1999

Les médecins dans l'union européenne  

Sommaire




Dans le cadre de la Conférence Internationale des Ordres, une enquête statistique a été lancée au cours du 3eme trimestre 1998, avec le but de mieux cerner les similitudes et les différences du corps médical dans chacun des 15 pays de l'Union Européenne.
Nous présentons ci-dessous l'analyse qui a pu être faite sur la base des réponses au questionnaire de l'enquête. A ces informations, ont été adjointes en complément des données fournies par d'autres organismes (Eurostat, INSEE, INED, Annuaires statistiques nationales).
Sur les 15 pays, plus la Suisse, qui ont été sollicités, seