale », « réalité européenne incontournable », correspondant « à un vrai besoin de santé publique » pour suppléer « techniquement et en nombre la disparition progressive des Stomatologistes ». Cette ambition des dentistes de se substituer à une Stomatologie qui serait moribonde ne peut laisser indifférent.

Il est d’abord question d’une spécialité qui a été créée à la fin du XIXe siècle, n’a jamais failli à sa mission et a su développer son versant chirurgical sous la forme de la Chirurgie Maxillo-Faciale, fruit de la rencontre de la Stomatologie et des « gueules cassées ». La Stomatologie, comme toutes les spécialités qui tenaient le plus gros de leurs effectifs des anciens CES, voit en effet ses effectifs diminuer depuis la mise en place de l’internat qualifiant, ce qui explique le manque de successeurs pour ces anciens CES qui partent en retraite. Il s’agit d’une évolution qui n’a rien de spécifique mais paraît d’autant plus spectaculaire que les Stomatologistes sont peu nombreux. Diminution ne signifie pas disparition.

Le remplacement de la Stomatologie par une chirurgie buccale odontologique est un contre-sens. En effet, la Stomatologie est avant tout une spécialité médicale dont les deux piliers principaux sont la pathologie de la muqueuse buccale et tout particulièrement les lésions près cancéreuses, la nécessité de leur dépistage n’apparaît d’ailleurs pas en tant que tel dans le rapport en question, et la prise en charge des malades présentant une pathologie bucco-dentaire et maxillaire dans le cadre de « pathologies lourdes ». Cette responsabilité que le rapport de la « Mission Odontologie » revendique nécessite des connaissances médicales et pas seulement odontologiques.

Pour ce qui concerne la Chirurgie Buccale, le versant chirurgical de notre spécialité, c’est-à-dire la Chirurgie Maxillo-Faciale, la prend déjà en charge. Se référer à une « réalité européenne » est un biais qui ne tient pas compte de ce que la chirurgie buccale est pratiquée en Europe :

-          ou par des praticiens ayant le double diplôme dentaire et médical (pays anglo-saxons) ;

-          ou par des « oral surgeons » de formation dentaire mais avec une formation complémentaire médicale dans les pays où la Stomatologie n’existe pas (pays scandinaves) ;

-          ou par des Stomatologistes Chirurgiens Maxillo-Faciaux, là où la Stomatologie existe (pays latins).

 

Enfin, si la mention de ce que « les médecins ne sont pas formés et méconnaissent les possibilités thérapeutiques des dentistes » paraît un peu abrupte, elle fait surtout peu de cas des multiples actions de formation continue auquel le corps enseignant de Stomatologie participe, en éveillant nos confrères à la pathologie buccale, y compris d’origine dentaire.

Ainsi, la Stomatologie n’est pas morte et rien n’autorise à lui enlever cette place historique qu’elle occupe, lien entre les mondes odontologique et médical. Un médecin ayant des connaissances odontologiques est un stomatologiste. Un odontologiste sans connaissances médicales ne peut pas être chirurgien car il n’est pas de « petite chirurgie », même buccale.

En vous remerciant de l’attention, etc.

 

Ø       Enfin, le Conseil National de l'Ordre des Médecins, dans sa session du 2 juillet 2004 a été amené à se prononcer sur cette spécialité de "Chirurgie Buccale", après rapport du Dr ZATTARA, médecin stomatologiste et doyen de la Faculté d'Odontologie de Marseille :

 

Cette création est demandée par une minorité de la Profession.

 

Le Conseil National de l'Ordre des Chirurgiens Dentistes s'est rallié à cette revendication après s'y être longtemps opposé.

 

Cette proposition repose essentiellement sur deux arguments avancés par ses partisans :

 

1- Cette spécialisation existe déjà dans de nombreux pays étrangers et notamment dans certains États de la Communauté Européenne, et il conviendrait de s’aligner en France sur les dispositions européennes.

 

2 – La Stomatologie qui a toujours eu une vocation particulière en ce domaine, serait en France, une spécialité médico-chirurgicale en voie d’extinction.

 

Ces deux affirmations sont frappées d’inexactitude :

 

Au plan international

 

Dans les pays anglo-saxons, la chirurgie buccale est exercée par des praticiens ayant une double formation, médicale et odontologique.

 

Dans les pays scandinaves, où la Stomatologie n’existe pas, elle est pratiquée par des « oral surgeons » de formations dentaire mais avec une formation médicale complémentaire très approfondie.

 

Dans les pays latins, dont la France, par des chirurgiens maxillo-faciaux –stomatologistes.

 

 

En France actuellement

 

La Chirurgie Maxillo-faciale et Stomatologie, dénomination de la discipline aujourd’hui, n’est pas une spécialité en voie d’extinction.

 

Comme toutes les autres spécialités, médicales et chirurgicales, sa démographie a chuté de manière drastique du fait de la suppression des CES : (c’était d’ailleurs le but recherché par les pouvoirs publics pour l’ensemble de la démographie médicale)

 

Mais, par l’internat qualifiant en 1984, complété par les dispositions de 1992, imposant le DES de chirurgie générale en pré-requis du DESC de Chirurgie Maxillo-Faciale, la discipline s’est affirmée parmi les spécialités majeures.

 

La voix d’extinction évoquée concerne les Stomatologistes qui, issus du CES, prenaient une orientation odontologique quasi exclusive.

 

Les Chirurgiens Maxillo-Faciaux stomatologistes, qui sont présents dans les CHRU, dans les hôpitaux généraux et dans le secteur libéral, animent la spécialité de manière très active. Ils ne sont pas les seuls à pratiquer la chirurgie buccale. Sont également concernés en fonction des pathologies et des traditions locales, les oto-rhino-laryngologistes, les chirurgiens plasticiens réparateurs et esthétiques et les chirurgiens pédiatriques. Or, à part l’oto-rhino laryngologie qui s’alignera probablement sur les autres dans un proche avenir, toutes ces spécialités ont un point commun qui est, à partir d’un classement à l’Internat en rang utile, d’accomplir le DES de chirurgie générale en préalable au DESC de la spécialité.

 

Une formation chirurgicale complète et approfondie est donc jugée nécessaire pour l’exercice en toute sécurité des spécialités chirurgicales. Ceci est particulièrement vrai pour la chirurgie buccale qui nécessite entre autres, une excellente pratique de la chirurgie cervicale.

 

On voit mal dans ces conditions, qui relèvent du plus élémentaire bon sens, que ce type de chirurgie puisse être pratiqué sans cette formation chirurgicale indispensable, qui ne peut, par définition même, concerner que des médecins.

 

Et s’il s’avère que le nombre de praticiens issus du système actuel est insuffisant pour remplir les besoins de la santé publique, il convient de desserrer l’étau des différents numerus clausus et d’ouvrir à des médecins le nombre des postes à pourvoir.

 

La chirurgie buccale doit donc demeurer une exclusivité de la médecine.

 

Il est parfaitement concevable en revanche, que les dentistes dans le cadre d’une réorganisation interne de leur profession, créent une spécialité d’odontologie chirurgicale réservant à certains praticiens la pratique exclusive de la chirurgie odontologique.

 

Mais ceci relève de la seule responsabilité des dentistes et le Conseil National de l’Ordre des Médecins n’a pas d’avis à émettre sur ce sujet.

 

 

Notons d’ailleurs que ce conflit de compétences ne date pas d’hier, puisqu’il a commencé … à la Révolution.

 

« En effet, à cette époque, les réformes apportées aux arts de guérir ignorent les dentistes, tandis que les docteurs en médecine et en chirurgie deviennent des officiers de santé. Tout au long du XIX ème siècle, un différent oppose donc les médecins-dentistes (officiers de santé) aux dentistes (qui paient simplement patente), les premiers demandant la médicalisation, les autres l’autonomie de la profession.

La séparation s’est poursuivie du fait qu’à partir  de 1880, la première école dentaire créée à Paris fut privée, et que l’enseignement de l’art dentaire n’est devenu « public » (mais  est resté autonome ) qu’au décret du 22 septembre 1965 créant les Ecoles Nationales de Chirurgie  Dentaire.[9] »

 

 

 

Dernière information :

 

L’UFR de Stomatologie de Paris, à la Pitié –Salpêtrière s’est vu retirer le 1 er étage des locaux d’enseignement, en Janvier-Février 2002, sur décision de l’Assistance Publique –qui est aussi propriétaire des locaux de l’UFR d’odontologie de Garancière. Malgré cela, l’enseignement a continué.. En 2003, les D.U. sont toujours enseignés (pour leur liste voir annexe N°3) Ils ont cette particularité d’être destinés aussi bien aux médecins qu’aux dentistes.

 

Mais la menace est subtile : L’université envisagerait de ne plus financer dans deux ans, les différents D.U. qui sont enseignés. Les locaux devenus inutiles, deviendraient alors vacants… Mr le Pr. Bertrand, directeur de cette UFR, confirme que l'UFR ne disparaît pas, mais "son intégration dans le futur "Institut Fédératif de Santé P. et M. Curie, Paris 6", si elle se réalise, n'interviendrait qu'à moyen terme, et les enseignements actuels pourraient être poursuivis dans cette structure".

              

 

Il est fondamental que l’ensemble de la profession soutienne le corps professoral et Mr le Pr Bertrand qui mettent tout en œuvre pour poursuivre leur enseignement, seul garant de la survie de la spécialité.

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

V- DEMOGRAPHIE

 

 

 

1 – Situation actuelle

 

Selon les renseignements téléphoniques du Conseil National de l'Ordre des Médecins, il y avait :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           1399 Stomatologistes au 1 juillet 2004

 

 

 

                (1414 en 2003)

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1993 *

 

1216

 soit 87 %

issus de l'ancien CES

 

97 %

 

42

 soit 3 %

issus du DES

 

 

 

141

soit 10 %

issus du DESC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dont 37

       soit 2,64 %

ont la compétence en Chirurgie Plastique

3,90 %

 

4

 

ont la compétence en Médecine Légale

 

 

1

 

a la compétence en Psychiatrie

 

 

11

 

ont la compétence en Cancérologie

 

 

257

       soit 18,4 %

ont la compétence en ODMF

20 %

 

259

          

soit 18,5 %

ont la compétence en Chirurgie Maxillo-Faciale

2 %

 

 

 

 

 

 

 

 

821

58 %

 sont "omnipraticiens"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Les chiffres de 1993 sont tirés de la thèse de Mme le Dr. C. Debeney-Bruyère

 

 

sur "le mode d'exercice des médecins Stomatologistes et CMF

 

 

dans le secteur libéral, en 1993, en France", d'après 648 réponses

 

 

à un questionnaire

 

 

 

 

 

 

 

 

NB. : Chiffres tirés d’un rapport au ministre de la Santé, en 2001, complétés par ceux de rapports ultérieurs, et en 2004 des statistiques du Conseil de l’Ordre

 

Une étude de la DRESS, publiée en 2002, chiffre ce pourcentage de diminution à – 24 %, alors que l’ensemble des spécialistes a une évolution à + 25 %. Parmi les spécialités chirurgicales, seule la chirurgie générale a une « croissance » négative aussi importante : - 22 %.

 

Une autre source, la Direction Générale de la Santé (D.G.S.), le confirme dans un rapport établi en 2001 :

« Depuis 1990, 33 des 38 spécialités médicales ont vu leur effectif croître avec les augmentations les plus importantes (en chiffres absolus) en radiodiagnostic et biologie médicale. Sur les 5 spécialités ayant connu une baisse, la plus notable est celle de la chirurgie générale, mais l’anesthésiologie-réanimation, la gynécologie médicale, la radiothérapie et la stomatologie sont également en décroissance ».

 

Il est difficile de chiffrer la proportion exacte actuelle des différents types d'activité, la dernière "photographie" datant de 1993.

A cette époque, l'auteur cité[10] écrivait :

 

« On constate que l’activité des praticiens s’étend aux activités apprises, en théorie et en pratique, au cours du CES – dentisterie, chirurgie buccale, chirurgie des sinus et des glandes salivaires. Elles sont réalisées par plus de 50 % des praticiens.

Les activités comprenant un acte chirurgical plus lourd – chirurgie cancérologique, orthognatique, de l’A.T.M., esthétique…- enseignées sans mise en pratique ou nécessitant une expérience plus longue, sont de loin moins réalisées.

Les activités très spécialisées –chirurgie pédiatrique, des fentes et des paralysies faciales, chirurgie cranio-faciale – ne sont réalisées que rarement : moins de 10% des praticiens ».

 

Compte tenu de la faible fréquentation du DES, on peut estimer que la proportion des stomatologistes "omnipraticiens", encore un peu supérieure à 50 %, ne peut que décroître au bénéfice des chirurgiens maxillo-faciaux.

 En outre, cette population vieillit. Son age moyen est de 51,4 ans alors qu’il était de 45 ans en 1993.

 

 

 

2 - Perspectives

 

 

 

Zone de Texte:  991

 

Zone de Texte:  462

 

Zone de Texte:  764

 

      

 

 

 

 

 

N.B. Les totaux ne correspondent pas aux totaux de la courbe, puisque nous n'avons retenu que la médiane des fourchettes par grande spécialité : seuls les pourcentages sont intéressants.

 

 

Ces chiffres sont largement au-dessous des besoins de la Santé Publique qui sont estimés à 800 chirurgiens buccaux et maxillo-faciaux confondus (hors soins et prothèses), ce qui correspond à un flux de diplômes de 30 à 50 par an..

 

Notons que les chiffres initiaux de 1998 regroupent les stomatologistes omni pratique (chirurgie buccale, parodontologie, implantologie) et les chirurgiens maxillo-faciaux.

 


 

 

 

Propositions

 

Pour résoudre la crise qui frappe la stomatologie, des propositions peuvent être formulées dans quatre domaines.

 

 

1 – La formation

 

Elle constitue la clé de voûte de toute solution.

Pour pallier la disparition programmée des stomatologistes généralistes, et dans une moindre mesure, la raréfaction des maxillo-faciaux, deux solutions sont proposées :

 

1 – L'option principale :

 

Créer un D.E.S. de Stomatologie de 4 ou 5 ans, OUVERT AUX ETUDIANTS DES 2 ORIGINES, DENTAIRE ET MEDICALE.

 

Mais cela implique une condition fondamentale : après avoir obtenu leur « internat de spécialité » respectif :

 

§         les étudiants d'origine médicale auraient l'obligation de suivre un enseignement théorique et pratique dentaire, de deux ans, et d’effectuer des soins dans les services hospitaliers d'odontologie. Au total 2 ans de « dentaire » et 2 ans de spécialité : 4 ans.

 

§         De même, les étudiants d'origine odontologique auraient l'obligation de suivre la totalité du deuxième cycle des études médicales, dans les facultés de Médecine et de faire des stages effectifs dans des services de Médecine : au total 3 ans de médecine et 2 ans de spécialité : 5 ans.

 

 

Les enseignements se ferait avec des enseignants médecins, et les stages, avec des postes de responsabilité à temps plein, dans des services de Stomatologie et non, à temps partiel , dans des services d'Odontologie.

 

Les locaux existent, les enseignants existent : il suffit de créer les passerelles entre les deux facultés. Mais il faut la volonté "politique" de le réaliser. Il y aurait là une économie considérable de moyens, une rapidité évidente de mise en œuvre, une parfaite adéquation aux besoins de Santé Publique.

 

Ainsi, se formerait un corps de praticiens, (distinct de celui des Stomatologistes Chirurgiens Maxillo-Faciaux, toujours formés par le D.E.S.C. de Chirurgie Maxillo-Faciale et Stomatologie), qui seraient les stomatologistes, médicaux

 

et chirurgicaux, sans distinction de titre entre les médecins-stomatologistes et les odonto-stomatologistes.

 

Les stomatologistes d'origine médicale trouveraient la formation dentaire nécessaire, et les stomatologistes d'origine dentaire acquérraient le bagage médical indispensable.

 

Il est bien évident que la qualité de chirurgien buccal (oral surgeon) exercée par les uns et les autres aurait ainsi toute sa vraie valeur médicale et, dès lors, rien ne s’opposerait à ce que leurs actes aient les mêmes cotations dans la CCAM et donc les mêmes remboursements.

 

Ceci n’est pas une proposition extravagante, puisque, par exemple, les biologistes sont soit médecins, soit pharmaciens.

 

De plus, en Europe, il s’agit d’un choix déjà fait par les pays anglo-saxons et la Suisse. Il en est de même en Nord-Amérique.

 

A l’appui de la nécessité de cette double formation, nous citons une information qui montre bien que l’idée est en l’air depuis longtemps. Il s’agit d’un paragraphe des ‘International Guidelines » votées lors du II ème Congrès de L’I.A.O.M.S. à Buenos –Aires, en 1992, et rapporté par le Pr.Vaillant qui représentait la France. Il en a adressé la traduction au Collège :

 

« Il est hautement souhaitable que cette formation soit codifiée et que le Chirurgien Buccal et Maxillo-facial possède à la fois :

-          d’une part le Doctorat en Chirurgie Dentaire, ou le Doctorat en médecine dentaire, ou son équivalent

-          -et d’autre part, le Doctorat en Médecine ou son équivalent.

 

Il est reconnu cependant que dans certaines parties du monde, il n’est pas possible d’être titulaire à la fois d’un diplôme médical et d’un diplôme dentaire.

Dans ces pays où le Chirurgien Buccal ou Maxillo-facial possède seulement l’un des diplômes, il est de la responsabilité des enseignants de s’assurer de la formation approfondie dans l’autre discipline »

 

 

2 – Modifier la formation du DESC de chirurgie maxillo-faciale et Stomatologie.

 

Actuellement, par leur formation chirurgicale exclusive et de très haut niveau, les maxillo-faciaux sont de remarquables chirurgiens, spécialisés dans une pathologie lourde donc hospitalière, mais qui est beaucoup moins répandue en pratique libérale.

 

Or, bon nombre d'internes, du fait de manque de place, ne pourront poursuivre leur carrière hospitalière. Il leur manquera alors, et la pratique de la chirurgie buccale quotidienne de ville, et la connaissance du domaine bucco-dentaire qui ne leur a pas été enseignées.

 

 

Certains enseignants se déchargent de cette mission qui devrait être la leur, en renvoyant les étudiants vers des D.U. complémentaires, qui restent facultatifs.

 Non ! La connaissance du domaine bucco-dentaire doit faire partie intégrante de l'enseignement du DESC, même si, à l'évidence, les chirurgiens maxillo-faciaux ne sont pas destinés à exercer les soins et prothèses dentaires. Si cela n'était pas, quelle différence y aurait-il entre eux et les ORL maxillo-faciaux.

 

Par ailleurs, « la dent » étant au centre "géographique" de la face, il y a une faute de simple bon sens à vouloir l'ignorer. En outre, sans sa connaissance, comment valablement répondre aux demandes de conseils des correspondants dentistes ?

 

La solution consiste donc en l’introduction d’une formation bucco-dentaire dans le cursus des 5 ans du DESC, selon des modalités qui restent à préciser.

 

 

2– l'image de la profession

 

Pour le grand public, la confusion est grande entre les dentistes et les stomatologistes. Bon nombre de patients n'imaginent pas que nous soyons médecins. Nous serions plutôt des "superdentistes". Si l'on nous considère médecins, un certain nombre pensent encore que nous avons un rapport étroit avec la gastro-entérologie (e stomac….).

 

Pour nos confrères médecins, le fait que certains d'entre nous pratiquent des soins et prothèses dentaires occulte en partie pour eux la dimension médico-chirurgicale de la spécialité.

 

Quelles solutions ?

 

Ø      vis à vis du public,

une campagne médiatique s'impose sur un rythme non pas ponctuel mais prolongé pour préciser les domaines et les spécificités,

 

 De plus, une idée, émise par un "jeune" maxillo-facial est à exploiter : celle de la réalisation d'une plaquette exposant nos caractéristiques, à remettre à chaque patient, dans les cabinets libéraux.

 

Ø      vis à vis des étudiants,

 il serait indiqué de réaliser chaque année, une séance d'information pour les étudiants de 5 ème année, avant l'internat, pour expliquer l'intérêt d'une spécialité offrant tant d'ouvertures.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3 – Le territoire de la Stomatologie

 

Ø     Vis à vis des dentistes,

 

 Le principe est net : la chirurgie est du domaine des médecins. Mais ceci est plus théorique que réel.

Si la limite est simple pour la chirurgie lourde, celle qui, nécessitant anesthésie générale, impose l'hospitalisation, et qui n'est pas de leur domaine, qu'en est-il de la chirurgie buccale dont la plus grande partie peut être faite au fauteuil, sous anesthésie locale ?

La solution peut résider dans des dispositions légales résultant des modifications que nous envisageons dans le domaine de la formation.

 

Ø     Vis à vis des O.R.L.

 

La zone frontière est évidemment le sinus maxillaire dont l'abord nous est indispensable tant pour le traitement des grands kystes, que pour des comblements partiels en implantologie, par exemple. La méconnaissance totale que les ORL ont des problèmes bucco-dentaires ne leur permet aucune contestation à ce sujet.

 

Quant à la chirurgie esthétique faciale, elle est affaire de formation particulière de la part des maxillo-faciaux pour laquelle ce n'est qu'une extension naturelle.

 

 

Ø     Vis à vis des autres spécialités :

 

la base du crâne nous sépare des neuro-chirurgiens avec lesquels la complémentarité est habituelle dans les grands traumas faciaux.

Le globe oculaire est du domaine des Ophtalmologistes, mais ceux-ci nous sollicitent souvent pour les délabrements de la cavité orbitaire.

La chirurgie plastique et réparatrice doit, pour les maxillo-faciaux, se limiter à la face.

 

 

4 – le renouvellement des stomatologistes

 

On l'a vu au chapitre de la démographie, le renouvellement des stomatologistes est déficitaire :

 

-          pour les omnipraticiens, par le peu d'attractivité du DES (durant 4 ans contre 2 ans pour l'ancien CES)

-          pour les maxillo-faciaux, par la désaffection générale des internes vis à vis des spécialités chirurgicales, et par le faible nombre des postes hospitaliers disponibles..

 

 

 

 

 

 

La solution, très liée au problème de la formation, passe par :

 

Ø                       Une augmentation des postes hospitaliers, tant des internes que des Praticiens Hospitaliers.

Une pression de toutes les composantes de la spécialité, parlant d'une voix unie, pourrait représenter un lobby de pression pour peu qu'elles soient soutenues par des partenaires extérieurs. Ceux-ci pourraient être moraux (Conseil de l'Ordre, Académie de Médecine) ou syndicaux (catégoriel et/ou national).

 

Ø                       Une modification du cursus de formation tant pour les omnipraticiens que pour les maxillo-faciaux afin de rendre la spécialité plus attractive et inattaquable.

 

Ø                       Une revalorisation efficace des actes intellectuels par rapport aux honoraires des soins et prothèses dentaires pour contribuer à diminuer la désaffection actuelle.

 

 

 

Il existe deux autres options dont nous ne mentionnons l’existence que pour mémoire, car nous les récusons :

 

1 – Restaurer un CES assurant la triple formation dentaire, médicale et de chirurgie buccale. Mais cette solution perpétuerait la barrière étanche entre les facultés. Elle a en outre des implications financières et de personnel enseignant, actuellement insurmontables. Enfin, l’internat des spécialités existe.

 

 

2             - Concrétiser la disparition de l’omnipratique par la suppression pure et simple du DES et ne conserver que le DESC.

 

Cette position était avancée en Mars 1999 par le Collège hospitalo-Universitaire. Le Pr Raphaël écrivait : « A l’évidence, nous nous opposons sur la définition de la pratique stomatologique de laquelle nous excluons dans l’avenir toute omnipratique (soins et prothèses) ».

 

Nous ne pouvons accepter cette éventualité, car le DES est et reste la voie de passage pour accéder à l’ODMF, à la parodontologie et à l’implantologie, (et aussi aux soins et prothèses, à l’évidence), ainsi qu’à la chirurgie buccale pour ceux des étudiants qui ne se sentent pas destinés à la pratique de la chirurgie maxillo-faciale lourde, laquelle est peu de pratique quotidienne en exercice libéral.

 

D’ailleurs, il s’ajoute un argument économique : Il serait d’un coût exorbitant pour la collectivité que tous les stomatologistes chirurgiens buccaux – qui sont la réalité de la stomatologie quotidienne de ville – soient obligés de suivre une formation chirurgicale de très haut niveau, donc particulièrement coûteuse.

 

Là encore, cette position n’a rien d’original : il existe bien, par exemple, des médecins cardiologues et des chirurgiens cardio-vasculaires qui ne sont pas interchangeables.

 

il est donc de toute façon indiscutable et manifeste que la stomatologie, dans sa composante omnipratique, a sa place entre l’odontologie et la chirurgie maxillo- faciale

 

En revanche, il est possible que les soins et prothèses dentaires puissent ne plus être un mode d'exercice exclusif pour les générations futures des stomatologistes.

.

 

 

 

 


 

 

 

Conclusions

 

Dans ce livre Blanc, le Collège des Médecins Stomatologistes et Chirurgiens Maxillo-Faciaux de France a exposé les problèmes qui se posent à notre spécialité :

 

-           La disparition progressive des Stomatologistes omnipraticiens alors que leur domaine, par son étendue, est irremplaçable pour la santé publique.

 

-          La formation en odontologie, imparfaite pour les Chirurgiens Maxillo-Faciaux, alors qu’elle constitue un élément indispensable de leur bagage en pratique de ville.

 

-           Notre compétence en stomatologie revendiquée par les dentistes, alors que la faible part de leur formation médicale est faite en dehors des services hospitaliers et des facultés de médecine.

 

 

Nous avons proposé des solutions, surtout au niveau du DES et du DESC et sur quelques sujets annexes. Elles seront discutées, amendées ou modifiées.

 

De toute façon le Collège pense avoir fait œuvre utile pour la spécialité qui subit une crise à composantes multiples qu’il n’était plus possible d’éluder.

 

Ce livre blanc n’est pas un aboutissement mais au contraire un point de départ pour tout ce qui reste à faire, tant pour la délimitation des compétences que pour le contenu des formations.

 

Mais dès maintenant nous demandons aux pouvoirs publics :

 

Ø                La refonte du D.E.S de Stomatologie avec son ouverture aux étudiants des deux origines, odontologique et médicale, sous la condition fondamentale de formation.

 

Ø                L’intégration des Stomatologistes dans la campagne des bilans bucco-dentaires et, à ce titre, qu’ils soient honorés par la C.N.A.M.

 

Ø                L’introduction d’une formation réelle en odontologie dans le D.E.S.C. de Chirurgie Maxillo-Faciale et Stomatologie.

 

Ø                Le retour du nombre d’internes et de postes hospitaliers à un niveau compatible avec les besoins de la Santé Publique.

 

 

 

Résumé

 

 

La Stomatologie est une spécialité chirurgicale à part entière, comme l’ORL ou l’Ophtalmologie.

 

Mais elle est tout à fait particulière car médicale, chirurgicale et dentaire. Son activité ne se limite pas à la médecine et chirurgie de la denture, de la cavité buccale et de ses annexes mais elle s’étend aux tissus de la face et à l’orthopédie dento–maxillo–faciale.

Toutes ces activités sont étroitement liées.

 

Dans le domaine de la Santé Publique, son rôle est primordial, entre autres, dans :

 

1.           la pathologie de la muqueuse buccale, la détection des lésions pré- cancéreuses et cancéreuses, la pathologie de l’ossature sous jacente et le retentissement réciproque de ces lésions avec les autres appareils.

 

2.           la pathologie des glandes salivaires et des adénopathies cervicales

 

3.           la pathologie de l’articulation temporo-maxillaire.

 

4.           La pathologie de toutes les fonctions faciales et notamment des manifestations douloureuses, souvent d’origine psycho-somatiques

 

5.           La pathologie dentaire et ses conséquences

 

6.           Le vieillissement de l’appareil gingivo-dentaire : parodontologie

 

7.           le remplacement des organes dentaires absents ou perdus : prothèse et/ou implantologie

 

8.           La prévention et le traitement précoce des dysmorphoses dento-maxillo-faciales de l’enfant et celles de l’adulte : orthopédie dento-maxillo-faciale

 

9.           La pratique d’une chirurgie spécialisée de la sphère bucco-dentaire, des maxillaires (pathologie et traumatologie) et de la face qui les englobe, chirurgie faite dans un environnement de travail qui nécessite un plateau technique de haut niveau, strictement conforme, afin d’assurer la sécurité et la qualité des soins.

 

 

La Stomatologie, par sa formation à la fois médicale, odontologique et chirurgicale spécialisée, n’est ni remplaçable par une autre spécialité, ni substituable par une profession non médicale.

 

 

 

 

 

De ce fait, le médecin stomatologiste est un médecin de première intention qui ne peut être englobé dans une filière : médecin généraliste > spécialiste. Si filière il doit y avoir, elle n’est pas limitée et c’est la filière naturelle qui existe le plus souvent : odontologiste > stomatologiste. Ceci n’exclut pas les autres spécialités.

 

 

 

La formation des praticiens doit être obligatoirement double (médico-chirurgicale et odontologique) à l’image des formations données en Europe et en Nord-Amérique, afin de considérer le malade dans sa « globalité », d’une part, sans méconnaître las particularités de la sphère bucco-dentaire d’autre part.

 

 

La répartition « actuelle » des effectifs, dans les différents types d’activité va avoir très rapidement des difficultés à satisfaire les besoins de santé publique. Elle est issue de :

 

1 – Stomatologistes omnipraticiens, anciens C.E.S. de Stomatologie (C.E.S. arrêté en 1984)

 

2 –Stomatologistes médicaux-chirurgicaux, formés par le D.E.S. de Stomatologie de 4 ans, dont le recrutement est limité par le faible effectif d’internes alloué à la spécialité.

 

3 – Orthopédistes dento–maxillo-faciaux, formés par un D.E.S.C. de groupe I, de 3 ans, non qualifiant, obtenu après le D.E.S de Stomatologie.

 

4 - Chirurgiens Maxillo–Faciaux, formés par le D.E.S.C. de Chirurgie maxillo-faciale et stomatologie de groupe II, durant 3 ans dont 1 an de post-internat, qui s’ajoutent aux 2 ans initiaux d’un D.E.S. de Chirurgie Générale, c'est-à-dire 5 ans au total.

 

 

L’évolution prévisionnelle faite sur les évaluations du nombre de Stomatologistes et Chirurgiens Maxillo-Faciaux, à court et moyen terme, met en évidence une chute « catastrophique » des effectifs qui ne pourront plus satisfaire aux besoins de la Santé Publique dès 2010, si rien n'est fait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      

 

 



 

La chute du nombre des médecins stomatologistes découle directement de la réforme des études médicales de 1984, instaurant "l'internat qualifiant" pour les spécialités chirurgicales, en conformité avec les directives européennes.

Cela a entraîné la disparition du CES qui assurait la formation médicale et odontologique.

Puis, le DES de Stomatologie a été en compétition en 1992 avec le DESC de groupe II, de Chirurgie Maxillo-Faciale et Stomatologie.

 

La réduction du nombre d’internes dans la filière de chirurgie et le caractère mal adapté de cette filière à la formation de la Stomatologie omnipraticienne (notamment pour l'odontologie) a accentué la réduction des effectifs.

Mais celle-ci est aggravée par la disparition progressive, dans quelques hôpitaux généraux, d’un certain nombre des services de Stomatologie « qualifiants » qui sont remplacés par des services d’Odontologie.

(Il est à remarquer que le livre blanc de l'Ophtalmologie paru en Mars 2001 dénonce exactement la même situation chez les ophtalmologistes).

 

Parallèlement, les 41.000 dentistes ont vu se diversifier et s'augmenter la qualité de leur formation technique sans pour autant augmenter de façon significative la part « médicale » de cette formation, que ce soit dans le cursus général ou dans le cursus chirurgical. (Cf. rapport Zattara http://www.conseil-national.medecin.fr/?url=rapport/article.php&id=60 ).

 

 

 

 

Dans l’avenir, si les dentistes étaient autorisés à effectuer certains actes propres à la Stomatologie il serait indispensable qu’ils acquièrent une formation médicale plus complète.

 

De même, les chirurgiens maxillo-faciaux, seuls légitimement habilités à pratiquer la chirurgie buccale et maxillo-faciale, devraient avoir une meilleure formation odontologique, en partie d’ailleurs celle que dispensait l’ancien C.E.S., et qui est aujourd’hui bien minime.

 

 

La Stomatologie n’est remplaçable, par aucune spécialité médicale ou paramédicale, mais sa formation nécessite une double formation (et non un double diplôme)

 

Il est urgent que les Pouvoirs Publics se donnent les moyens de former les stomatologistes, praticiens spécialisés dont la Santé Publique a besoin.

 

Que l’avenir de la spécialité passe par une coopération plus étroite entre les deux formations, médicale et odontologique, ressort de l'évidence ! C’est la voie prise dans tous les pays européens.

 

 

______________________________________________________________________


 

 

 

 

 

Annexes

 

 

 

 

Annexe 1

Études médicales

 

Annexe 2

Cursus DES et DESC de Stomatologie

 

Annexe 3

Liste des D.U. enseignés en France

 

Annexe 4

Les structures de la Stomatologie

 

Annexe 5

Études dentaires

 

Annexe 6

Programme du DESCB des dentistes

 

 


 

 

Annexe 1

 

Les études médicales

 

(Extrait de : http://www.upmc.fr/fichiers/presentat_stomato_848.pdf)

 

 

Les métiers de la santé

Extrait de : http://www.sante.gouv.fr/ Retour Sommaire

Les professions médicales

DGS / DHOS août 2002

PROFESSION

Les missions de base sont la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies et des handicaps, ainsi que le soulagement des souffrances. Il peut mettre en œuvre l’ensemble des actes nécessaires à ces missions dans les limites de sa compétence. Son rôle est donc le maintien et la restauration de la santé au plan physique mais aussi psychologique, en collaboration avec les autres professions médicales et les professions paramédicales. Le médecin joue un rôle essentiel auprès des malades et de leurs familles, thérapeute, mais aussi confident. Il agit dans le respect du secret professionnel, de la vie humaine et de la dignité de la personne, conformément à un code de déontologie.
Les activités très diverses qu’un médecin peut développer donnent à cette profession des facettes d’exercice variées : certains sont essentiellement tournés vers les soins, généralistes ou spécialistes ; d’autres vers la prévention, auprès des enfants ou des travailleurs par exemple. Les médecins, par les connaissances qu’ils ont acquises dans les sciences du vivant, peuvent développer des activités de recherche médicale à l’hôpital, dans les grands organismes de recherche, à l’université ou dans l’industrie. Ils peuvent participer à la conception et à la mise en œuvre de programmes de santé publique. Enfin, les médecins peuvent développer des actions d’enseignement dans les programmes de formation des professions médicales et paramédicales.
Les médecins doivent être inscrits, quel que soit leur mode d’exercice, au Conseil National de l’Ordre des Médecins.
La profession médicale est un métier passionnant, aux lourdes responsabilités, demandant un profond investissement humain et un grand dévouement aux autres. Une actualisation permanente des connaissances est nécessaire devant l’évolution rapide des données de la science et des thérapeutiques. C’est aussi un métier astreignant, aux horaires non comptés avec des gardes nocturnes. Il demande, outre une bonne résistance physique, un bon équilibre psychologique, devant les décisions graves à prendre dans l’exercice de la profession.

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ETUDES PREPARANT AU DIPLOME

ACCES

·        Les candidats doivent être titulaires d’un baccalauréat, ou d’un diplôme d’accès aux études universitaires, ou d’un titre admis en dispense du baccalauréat.
Attention : théoriquement, la formation est ouverte à tous les bacheliers. Cependant, on remarque que 95 % des étudiants qui réussissent le concours de fin de première année sont titulaires d’un baccalauréat scientifique.

·        Tout étudiant d’un établissement préparant à l’exercice des professions médicales, qui est soumis à l’obligation d’effectuer une part de ses études dans un établissement ou organisme public ou privé de prévention ou de soins doit remplir les obligations vaccinales en vigueur contre la tuberculose, l’hépatite B, la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite.

FORMATION

Les études médicales sont dispensées dans les unités de formation et de recherche de médecine. Elles se décomposent en trois cycles : le premier cycle d’une durée de deux ans, le deuxième cycle d’une durée de quatre ans et le troisième cycle, dont la durée varie entre trois ans (pour la formation des généralistes) et quatre ou cinq ans (pour la formation des spécialistes).

- Le premier cycle et la première année du deuxième cycle

·        La première année (PCEM1) est commune aux études médicales, odontologiques et de sage-femme. Elle peut l’être également avec certaines formations paramédicales. Elle se compose d’enseignements théoriques, organisés en six modules de 60 à 90 heures (qui comprennent notamment des modules de physique, de biophysique, de chimie et de biochimie, de biologie moléculaire et cellulaire, et un module de sciences humaines et sociales) ; d’enseignements dirigés et pratiques, qui doivent représenter au moins 30 % des enseignements et pour lesquels l’assiduité des étudiants est obligatoire.

A l’issue de la première année, des épreuves de classement sont organisées en vue d’admettre en deuxième année un nombre limité d’étudiants, déterminé réglementairement chaque année : c’est le numerus clausus. En 2000, sur les 26 328 étudiants qui ont passé le concours de PCEM1, 3931 ont été admis en deuxième année de médecine et 800 en deuxième année d’odontologie.
Les épreuves du concours sont des questionnaires à choix multiple (QCM) et les épreuves portant sur le module de sciences humaines et sociales sont de caractère rédactionnel. Ces épreuves de sciences humaines et sociales comptent pour 20 % des coefficients aux épreuves d’admission en deuxième année.
Les inscriptions en première année d’études médicales sont limitées à deux.

·        La deuxième année du premier cycle est à associer avec la première année du second cycle. Elle comprend des enseignements théoriques, mais aussi 300 heures de travaux pratiques et 400 heures de stage à l’hôpital.
Les enseignements portent sur les mêmes disciplines et abordent notamment la sémiologie clinique, la biologique, et les techniques d’imagerie médicale (au moins 120 heures), mais aussi des enseignements non médicaux complémentaires tels que les langues étrangères (120 heures), l’informatique ou le droit.

- La deuxième partie du deuxième cycle

La première année est la continuation du premier cycle. Puis, l’étudiant entre dans la deuxième partie du deuxième cycle, qui dure trois années (DCEM 2,3,4)
Ces années sont consacrées à l’enseignement des processus pathologiques, de leur thérapeutique et de leur prévention, ainsi qu’à l’enseignement des systèmes de santé, de l’évaluation des pratiques de soins, de la déontologie et de la responsabilité médicale.

·        Les enseignements théoriques comprennent des matières obligatoires (telles que la cardiologie, la cancérologie, la dermatologie, la toxicologie, ou la médecine d’urgence), des enseignements optionnels interdisciplinaires, des thèmes d’enseignement jugés prioritaires parmi lesquels figurent la médecine générale ou la gérontologie, qui sont organisés sous forme de séminaire.
La validation des enseignements théoriques comporte un examen écrit et une interrogation orale. Le certificat de synthèse clinique et thérapeutique (CSCT), organisé et délivré au cours de la dernière année du deuxième cycle, fait l’objet d’une évaluation indépendante. Il comprend des épreuves théoriques et une épreuve d’examen clinique comptant pour au moins 20% de la note totale.

·        La formation clinique comporte :
- un stage chez un médecin généraliste
- une participation à l’activité hospitalière, d’une durée totale de 36 mois et 36 gardes
Au cours de ces stages, les étudiants doivent préparer au moins trois exposés en rapport avec les pathologies rencontrées dans les services où ils sont affectés.
La note de stage tient compte de l’assiduité, du degré d’acquisition d’un certain nombre de gestes pratiques et des points obtenus lors d’une épreuve de mise en situation.

A partir de 2004, les étudiants qui remplissent ces conditions se verront délivrer un diplôme de fin de deuxième cycle, qui devrait permettre à son titulaire de se réorienter, le cas échéant, et d’accéder directement à un niveau DEA ou DESS.

 

 

- Le troisième cycle

·        A l’issue du deuxième cycle, deux solutions s’offrent actuellement aux étudiants, selon qu’ils souhaitent exercer la médecine générale ou en tant que spécialiste.

La formation des généralistes se nomme le résidanat. La durée de la formation est de trois ans.

L’enseignement théorique porte notamment sur la médecine générale et son champ d’application, les gestes et techniques, les stratégies diagnostiques et thérapeutiques et les conditions de l’exercice professionnel.

La formation pratique comprend :
- Des fonctions hospitalières pendant au moins 5 semestres, dans des services agréés pour la médecine générale (un en médecine d’adulte, un en gynécologie et pédiatrie, un en médecine d’urgence, deux laissés au choix de l’étudiant).
- Un semestre dans un cabinet de médecine générale.

Le Diplôme d’Etat de docteur en médecine est délivré aux candidats ayant soutenu avec succès une thèse devant un jury présidé par un professeur de médecine. Ce diplôme n’ouvre droit à l’exercice de la médecine générale en France qu’après l’obtention de la qualification en médecine générale.

·        la formation des spécialistes se nomme l’internat. Contrairement au troisième cycle de médecine générale, l’accès au troisième cycle spécialisé est subordonné à la réussite du concours d’internat.
Les disciplines d’internat sont : spécialités médicales, anesthésie-réanimation, pédiatrie, spécialités chirurgicales, gynécologie-obstétrique et gynécologie médicale, psychiatrie, santé publique, médecine du travail et biologie médicale.

Le concours est organisé chaque année pour chacune des deux zones géographiques (nord et sud). Il est ouvert pour le nombre de postes fixés, pour chaque discipline d’internat et pour chaque région, par arrêté des ministres de l’enseignement et de la santé.
Il comprend trois épreuves écrites et anonymes :
- Un QCM, affecté d’un coefficient 0,7, d’une durée de trois heures
- Une épreuve de cas cliniques-questions à choix multiples, affectée d’un coefficient 0,3, d’une durée d’une heure
- Une épreuve de dossiers diagnostiques et thérapeutiques comprenant 12 dossiers, affectée d’un coefficient 2, d’une durée de six heures.
Chaque étudiant a le droit de se présenter deux fois au concours, à la fin de la dernière année de deuxième cycle et l’année suivante.
Les candidats reçus sont nommés internes. Après la publication des résultats, chaque étudiant reçoit individuellement son classement pour chacune des zones géographiques pour lesquelles il a concouru. Le classement au concours est déterminant pour le choix de la discipline et de la région d’études.

Après leur choix, les internes sont rattachés à un centre hospitalier régional.
La formation dure 4 ou 5 ans suivant les spécialités. A l’issue de cette formation, un diplôme d’études spécialisées (DES) est délivré aux internes qui ont :
- effectué la totalité de leur internat et validé leur diplôme de spécialité ;
- obtenu le diplôme d’Etat de Docteur en médecine, après avoir soutenu leur thèse

Des DES complémentaires (DESC) sont accessibles aux internes.

L’accès à la recherche médicale est favorisé au cours du troisième cycle :
Il est subordonné à l’obtention d’un Diplôme d’études approfondies (DEA). Ce DEA est accessible aux étudiants ayant obtenu une maîtrise, par exemple la maîtrise en sciences biologiques et médicales.
Il est possible de préparer un DEA dans le cadre de l’année-recherche, accessible à 10% des internes de chaque promotion. Pour les autres, il faut demander une mise en disponibilité.

Les médecins français ou ressortissants de l’Union européenne qui souhaitent devenir spécialistes ou acquérir une autre spécialisation, peuvent accéder au troisième cycle spécialisé des études médicales après réussite à un concours spécial d’internat. Pour pouvoir se présenter à ce concours, ils doivent justifier d’au moins trois années d’exercice professionnel.
D’autre part, un concours spécial d’internat est organisé pour les médecins étrangers non ressortissants de l’Union européenne, titulaires d’in diplôme permettant l’exercice dans leur pays d’origine ou d’obtention. Ils s’y inscrivent pour obtenir un DES à titre étranger. Le concours comporte une épreuve multidisciplinaire et des épreuves optionnelles.

 

 

 

 

·        La réforme du troisième cycle :

A partir de 2004/2005, tous les étudiants ayant validé le second cycle passeront le concours de l’internat, y compris ceux qui souhaitent se diriger vers la médecine générale, qui bénéficiera ainsi d’une revalorisation puisqu’elle sera considérée comme une spécialité à part entière. Le choix de la spécialité et de la région de formation se fera selon le classement obtenu à ce concours national.


 

 

 

Annexe 2

 

 

 

 

Le D.E.S.C., en détail

 

( source : http://www.education.gouv.fr/bo/2004/39/MENS0402087A.htm

 

Enseignement supérieur, recherche et technologie

 


ÉTUDES MÉDICALES
Liste et réglementation des diplômes d’études spécialisées complémentaires de médecine
NOR : MENS0402087A
RLR : 432-3c
ARRÊTÉ DU 22-9-2004 JO DU 6-10-2004
MEN - DES A12
SAN


Vu code de l’éducation ; D. n° 88-321 du 7-4-1988 mod. ; D. n° 2004-67 du 16-1-2004 . avis du CNESER du 21-6-2004


Chapitre I - Liste des diplômes d’études spécialisées complémentaires de médecine

Article 1 - La liste des diplômes d’études spécialisées complémentaires de médecine qui peuvent être acquis dans le cadre du troisième cycle des études médicales est fixée en fonction de leur groupe d’appartenance comme suit :
Groupe I
- Addictologie.
- Allergologie et immunologie clinique.
- Andrologie.
- Cancérologie.
- Dermatopathologie.
- Foetopathologie.
- Hémobiologie-transfusion.
- Médecine de la reproduction.
- Médecine légale et expertises médicales.
- Médecine du sport.
- Médecine d’urgence.
- Médecine vasculaire.
- Néonatologie.
- Neuropathologie.
- Nutrition.
- Orthopédie dento-maxillo-faciale.
- Pathologie infectieuse et tropicale, clinique et biologique.
- Pharmacologie clinique et évaluation des thérapeutiques.
- Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.
Groupe II
- Chirurgie infantile.
- Chirurgie maxillo-faciale et stomatologie.
- Chirurgie de la face et du cou.
- Chirurgie orthopédique et traumatologie.
- Chirurgie plastique reconstructrice et esthétique.
- Chirurgie thoracique et cardio-vasculaire.
- Chirurgie urologique.
- Chirurgie vasculaire.
- Chirurgie viscérale et digestive.
- Gériatrie.
- Réanimation médicale.
Les diplômes du groupe II ouvrent droit à la qualification de spécialiste correspondant à l’intitulé du diplôme.

 

Chapitre II - Réglementation

Article 2 - Le contenu de chaque diplôme d’études spécialisées complémentaires est précisé dans une maquette annexée au présent arrêté. Celle-ci définit la durée de la formation, le programme des enseignements théoriques, les stages de formation pratique et la liste des diplômes d’études spécialisées permettant d’y accéder.
Article 3 - Sont admis à s’inscrire en vue des diplômes d’études spécialisées complémentaires mentionnés à l’article 1er ci-dessus les internes en médecine et les assistants des hôpitaux des armées.
Les internes prennent une inscription administrative annuelle auprès de l’université de la subdivision dont ils relèvent, selon les règles fixées par le conseil de l’unité de formation et de recherche de médecine et approuvées par le président de l’université concerné.
Pour pouvoir s’inscrire à un diplôme d’études spécialisées complémentaires du groupe II, les internes doivent avoir effectué au plus tard avant la fin du 5ème stage de l’internat, un stage spécifique à ce diplôme.
L’inscription à plusieurs diplômes d’études spécialisées complémentaires n’est pas autorisée.
Article 4 - Les études en vue des diplômes d’études spécialisées complémentaires visés à l’article 1er ont une durée de deux ans s’ils appartiennent au groupe I, et de trois ans s’ils appartiennent au groupe II, accomplis consécutivement ou non dans les services agréés en application de la procédure prévue par les articles 68 et 68-1 du décret du 7 avril 1988 modifié susvisé et par l’article 30 du décret du 16 janvier 2004 susvisé.
Pour les diplômes d’études spécialisées complémentaires dits du groupe I, deux stages doivent être effectués au cours de l’internat, sauf dérogation dûment justifiée, accordée par l’enseignant coordonnateur mentionné à l’article 23 du décret du 16 janvier 2004 susvisé. Les deux autres stages comportent des fonctions hospitalo-universitaires ou hospitalières dans des services agréés.
Pour les diplômes d’études spécialisées complémentaires dits du groupe II, quatre stages doivent être effectués au cours de l’internat. Les deux autres stages comportent des fonctions hospitalo-universitaires ou hospitalières dans des services agréés.
Article 5 - Dans chaque interrégion, les universités comportant au moins une unité de formation et de recherche de médecine peuvent être habilitées à délivrer les diplômes d’études spécialisées complémentaires mentionnés à l’article 1er du présent arrêté.
Article 6 - Les enseignements sont organisés par les unités de formation et de recherche de médecine des universités habilitées à cet effet, selon des modalités déterminées par les conseils des unités de formation et de recherche de médecine, sur proposition de l’enseignant coordonnateur du diplôme dans l’interrégion, et approuvées par le ou les présidents d’université.
Article 7 - Les enseignements sont dispensés au sein des unités de formation et de recherche, des centres hospitaliers régionaux faisant partie des centres hospitaliers et universitaires et des autres établissements d’affectation des candidats.
Article 8 - La préparation de chaque diplôme d’études spécialisées complémentaires est placée sous la responsabilité d’un enseignant chargé de coordonner l’organisation des enseignements théoriques et pratiques de chaque diplôme d’études spécialisées complémentaires dans l’interrégion ; il est désigné pour une durée de trois ans renouvelable une fois consécutivement, sur présentation d’un projet pédagogique de formation, par les directeurs des unités de formation et de recherche de médecine de l’interrégion après avis des conseils des unités de formation et de recherche concernées ainsi que des enseignants de la spécialité.
Article 9 - L’enseignant coordonnateur peut, par dérogation aux dispositions de l’article 4 ci-dessus, après avis de la commission compétente pour le diplôme d’études spécialisées complémentaires concerné, autoriser les candidats à accomplir la totalité ou trois stages de leur formation durant l’internat, lorsque les obligations de formation pratique du diplôme d’études spécialisées complémentaires postulé le permettent, ou après l’obtention du diplôme d’études spécialisées.
Article 10 - Les enseignants coordonnateurs interrégionaux d’un même diplôme d’études spécialisées complémentaires sont chargés, après concertation, de formuler des propositions :
- aux unités de formation et de recherche de médecine en ce qui concerne le contenu, les modalités et les méthodes d’évaluation des enseignements ;
- aux différentes commissions de subdivision d’agrément des stages, prévues à l’article 30 du décret du 16 janvier 2004 susvisé en ce qui concerne les critères d’agrément des services, en prenant en compte notamment :
1. L’encadrement et les moyens pédagogiques ;
2. Le degré de responsabilité des internes ;
3. La nature et l’importance des activités de soins et éventuellement de recherche clinique.
En tant que de besoin, les coordonnateurs de deux diplômes d’études spécialisées complémentaires se concertent sur le contenu et les conditions d’accès aux enseignements théoriques de leur formation et font des propositions d’agrément commun de stage.
Article 11 - Dans chaque interrégion ou groupe d’interrégions, une commission interrégionale de coordination et d’évaluation spécifique à chaque diplôme d’études spécialisées complémentaires assiste l’enseignant coordonnateur ; elle propose la délivrance du diplôme d’études spécialisées complémentaires au terme du dernier stage.
Le diplôme d’études spécialisées complémentaires ne peut être délivré qu’aux titulaires d’un des diplômes d’études spécialisées mentionnés dans l’annexe propre au diplôme d’études spécialisées complémentaires considéré.
Pour délivrer le diplôme d’études spécialisées complémentaires, la commission interrégionale visée à l’article 11 se fonde sur :
- la validation de l’ensemble de la formation théorique ;
- la validation de tous les stages exigés pour le diplôme d’études spécialisées complémentaires, attestée par un carnet de stage ou à défaut par les fiches mises en annexe à l’arrêté relatif à l’organisation, au déroulement et à la validation des stages des internes ;
- des appréciations de l’enseignant coordonnateur ;
- l’avis du directeur de l’unité de formation et de recherche dont relève l’interne.
Article 12 - La commission interrégionale, instituée pour chaque diplôme d’études spécialisées complémentaires, comprend :
- le professeur d’université-praticien hospitalier chargé de coordonner pour chaque interrégion l’organisation des enseignements théoriques et pratiques ;
- au moins trois personnels enseignants et hospitaliers titulaires des centres hospitaliers et universitaires, titulaires, dont deux de la discipline, désignés par les directeurs des unités de formation et de recherche de médecine organisant conjointement les enseignements. Ces enseignants sont responsables de l’enseignement des diplômes d’études spécialisées complémentaires concernés ; ils doivent appartenir aux différentes unités de formation et de recherche de médecine de l’interrégion.
Les membres de la commission sont nommés pour une durée de trois ans par les directeurs des unités de formations et de recherche de médecine, la commission se réunit au moins une fois par an.
Article 13 - La commission interrégionale de coordination et d’évaluation se réunit au moins une fois par an sur convocation de l’enseignant coordonnateur, pour examiner le contenu et les modalités d’enseignement et de validation des enseignements et des stages. Elle entend, à titre consultatif, un interne inscrit dans le diplôme d’études spécialisées complémentaires ; il est désigné par l’enseignant coordonnateur sur proposition de l’association des internes de la spécialité considérée, et le cas échéant du syndicat d’internes en médecine le plus représentatif.
Elle est consultée, pour avis, par l’enseignant coordonnateur du diplôme d’études spécialisées concerné, dans le cadre du dépôt des dossiers de demande d’agrément des lieux de stage de formation pratique d’internes fournis par chaque chef de service hospitalier ou extra-hospitalier.
Article 14 - Des stages pratiques supplémentaires, validés dans des services agréés au titre d’un diplôme d’études spécialisées ou d’un diplôme d’études spécialisées complémentaires différent, peuvent être pris en compte pour la validation de la formation par la commission visée à l’article 12 ci-dessus, à condition qu’ils soient effectués en plus des obligations de formation théorique et pratique exigées par la maquette du diplôme d’études spécialisées complémentaires postulé et après accord de l’enseignant coordonnateur, selon les règles fixées par les conseils des unités de formation et de recherche et approuvées par les présidents d’université.
Article 15 - Des enseignements différents de ceux du diplôme d’études spécialisées complémentaires auquel est inscrit le candidat peuvent être pris en compte pour la validation de la formation selon les modalités définies pour les stages pratiques à l’article 13 ci-dessus.
Article 16 - Les dispositions du présent arrêté s’appliquent aux internes qui s’inscrivent en diplôme d’études spécialisées complémentaires à compter de l’année universitaire 2004-2005.
Les dispositions des arrêtés du 4 mai 1988 fixant la liste et la réglementation des diplômes d’études spécialisées complémentaires de médecine sont abrogées.
Les internes en cours de diplôme d’études spécialisées complémentaires restent soumis, pour leur formation, aux maquettes annexées à l’arrêté du 4 mai 1988 relatif à la réglementation des diplôme d’études spécialisées complémentaires
Article 17 - Le directeur de l’enseignement supérieur au ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, le directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins et le directeur général de la santé au ministère de la santé et de la protection sociale sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 22 septembre 2004

Pour le ministre de l’éducation nationale,
de l’enseignement supérieur et de la recherche
et par délégation,
Le directeur de l’enseignement supérieur
Jean-Marc MONTEIL
Pour le ministre de la santé
et de la protection sociale
et par délégation,
Le chef du service politique de santé et qualité
du système de santé
Didier EYSSARTIER

 

Annexe XXI
DIPLÔME D’ÉTUDES SPÉCIALISÉES COMPLÉMENTAIRES DE CHIRURGIE MAXILLO-FAXIALE ET STOMATOLOGIE
- DURÉE : SIX SEMESTRES

I - Enseignements (deux cent heures environ)

A) Enseignements généraux

- Méthodologie de l’évaluation des pratiques de soins et de la recherche clinique et épidémiologie en chirurgie maxillo-faciale et stomatologie ;
- Organisation, gestion, droit et responsabilité médicale en chirurgie maxillo-faciale et stomatologie.

B) Enseignements spécifiques

- Pathologies médicales stomatologiques et maxillo-faciales ;
- Stomatologie chirurgicale ;
- Chirurgie pré-prothétique et implantologie ;
- Pathologie de l’articulation temporo-mandibulaire ;
- Traumatologie cranio-maxillo-faciale (parties molles et osseuses) ;
- Pathologie tumorale bénigne et maligne, y compris les tumeurs cutanées ;
- Pathologie médicale et chirurgicale des glandes salivaires ;
- Chirurgie reconstructrice cranio-maxillo- faciale ;
- Chirurgie orthognathique et orthopédie dento-maxillo-faciale ;
- Chirurgie plastique, esthétique et réparatrice maxillo-faciale ;
- Chirurgie des malformations cranio-faciales, y compris des fentes labio-maxillo-palatines.

II - Formation pratique

Six semestres dans des services agréés pour le diplôme d’études spécialisées complémentaires de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie. Ces semestres doivent être effectués dans au moins deux services ou départements différents.

III - Diplôme d’études spécialisées permettant de postuler le diplôme d’études spécialisées complémentaires de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie

Diplôme d’études spécialisées de chirurgie générale, avec l’accord de l’enseignant coordonnateur du diplôme d’études spécialisées complémentaires.

 

 

Annexe XVI

DIPLÔME D’ÉTUDES SPÉCIALISÉES COMPLÉMENTAIRES D’ORTHOPÉDIE DENTO-MAXILLO-FACIALE -
DURÉE : QUATRE SEMESTRES

I - Enseignements (cent cinquante heures environ)

- Physiologie et pathologie de la croissance crânio-faciale et dento-alvéolaire, de l’articulation temporo-maxillaire et de la musculature faciale ; équilibres neuromusculaires ;
- Anomalies de la lame dentaire, des bases osseuses et des tissus de recouvrement, anomalies dento-alvéolaires, dysharmonies dento-maxillaires ;
- Rééducation de la déglutition, de la phonation, de la mastication, des fonctions de l’articulation temporo-mandibulaire ;
- Réactions tissulaires aux forces appliquées sur les dents, sur les procès alvéolaires, sur les os ; notions des ancrages réciproques ;
- Actions thérapeutiques sur les dents, sur l’os alvéolaire et les bases osseuses ; appareillage ; rapports entre orthopédie et chirurgie ;
- Prophylaxie des dysmorphoses et options thérapeutiques selon l’âge ;
- Stomatologie pédiatrique.

II - Formation pratique

Quatre semestres dans des services agréés pour le diplôme d’études spécialisées d’orthopédie dento-maxilo-faciale.

III - Diplôme d’études spécialisées permettant de postuler le diplôme d’études spécialisées complémentaires d’orthopédie dento-maxillo- faciale

Diplôme d’études spécialisées de stomatologie, avec l’accord de l’enseignant coordonnateur du diplôme d’études spécialisées complémentaire.

 

 

 

 

Le D.E.S. en détail

 

(source : http://www.education.gouv.fr/bo/2004/39/MENS0402086A.htm)

 

Enseignement supérieur, recherche et technologie

 


ÉTUDES MÉDICALES
Liste et réglementation des diplômes d’études spécialisées de médecine
NOR : MENS0402086A
RLR : 432-3b
ARRÊTÉ DU 22-9-2004 JO DU 6-10-2004
MEN - DES A12
SAN


Vu code de l’éducation ; D. n° 2003-76 du 23-1-2003 ; D. n° 2004-67 du 16-1-2004 ; avis du CNESER du 21-6-2004.


Chapitre I - Liste des diplômes d’études spécialisées de médecine

Article 1 - La liste des diplômes d’études spécialisées qui peuvent être acquis dans le cadre du troisième cycle des études médicales est pour chaque discipline fixée comme suit :
Spécialités médicales
- Anatomie et cytologie pathologiques.
- Cardiologie et maladies vasculaires.
- Dermatologie et vénéréologie.
- Endocrinologie et métabolisme.
- Gastro-entérologie et hépatologie.
- Génétique médicale.
- Hématologie.
- Médecine interne.
- Médecine nucléaire.
- Médecine physique et de réadaptation.
- Néphrologie.
- Neurologie.
- Oncologie.
- Pathologies cardio-vasculaires.
- Pneumologie.
- Radiodiagnostic et imagerie médicale.
- Rhumatologie.
Spécialités chirurgicales
- Chirurgie générale.
- Neurochirurgie.
- Ophtalmologie.
- Oto-rhino-laryngologie et chirurgie cervico-faciale.
- Stomatologie.
Anesthésie-réanimation
- Anesthésie-réanimation.
Biologie médicale
- Biologie médicale.
Gynécologie médicale
- Gynécologie médicale.
Gynécologie obstétrique
- Gynécologie obstétrique.
Médecine générale
- Médecine générale.
Médecine du travail
- Médecine du travail.
Pédiatrie
- Pédiatrie.
Psychiatrie
- Psychiatrie.
Santé publique
- Santé publique et médecine sociale.

Chapitre II - Réglementation

Article 2 - Le contenu de chaque diplôme d’études spécialisées est précisé dans une maquette annexée au présent arrêté. Celle-ci définit la durée de la formation, le programme des enseignements théoriques et les stages de formation pratique.
Article 3 - Les dispositions du présent arrêté s’appliquent aux diplômes d’études spécialisées de médecine, à l’exception du diplôme d’études spécialisées de biologie médicale, dont la réglementation est fixée par le décret n° 2003-76 du 23 janvier 2003 susvisé.
Article 4 - Sont admis à s’inscrire en vue des diplômes d’études spécialisées mentionnés à l’article 1er ci-dessus, les internes en médecine et autres catégories d’étudiants assimilés des armées classés aux épreuves classantes nationales prévues par l’article 4 du décret du 16 janvier 2004 susvisé.
Les candidats affectés à l’issue des épreuves classantes nationales qui postulent aux diplômes d’études spécialisées, prennent une inscription administrative annuelle auprès d’une des universités de la subdivision dans laquelle ils sont affectés, selon les règles fixées par le ou les conseils des unités de formation et de recherche de médecine et approuvées par le ou les présidents d’université concernés.
Article 5 - L’inscription définitive à un diplôme d’études spécialisées s’effectue au plus tôt après accomplissement effectif d’un stage spécifique de la spécialité dans un service agréé au titre de ce diplôme, et au plus tard à la fin du quatrième semestre après nomination en qualité d’interne, sur avis de l’enseignant coordonnateur, dont le rôle, les compétences, le mode de désignation et la durée de mandat sont fixés à l’article 8 du présent arrêté.
Article 6 - Les enseignements sont organisés par les unités de formation et de recherche de médecine des universités habilitées à cet effet, selon des modalités déterminées par leur conseil et après approbation du ou des présidents d’université. Les enseignements sont dispensés au sein des unités de formation et de recherche, des centres hospitaliers régionaux faisant partie des centres hospitaliers et universitaires et des autres établissements d’affectation des candidats.
Article 7 - La préparation de chaque diplôme d’études spécialisées ou de chacune des options d’un tel diplôme est placée sous la responsabilité d’un enseignant chargé de coordonner l’organisation des enseignements théoriques et pratiques de chaque diplôme d’études spécialisées dans l’interrégion. Il est désigné pour une durée de trois ans renouvelable une fois consécutivement, sur présentation d’un projet pédagogique de formation, par les directeurs des unités de formation et de recherche de médecine de l’interrégion ou les présidents des comités de coordination des études médicales, après avis des conseils des unités de formation et de recherche concernées ainsi que des enseignants de la spécialité.
Article 8 - Les enseignants coordonnateurs interrégionaux d’un même diplôme d’études spécialisées sont chargés, après concertation, de formuler des propositions :
a) aux unités de formation et de recherche de médecine en ce qui concerne le contenu, les modalités et les méthodes d’évaluation des enseignements.
b) aux différentes commissions de subdivision d’agrément des stages, prévues à l’article 30 du décret du 16 janvier 2004 susvisé en ce qui concerne les critères d’agrément des services, en prenant en compte notamment :
1. L’encadrement et les moyens pédagogiques ;
2. Le degré de responsabilité des internes ;
3. La nature et l’importance des activités de soins et éventuellement de recherche clinique.
En tant que de besoin, les coordonnateurs de deux diplômes d’études spécialisées se concertent sur le contenu et les conditions d’accès aux enseignements théoriques de leur formation et font des propositions d’agrément commun de stage.
Article 9 - Pour la préparation de chaque diplôme d’études spécialisées, l’enseignant coordonnateur est assisté d’une commission interrégionale de coordination et d’évaluation. Pour le diplôme d’études spécialisées de médecine générale, l’enseignant coordonnateur est assisté, dans chaque unité de formation et de recherche médicale de la subdivision, soit part un département de médecine générale créé par l’université dans les conditions prévues à l’article L. 713-3 du code de l’éducation, soit par une commission de coordination et d’évaluation du diplôme d’études spécialisées de médecine générale.
Article 10 - La commission interrégionale de coordination et d’évaluation instituée pour chaque spécialité comprend :
- l’enseignant coordonnateur du diplôme ou, le cas échéant, les enseignants coordonnateurs des options du diplôme ;
- et au minimum trois autres personnels enseignants et hospitaliers titulaires des centres hospitaliers et universitaires dont deux au moins de la spécialité. Ces enseignants sont responsables de l’enseignement des diplômes d’études spécialisées concernés ; ils doivent appartenir à différentes unités de formation et de recherche de médecine de l’interrégion.
S’agissant de la médecine générale, les enseignants associés sont autorisés à siéger au sein de la commission interrégionale.
Deux des membres de la commission doivent être extérieurs au centre hospitalier universitaire dont relève l’interne. Les membres de la commission sont nommés pour une durée de trois ans par les directeurs des unités de formations et de recherche de médecine.
Article 11 - La commission interrégionale de coordination et d’évaluation se réunit au moins une fois par an sur convocation de l’enseignant coordonnateur, pour examiner le contenu et les modalités d’enseignement et de validation des enseignements et des stages. Elle entend, à titre consultatif, un interne inscrit dans le diplôme d’études spécialisées ; il est désigné par l’enseignant coordonnateur sur proposition de l’association des internes de la spécialité considérée, et le cas échéant du syndicat d’internes en médecine le plus représentatif.
La commission est consultée, pour avis, par l’enseignant coordonnateur du diplôme d’études spécialisées concerné dans le cadre du dépôt des dossiers de demande d’agrément des lieux de stage de formation pratique d’internes, fournis par chaque chef de service hospitalier ou extra-hospitalier.
Article 12 - La commission interrégionale propose la délivrance du diplôme d’études spécialisées au cours du dernier semestre d’internat. Elle se fonde sur :
- la validation de tous les stages exigés pour le diplôme d’études spécialisées, attestée par un carnet de stage ou à défaut par les fiches mises en annexe à l’arrêté relatif à l’organisation, au déroulement et à la validation des stages des internes ;
- un mémoire rédigé et soutenu par l’interne et portant sur un travail de recherche clinique ou fondamentale. Ce mémoire peut porter sur un thème spécifique ou être constitué d’un ensemble de travaux. Le sujet de ce mémoire doit être préalablement approuvé par l’enseignant coordonnateur. Avec son accord, la thèse peut, en tout ou partie, tenir lieu de mémoire si elle porte sur un sujet de la spécialité et si elle est soutenue lors de la dernière année d’internat ;
- un document de synthèse rédigé par l’interne portant sur les travaux scientifiques qu’il a réalisés, notamment dans le cadre de la préparation d’un diplôme d’études approfondies ou d’un master, sur sa participation à des congrès ou colloques, ses stages à l’étranger et tout autre formation ou expérience complémentaires ;
- des appréciations annuelles de l’enseignant coordonnateur et, le cas échéant, des enseignants coordonnateurs d’autres spécialités ;
- de l’avis du directeur de l’unité de formation et de recherche dont relève l’interne.
Article 13 - Les candidats n’ayant pas obtenu leur diplôme à la fin de leurs études de troisième cycle en qualité d’interne ont la possibilité de se présenter, à nouveau, devant la commission. Ils doivent, pour cela, reprendre une inscription universitaire.
Article 14 - Lors de la validation terminale de la formation des internes, la commission visée à l’article 10 ci-dessus peut prendre en considération des stages pratiques supplémentaires validés dans des services agréés au titre d’un autre diplôme d’études spécialisées et des enseignements différents de ceux des diplômes d’études spécialisées auxquels sont inscrits les intéressés, à condition qu’ils soient effectués en plus des obligations de formation théorique et pratique exigées par la maquette du diplôme d’études spécialisées concerné, et selon les règles fixées par les conseils des unités de formation et de recherche et approuvées par les présidents d’universités.
Article 15 - Le directeur de l’enseignement supérieur au ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, le directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins et le directeur général de la santé au ministère de la santé et de la protection sociale sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 22 septembre 2004
Pour le ministre de l’éducation nationale,
de l’enseignement supérieur et de la recherche
et par délégation,
Le directeur de l’enseignement supérieur
Jean-Marc MONTEIL
Pour le ministre de la santé
et de la protection sociale
et par délégation,
Le chef du service politique de santé et qualité
du système de santé
Didier EYSSARTIER

 

Annexe S
DIPLÔME D’ÉTUDES SPÉCIALISÉES DE STOMATOLOGIE
- DURÉE : QUATRE ANS

I - Enseignements (deux cent cinquante heures environ)

- Embryologie, anatomie, physiologie, anatomopathologie dento-maxilo-faciale ;
- Affection des dents, du paradonte et de l’appareil manducateur ;
- Orthopédie dento-maxillo-faciale ;
- Stomatologie médicale ;
- Tumeurs bénignes et malignes de la muqueuse buccale et des maxillaires ;
- Affections des glandes salivaires ;
- Traumatologie dento-maxillaire ;
- Réhabilitation orale, prothèse maxilo-faciale.

II - Formation pratique

A) Quatre semestres dans des services agréés pour le diplôme d’études spécialisées de stomatologie.
B) Quatre semestres dans des services agréés pour la spécialité ou pour une autre spécialité.


 

 

Annexe 3

 

Liste des Diplômes Universitaires intéressant la Stomatologie et la Chirurgie Maxillo-Faciale

enseignés en France

 

(Premier tableau : les DU médicaux et chirurgicaux ; deuxième tableau, les DU intéressant plus spécialement les chirurgiens maxillo-faciaux).

 

 

 

 

 

 

Nature

Intitulé

Spécialité

Université

D.U 

Odontologie et Stomatologie du Sport 

Stomatologie 

Bordeaux 2 - Victor Segalen 

D.U. 

Pathologie et Techniques Chirurgicales Maxillo-Faciales 

Stomatologie 

Bordeaux 2 - Victor Segalen 

D.I.U. 

Recherche Clinique et Evaluation en Santé Bucco-Dentaire 

Stomatologie 

Bordeaux 2 - Victor Segalen 

D.U. 

Orthopédie Cranio-Dento-Maxillo-Faciale 

Stomatologie 

Dijon 

D.U 

Pathologies et Chirurgie Buccale 

Stomatologie 

Dijon 

D.U. 

Implantologie Lourde et Reconstitution Maxillo-Mandibulaire 

Stomatologie 

Lille 2 

D.U. 

Implantologie Orale Fondamentale et Pratique 

Stomatologie 

Lille 2 

D.U. 

Chirurgie de la Cavité Buccale 

Stomatologie 

Montpellier 1 

D.U. 

Formation Continue en Stomatologie et Chirurgie Maxillo-Faciale 

Stomatologie 

Montpellier 1 

D.U. 

Technique de Rééducation Maxillo-Faciale 

Stomatologie 

Montpellier 1 

D.U. 

Carcinologie Buccale 

Stomatologie 

Paris 6 - Pierre et Marie Curie 

D.U. 

Orthodontie Pédiatrique 

Stomatologie 

Paris 6 - Pierre et Marie Curie 

D.U. 

Orthopédie Dento-Maxillo-Faciale Appliquée 

Stomatologie 

Paris 6 - Pierre et Marie Curie 

D.U. 

Parodontologie Clinique et Hygiène Bucco-Dentaire Appliquée 

Stomatologie 

Paris 6 - Pierre et Marie Curie 

D.U. 

Pathologie Bucco-Dentaire et Urgences 

Stomatologie 

Paris 6 - Pierre et Marie Curie 

D.I.U. 

Pathologie de la Muqueuse Buccale 

Stomatologie 

Paris 6 - Pierre et Marie Curie 

D.U. 

Prothèse Adjointe 

Stomatologie 

Paris 6 - Pierre et Marie Curie 

D.U. 

Prothèse Faciale Appliquée 

Stomatologie 

Paris 6 - Pierre et Marie Curie 

D.U. 

Prothèse Fixée 

Stomatologie 

Paris 6 - Pierre et Marie Curie 

D.U. 

Réhabilitation et Prothèse Maxillo-Faciales 

Stomatologie 

Paris 6 - Pierre et Marie Curie 

D.I.U. 

Carcinologie Buccale 

Stomatologie 

Paris 7 - Denis Diderot 

D.U. 

Réhabilitation Chirurgicale Maxillo-Faciale 

Stomatologie 

Paris 7 - Denis Diderot 

D.I.U. 

Carcinologie Buccale 

Stomatologie 

Paris 11 - Paris Sud 

D.U. 

Pathologie Bucco-Faciale 

Stomatologie 

Toulouse 3 - Paul Sabatier 

D.U. 

Thérapeutiques Orthodontiques 

Stomatologie 

Toulouse 3 - Paul Sabatier 

D.I.U. 

Pathologie de la Muqueuse Buccale 

Stomatologie 

Tours - François Rabelais 

 

D.U.

Cancérologie cutanée

DER

Montpellier 1 // 04 67 33 78 88

D.I.U

 Chirurgie de Visage : de l'Anatomie aux techniques Chirurgicales

CMF

Bordeaux2;Marseille2;Nice 05 57 57 15 13

D.U.

Chirurgie Faciale

CMF

Nancy 03 83 85 16 01

D.U.

Chirurgie Plastique de la Face

CMF

Lyon 1 // 04 72 11 05 05

D.U.

Pathologie et Thérapeutique chirurgicale du cuir chevelu

STO

Paris 6  01 42 16 12 83

D.U.

Plaies et cicatrisations

DER

Paris 6 01 49 59 44 04

D.U.

Réhabilitation chirurgicale maxillo-faciale

STO

Paris 7 Lariboisière 01 42 49 41 92

 

 

 

Montpellier 1 // 04 67 33 67 97

 

 


 

 

Annexe 4 :

 

Structures officielles de la Stomatologie

 

 

En France, la Stomatologie est organisée en :

 

§         Structures d’enseignement

§         Structures de soins

§         Sociétés Savantes

§         Associations

§         Syndicats

 

Ø      Les structures d’enseignement

 

Les étudiants en D.E.S. sont formés dans les Unités de Formation et de Recherche (U.F.R.) qui sont implantées dans les Centres Hospitalo-universitaires (C.H.U.).

 

Toutes sont réunies par le Collège des Enseignants hospitalo-Universitaires

 

Ø      Les structures de soins

 

Il y a des services de Stomatologie et Chirurgie maxillo-faciale dans :

 

-          Tous les CHU de la région parisienne, dans le territoire des Universités :

o       Paris V René Descartes

o       Paris VI Jussieu Pitié Salpêtrière

o       Paris VII Jussieu Denis Diderot

o       Paris XI : Paris sud, Orsay

o       Paris XII : Val de Marne, Créteil

o       Paris XIII : Paris Nord, Bobigny

 

-          Ce sont les différents hôpitaux parisiens :

o       Bichat

o       Cochin

o       Robert Debré

o       Hôtel-Dieu

o       Saint joseph

o       La Pitié-Salpêtrière

o       Necker

o       Saint-Antoine

o       Saint-Louis

o       Saint Vincent de Paul

o       Georges Pompidou

o       Tenon

o       Trousseau

 

-          Et ceux de l’Île de France : 23 Hôpitaux

 

 

-           Tous les C.H.U. des villes de Facultés (par ordre de département)

o       Marseille CHU Nord

o       Caen

o       Dijon

o       Besançon

o       Toulouse

o       Bordeaux

o       Montpellier

o       Tours

o       Grenoble

o       Saint –Etienne

o       Nantes

o       Angers

o       Nancy

o       Lille

o       Strasbourg

o       Lyon

o       Rouen

o       Amiens

o       Limoges

 

-          Les hôpitaux militaires :

 

o       Begin à Saint Mandé

o       Percy à Clamart

o       Lavéran à Marseille

o       Robert Picqué à Bordeaux

o       Desgenettes à Lyon

o       Sainte-Anne à Toulon

 

- Les Centres Hospitaliers et Centres Hospitaliers régionaux : 76

 

 

Ø      Les Sociétés savantes

 

§         Société française d'orthopédie dento-faciale

§         Société française de stomatologie, chirurgie maxillo-faciale et chirurgie plastique de la face

§         Société médicale d'orthopédie dento-maxillo-faciale (Board européen de stomatologie)

§         Société française de parodontologie

§         Plusieurs sociétés régionales de Stomatologie

 

 

 

 

 

Ø            Les Associations

 

§         Fédération de Stomatologie et Chirurgie Maxillo-Faciale (qui réunit 7 des structures de la Spécialité : enseignants, hospitaliers, associations, sociétés savantes et syndicats)

§         Association Française des Chirurgiens Maxillo-Faciaux

§         Association Française des Jeunes Chirurgiens Maxillo-Faciaux (A.F.J.C.M.F.)

§         Diverses associations régionales de praticiens ou d’internes

 

Ø              Les Syndicats

 

§         Le Collège des Médecins Stomatologistes et Chirurgiens maxillo-faciaux de France, soutenu par le S.M.L.

§         Le Syndicat National des Médecins Stomatologiste, soutenu par la CSMF.

 

Ø              Les Périodiques

 

§         La Revue de stomatologie et chirurgie maxillo-faciale

§         Le Journal de parodontologie

§         Revue internationale de parodontologie

§         L’Odonto-stomatologie tropicale

§         De nombreux autres dans la Bibliothèque de stomatologie et chirurgie maxillo-faciale Michel Dechaume à l’hôpital de la Salpêtrière

 

 

Ø              L’Enseignement francophone en ligne

 

Les Universités de Bruxelles, Grenoble, Lyon et Nancy proposent un enseignement sur leur site Internet.

 

Ø      Bruxelles : Service de Stomatologie et Chirurgie Maxillo-faciale des cliniques universitaires Saint Luc. Université Catholique de Louvain

www.md.ucl.ac.be/stom/page6.htm

 

Ø      Grenoble : quelques « questions destinées aux étudiants du 3 ème cycle

www-sante.ujf-grenoble.fr/sante/alpesmed/corpus.htm?menu=01+rub=02+disci=D05

 

Ø      Lyon  : polycopiés de santé 

http://cri-cirs-wnts.univ-lyon1.fr/Polycopies/ChirurgieMaxilloFaciale/index.html

 

Ø      Paris : ressources en enseignement médical :

www.chups.jussieu.fr/en-ligne/choix.php?dispg=stomato

 

 


 

 

 

Annexe 5

 

Les études dentaires

 

 

 

Les métiers de la santé

Extrait de : http://www.sante.gouv.fr/ Retour Sommaire

CHIRURGIEN-DENTISTE 

DGS / DHOS août 2002

PROFESSION

L’exercice professionnel du chirurgien-dentiste vise à :

·        dispenser aux patients des actes de prévention et de soins bucco-dentaires

·        traiter les handicaps liés à l’absence de dents, tant au plan fonctionnel qu’au plan cosmétique, par des réhabilitations dentaires prothétiques

·        corriger les défauts de positionnement des dents par des traitements d’orthopédie dento-faciale principalement chez l’enfant et l’adolescent mais aussi chez l’adulte

·        rétablir une fonction masticatoire harmonieuse prévenant ou corrigeant ainsi des troubles musculaires et articulaires de la face.

Cette profession réglementée est organisée et contrôlée par le conseil de l’Ordre des chirurgiens-dentistes

A l’heure actuelle, 41182 dentistes travaillent en France, dont 33% de femmes.

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ETUDES PREPARANT AU DIPLOME

ACCES

NB : Tout étudiant d’un établissement préparant à l’exercice des professions médicales, qui est soumis à l’obligation d’effectuer une part de ses études dans un établissement ou organisme public ou privé de prévention ou de soins doit remplir les obligations vaccinales en vigueur contre la tuberculose, l’hépatite B, la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite.

FORMATION

Les études d’odontologie (chirurgie dentaire) sont dispensées dans les unités de formation et de recherche (UFR) d’odontologie. Les enseignements sont théoriques, dirigés et pratiques et comprennent des stages. Les études se déroulent sur trois cycles : un premier cycle de deux ans, un deuxième cycle de trois ans et un troisième cycle comportant soit une année (troisième cycle court) soit trois années pour les étudiants ayant présenté avec succès le concours de l’internat en odontologie (troisième cycle long).

- Le premier cycle et la première année du deuxième cycle

·        La première année (PCEM1) est commune aux études médicales, odontologiques et de sage-femme. Elle peut l’être également avec certaines formations paramédicales. Elle comprend des enseignements théoriques (notamment des modules de physique, de biophysique, de chimie et de biochimie, de biologie moléculaire et cellulaire, et un module de sciences humaines et sociales) , des enseignements dirigés et pratiques, qui doivent représenter au moins 30 % des enseignements et pour lesquels l’assiduité des étudiants est obligatoire.
Des épreuves de classement sont organisées à la fin de cette première année en vue d’admettre un nombre limité d’étudiants, déterminé réglementairement chaque année, à poursuivre leurs études : c’est le numerus clausus. En 2000, sur les 26 328 étudiants qui ont passé le concours de PCEM1, 3931 ont été admis en deuxième année de médecine et 800 en deuxième année d’odontologie.
Les épreuves du concours sont des questionnaires à choix multiple (QCM) et les épreuves portant sur le module de sciences humaines et sociales sont de caractère rédactionnel. Ces épreuves de sciences humaines et sociales comptent pour 20 % des coefficients aux épreuves d’admission en deuxième année.
Les inscriptions en PCEM1 sont limitées à deux.

Avant d’entrer en deuxième année, les étudiants doivent effectuer un stage infirmier de quatre semaines, destiné à les initier aux techniques de soins, à l’hygiène hospitalière et aux gestes de premier secours.

·        La deuxième année du premier cycle (PCEO2) et première année du deuxième cycle (DCEO1) des études odontologiques.

Les enseignements obligatoires comprennent des matières telles que la biologie, l’anatomie, l’embryologie ou la physiologie. Des enseignements complémentaires sont laissés aux choix de l’étudiant. Ils permettent soit de compléter des disciplines obligatoires, soit de découvrir d’autres domaines comme le droit ou l’économie.
D’autre part, durant ces années, 100 à 150 heures de stages cliniques d’initiation aux fonctions hospitalières sont prévues, dans des centres de soins, d’enseignement et de recherche dentaire (CSERD) ou dans les services d’odontologie des établissements hospitaliers.
Le passage dans l’année supérieure est subordonné à la validation des enseignements théoriques, dirigés, pratiques, obligatoires et optionnels mais aussi à la validation des stages.

NB: à partir de la deuxième année d’études, les universités peuvent prévoir des stages d’initiation à la recherche, d’une durée de 100 heures, destinés aux étudiants qui en font la demande.

- La deuxième année ( DCEO2) et la troisième année (DCEO3) du deuxième cycle

·        Après la première année de deuxième cycle, les étudiants commencent à réaliser des actes sur des patients.

Les enseignements cliniques ou stages constituent la moitié du volume horaire total des enseignements.

En DCEO2 et DCEO3 les étudiants doivent effectuer :
- des stages de participation hospitalière dans un service d’odontologie ;
- des stages hospitaliers hors des services d’odontologie (200 heures), comme par exemple, des services d’urgence, d’anesthésie-réanimation, de cancérologie ou chirurgie maxillo-faciale;
- et, la troisième année, un stage d’initiation à la vie professionnelle chez un chirurgien-dentiste, d’une durée d’au moins 25 demi-journées.

·        Pour passer en troisième cycle il faut :
- Avoir validé tous les enseignements ;
- Avoir obtenu le certificat de synthèse clinique et thérapeutique (CSCT), organisé à la fin de la troisième année du deuxième cycle.

 

 

- Le troisième cycle

Deux choix s’offrent aux étudiants.

·        Le troisième cycle court, d’une durée d’un an, menant au seul diplôme de docteur en chirurgie-dentaire. Il prépare à l’exercice autonome de la profession et à l’approche globale du patient. L’étudiant y approfondit les techniques destinées à faciliter l’exercice de la chirurgie dentaire, aborde les notions de comptabilité ou d’économie de la santé, et les stages cliniques se diversifient (pédiatrie, gériatrie).
Le Diplôme d’État de docteur en chirurgie dentaire est délivré aux étudiants ayant validé l’ensemble des enseignements des trois cycles et soutenu leur thèse avec succès.

·        Le troisième cycle long ou internat en odontologie d’une durée de trois ans, est accessible par un concours que les étudiants peuvent présenter soit en 5ème année soit en 6ème année de leurs études. L’internat permet d’obtenir, outre le diplôme d’Etat de docteur en chirurgie dentaire, l’attestation d’études approfondies et le titre d’ancien interne. Ce 3ème cycle long est essentiellement destiné à préparer les étudiants à une carrière hospitalo-universitaire.
Le concours est national. Peu de places sont offertes (31 pour l’année 2001-2002, dont 7 à Paris).
La formation comporte des enseignements théoriques et une formation clinique : 6 stages hospitaliers d’un semestre chacun sont exigés dans chacune des 6 orientations cliniques, parmi lesquelles l’orthopédie dento-faciale, la prothèse ou la chirurgie buccale.

·        L’accès à la recherche odontologique et aux concours hospitalo-universitaires est subordonné à l’obtention d’un Diplôme d’études approfondies (DEA). Ce DEA est accessible aux étudiants qui possèdent une maîtrise, par exemple en sciences biologiques et médicales, préparée en parallèle avec leur deuxième cycle d’études odontologiques.

- AUTRES FORMATIONS DE TROISIEME CYCLE (ouvertes aux titulaires du diplôme d’Etat de docteur en chirurgie dentaire)

·        Le Certificat d’études cliniques spéciales, mention orthodontie (CECSMO). Les titulaires de ce diplôme sont autorisés à exercer en qualité de spécialiste.

·        Le Diplôme d’études supérieures de chirurgie buccale (DESCB),

Pour ces deux diplômes, les internes ayant validé trois semestres d’internat et soutenu leur thèse peuvent avoir un accès direct à l’examen de fin de 1ère année.

·        Des certificats d’études supérieures (CES),

·        Des DESS, en 1 an (gestion, marketing médical…)

CARRIERE

L’exercice libéral de la profession est largement majoritaire puisque 93% des dentistes travaillent en cabinet. Les 7% de salariés exercent dans les hôpitaux, les centres de soins (dispensaires, centres mutualistes) ou le service de santé des armées. Une autre possibilité s’offre à eux, chirurgien-dentiste-conseil à la Sécurité sociale pour lequel le recrutement se fait sur concours (une quinzaine de postes chaque année). Retour haut de page

EXERCICE

Comme les autres professions médicales, les dentistes relèvent d’un code de déontologie professionnel et doivent justifier de leur inscription au conseil national de l’ordre des dentistes.

Le diplôme d’État français permet aux dentistes d’exercer leur profession au sein de l’union européenne.

 

 

 

 

En résumé :

 

 

 

Annexe 6

 

Le diplôme d'études supérieures de chirurgie buccale

(D.E.S.C.B.) pour les dentistes

 

DE360 - (10768)

Présentation générale

Le diplôme d'études supérieures de chirurgie buccale a pour objectif de donner aux dentistes une compétence technique en chirurgie buccale.

Il s'agit d'un diplôme national d'une durée de 4 ans comportant des enseignements théoriques, dirigés, pratiques et cliniques.

Les candidats doivent avoir le diplôme d'Etat de Docteur en chirurgie dentaire (ou un diplôme équivalent permettant d'exercer la chirurgie dentaire dans le pays où le diplôme a été délivré) et avoir satisfait aux épreuves d'un examen probatoire. Certaines universités demandent que l'on soit titulaire du CES d'odontologie chirurgicale ou être inscrit en vue de l'obtention de ce certificat.

Les cours sont dispensés par des enseignants des facultés d'odontologie ou des facultés de médecine.

Les enseignements représentent un volume horaire d'environ 2300 heures.

Enseignements théoriques

Anatomie de la tête et du cou - physiologie - immunologie - microbiologie - pharmacologie - pathologie et thérapeutiques générales - anesthésiologie - réanimation - urgences au cabinet dentaire.

Enseignements dirigés

  • Anatomie de la tête et du cou
  • pathologie et thérapeutiques spéciales

Enseignements pratiques

  • Dissections
  • lectures de lames
  • Stages hospitaliers

2 semestres de stage par an dans les unités fonctionnelles de services d'odontologie chirurgicale, de chirurgie maxillo-faciale, de stomatologie, dans les service d'oto-rhino-laryngologie et chirurgie cervico-faciale.

C'est l'arrêté du 2 août 1989 relatif au diplôme d'études supérieures de chirurgie buccale qui le régit

Arrêté du 2 août 1989 relatif au diplôme d'études supérieures de chirurgie buccale

NOR : MENZ8901606A

Vu la loi no 84-52 du 26 janvier 1984 modifiée sur l'enseignement supérieur ;
Vu le décret no 84-932 du 17 octobre 1984 modifié relatif aux diplômes nationaux de l'enseignement supérieur ;

Article premier. - Il est créé un diplôme d'études supérieures de chirurgie buccale dont l'enseignement est organisé conformément aux dispositions du présent arrêté.

Art. 2. - L'enseignement est dispensé par les universités habilitées à délivrer ce diplôme par arrêté conjoint du ministre chargé de l'Enseignement supérieur et du ministre chargé de la Santé, après avis du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Art. 3. - Sont admises à s'inscrire en vue de ce diplôme :

Les personnes titulaires d'un diplôme français d'Etat ou d'université de docteur en chirurgie dentaire ou de chirurgien-dentiste ;

Les personnes titulaires d'un diplôme étranger permettant l'exercice de la chirurgie dentaire dans le pays qui l'a délivré.

Art. 3 bis (ajouté par l'arrêté du 27 septembre 1996 et modifié par l'arrêté du 26 février 1998).- Avant la fin du premier semestre d'internat, il est proposé aux internes en odontologie. en fonction de leur rang de classement au concours et des capacités de formation recensées par les unités de formation et de recherche d'odontologie, de se présenter à l'examen de fin de première année du diplôme d'études supérieures de chirurgie buccale (DESCB).

La demande d'inscription du candidat est soumise à l'avis du chef du service d'odontologie du centre hospitalier et universitaire dont dépend l'intéressé et du responsable de l'enseignement du diplôme d'études supérieures de chirurgie buccale.

Elle fait l'objet d'une décision du directeur de l'unité de formation et de recherche d'odontologie où l'étudiant est inscrit en vue de l'attestation d'études approfondies en chirurgie dentaire.

Pour se présenter à l'examen de fin de première année du DESCB, l'interne en odontologie doit :

Avoir trois semestres d'internat validés ;

Avoir soutenu sa thèse en vue du diplôme d'Etat de docteur en chirurgie dentaire ou être inscrit en vue de cette soutenance.

L'inscription en deuxième année du DESCB est conditionnée au succès aux épreuves de l'examen de fin de première année. En cas d'échec, le candidat ne peut se représenter qu'une fois.

A compter de son inscription en deuxième année du DESCB, l'interne est soumis aux obligations de scolarité et d'examens des différentes années d'études, compatibles avec ses fonctions d'interne.

L'interne en odontologie doit être titulaire de l'attestation d'études approfondies en chirurgie dentaire pour se voir délivrer le DESCB.

Art. 4. - Les études en vue de ce diplôme ont une durée de quatre années. Elles comportent des enseignements théoriques, dirigés, pratiques et cliniques. Les stages sont effectués dans les services de consultations et de traitements dentaires et autres services, notamment de stomatologie, des centres hospitaliers régionaux faisant partie des centres hospitaliers universitaires. Ils peuvent également se dérouler dans les services des centres hospitaliers généraux qui ont passé à cet effet convention avec les centres hospitaliers régionaux faisant partie des centres hospitaliers universitaires.

Art. 5. - Ce diplôme, qui a pour but de donner aux dentistes une compétence technique en chirurgie buccale, ne comporte pas d'enseignement en chirurgie cervico-maxilo-faciale. Le programme des enseignements est fixé conformément à l'annexe jointe au présent arrêté.

Art. 6 (modifié par l'arrêté du 26 février 1998). - Les études des deux premières années sont sanctionnées de la manière suivante :

Par deux examens en première année subis respectivement à la fin du premier trimestre de l'enseignement et à la fin de l'année universitaire ;

Par un examen à la fin de la deuxième année.

Chaque examen comporte une seule session par an.

1° Le premier examen subi à la fin du premier trimestre de l'année universitaire est constitué par un test d'aptitude. La nature de cette épreuve est déterminée par le conseil de l'unité de formation et de recherche assurant la préparation du diplôme après approbation du président de l'université.

L'autorisation de poursuivre les études en vue du diplôme d'études supérieures de chirurgie buccale est prononcée par le directeur de l'UFR d'odontologie après avis du responsable de la formation, compte tenu des notes obtenues au test d'aptitude et du dossier du candidat.

Nul ne peut être autorisé à se présenter plus de quatre fois au test d'aptitude.

2° Examens de fin de première et de deuxième année.

Ces examens comportent :

1. Des épreuves écrites anonymes portant sur l'enseignement théorique et dirigé ;

2. Une épreuve clinique ;

3. Une épreuve de pratique chirurgicale.

Pour être admis à s'inscrire dans l'année supérieure, les candidats doivent avoir obtenu la moitié du maximum des points.

Les candidats n'ayant pas satisfait aux conditions précisées au précédent alinéa accomplissent à nouveau la scolarité de première ou de deuxième année ; le bénéfice du succès à l'examen subi à la fin du premier trimestre de la première année leur reste définitivement acquis. Les candidats ayant été admis à cet examen ne peuvent prendre plus de deux inscriptions pour chacune des deux premières années d'études.

Art. 7. - Pour être admis à s'inscrire dans l'année d'études supérieures, les étudiants doivent avoir validé leurs stages cliniques.

Art. 8. - A l'issue de la quatrième année, les candidats subissent un examen de fin d'études donnant lieu à une session par an et comportant les épreuves suivantes :

1° Deux épreuves écrites anonymes d'une durée de trois heures chacune et portant sur l'ensemble du programme. Chacune des épreuves est notée de 0 à 20 ;

2° Une épreuve clinique ;

3° Une épreuve de pratique chirurgicale.

Pour être admis à subir les épreuves cliniques et pratiques, les candidats doivent avoir obtenu une note au moins égale à 10 sur 20 à chacune des deux épreuves écrites.

Les candidats qui n'ont pas satisfait aux modalités de contrôle des connaissances doivent accomplir à nouveau la scolarité de la quatrième année.

Art. 9. - Les épreuves écrites de l'examen de fin de quatrième année sont jugées par un jury national désigné par le ministre chargé de l'Enseignement supérieur et composé de cinq enseignants appartenant aux unités de formation et de recherche d'odontologie dont trois choisis parmi les enseignants titulaires de la sous-section de chirurgie buccale, pathologie et thérapeutique, anesthésiologie et réanimation.

Les épreuves cliniques et de pratique chirurgicale sont jugées par un jury désigné par le président de l'université sur proposition du directeur de l'unité de formation et de recherche d'odontologie après avis du professeur responsable de l'enseignement de ce diplôme. Ce jury est composé de cinq membres choisis parmi les enseignants titulaires participant à l'enseignement de ce diplôme dont deux enseignants appartenant à la 55e section, 3e sous-section, du Conseil national des universités. Deux au moins de ces cinq membres doivent être choisis dans une université différente.

Art. 10 (modifié par l'arrêté du 8 août 1991). - A titre transitoire, pendant trois ans à compter de la date d'entrée en vigueur de l'arrêté du 2 août 1989, des dispenses de scolarité et d'examens peuvent être accordées pour la première année ou les deux premières années d'études par le ministre chargé de l'Enseignement supérieur après avis d'une commission nommée par ce dernier et comprenant :

Quatre professeurs des universités - praticiens hospitaliers des centres de soins, d'enseignement et de recherche dentaires ;

Deux professeurs titulaires du premier ou du deuxième grade de chirurgie dentaire ;

Deux maîtres de conférences des universités - praticiens hospitaliers des centres de soins, d'enseignement et de recherche dentaires,

appartenant à la sous-section de chirurgie buccale, de pathologie et thérapeutique, anesthésiologie et réanimation, de la 57e section du Conseil national des universités.

Peuvent demander à bénéficier de ces mesures transitoires les personnes qui, à la date d'entrée en vigueur du présent arrêté, ont la qualité :

1. Soit d'ancien enseignant titulaire de la sous-section de chirurgie buccale, pathologie et thérapeutique, anesthésiologie et réanimation citée ci-dessus ;

2. Soit d'odontologiste titulaire des centres hospitaliers régionaux et centres hospitaliers généraux ayant quatre ans d'ancienneté dans la fonction ;

3. Soit d'assistant ou d'ancien assistant de la sous-section de chirurgie buccale, pathologie et thérapeutique, anesthésiologie et réanimation comptant au moins deux ans de fonctions effectives.

Art. 10 bis (ajouté par l'arrêté du 8 août 1991). - Les enseignants titulaires de la sous-section de chirurgie buccale, pathologie et thérapeutique, anesthésiologie et réanimation à la date d'entrée en vigueur de l'arrêté du 2 août 1989 peuvent, pendant quatre ans à compter de cette date, obtenir par équivalence le diplôme d'études supérieures de chirurgie buccale.

Art. 11. - Les droits annuels de scolarité exigés des étudiants inscrits en vue du présent diplôme sont ceux fixés par la réglementation en vigueur pour les certificats d'études supérieures de chirurgie dentaire.

Annexe

  • Enseignements théoriques : 500 heures
  • Enseignements dirigés ; 300 heures
  • Enseignements pratiques : 1 500 heures

Ces enseignements sont répartis sur l'ensemble des quatre années d'études.

Ils ne préparent pas à la chirurgie des cancers ; la chirurgie réparatrice, plastique et orthognatique ; la chirurgie des glandes salivaires majeures ; la chirurgie de l'articulation temporo-maxillaire ; la chirurgie des grands traumatismes maxillo-faciaux et celle des traumatismes des bases maxillaires et mandibulaires.

I. ENSEIGNEMENTS THÉORIQUES ET DIRIGÉS

Matières fondamentales : 300 heures

  • Anatomie de la tête et du cou (enseignements théoriques : 1/3 ; enseignements dirigés : 2/3) 120 heures
  • Immunologie 30 heures
  • Microbiologie 45 heures
  • Pharmacologie 60 heures

Matières spéciales : 500 heures

  • Pathologie et thérapeutique générales 175 heures
  • Pathologie et thérapeutique spéciales, y compris l'anatomie pathologique (enseignements théoriques : 1/3 ; enseignements dirigés : 2/3) 275 heures
  • Anesthésiologie, réanimation et urgences au cabinet dentaire 50 heures

II. ENSEIGNEMENTS PRATIQUES ET STAGES HOSPITALIERS

100 heures de travaux pratiques en laboratoire (dissections et lectures de lames) ;

1 400 heures de stages cliniques, réparties également sur les quatre années d'enseignement (à titre indicatif 3 demi-journées par semaine durant 40 semaines par an).

Deux années dans des services de consultations et de traitements dentaires ;

  • Une année dans les services de stomatologie et chirurgie maxillo-faciale ;
  • Deux semestres dans des services hospitaliers choisis pour leur complémentarité.

Date du dernier texte modificatif intégré : 26 février 1998

Date de la rédaction de la mise à jour : 30 octobre 2003

Le Guide des études médicales présente les textes de base concernant les études médicales, les établissements de santé et l'exercice professionnel. Nous avons apporté tous nos soins à présenter des textes actualisés. La date d'actualisation figure en bas de chaque document.


Les références restent cependant les textes officiels tels qu'ils figurent au Journal Officiel (JO) ou au Bulletin Officiel  du Ministère des Affaires Sociales, du Travail et de la Solidarité et du ministère de la santé, de la famille et des personnes handicapées (BOMASTS). On peut se procurer le Journal Officiel et le BOMASTS auprès de la Direction des Journaux Officiels - 26 rue Desaix - 75727 Paris. Les pouvoirs publics ont élaboré de remarquables sites internet publics. Le portail de l'administration française qui présente l'actualité juridique et législative générale peut être trouvé à l'adresse : http://www.service-public.fr le ministère de la santé a pour adresse : http://www.sante.gouv.fr 

Référence : DE360     Date de mise à jour et copyright : 30/10/2003 - ©Aventis

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

Contacts

 

 

 

 

Professeur Patrick GOUDOT

Président du Collège des Enseignants Hospitalo- Universitaires

Tél : 04 67 33 82 32

Email : p-goudot@chu-montpellier.fr

 

 

Dr Philippe VERMESCH, Président du CMSCMFF.

Tél. : 04 94 83 10 30.

Email : vermesch@club-internet.fr

 

 

Dr Charles-Yves DAÏEFF, Coordinateur du Livre Blanc.

Tél. : 01 47 63 06 35.

Email : cydaieff@noos.fr

 

 

Philippe ROLLANDIN, Responsable de la communication.

Tél. : 06 11 91 67 92.

Email : bouclages@wanadoo.fr

 

 

Collège des Médecins Stomatologistes et Chirurgiens Maxillo-Faciaux de France

Adresse postale : CMSCMFF, 22, Avenue de Versailles 7506 Paris

Tél : 01 40 50 32 40

Email : cmscmff@club-internet.fr

 

 

 

 

 

 


 

[1] Nous avons délibérément choisi cette dénomination. Chirurgiens-dentistes est le nom le plus courant, mais il introduit une ambiguïté avec celui des Chirurgiens Maxillo-faciaux. Odontologistes serait le terme le plus actuel, puisque les diplômés sortent des UFR d’Odontologie, mais il est inconnu du public.

 

 

 

[2] (Extrait du compte-rendu du rapporteur de l’Assemblée Nationale, lors de la création du doctorat en chirurgie dentaire (1971). Notons d’ailleurs que ce préambule est remarquablement ambigu, puisqu’il précise que « le docteur en Chirurgie Dentaire verra son art limité exclusivement aux dents, à la bouche et aux maxillaires », ce qui est exactement la définition de la mission du médecin stomatologiste.

 

 

[3] PCEM 1 : Première année Préparatoire Commune aux Études Médicales

[4] D.E.S. : Diplôme d'Études Spécialisées

[5] D.E.S.C. : Diplôme d'Études Spécialisées Complémentaires

[6] U.F.R. : Unité de Formation et de Recherche

 

[8] www.sante.gouv.fr/htm/actu/odontologie/rapport.pdf

[9] Ces renseignements historiques sont tirés du site de la Faculté de Chirurgie–dentaire de Paris V : www.odontologie.univ-paris5.html.QEMRWXUBQ4NJB26E;shtml

Les chiffres de 1993 sont tirés de la thèse de Mme le Dr. C. Debeney-Bruyère

 

 [10]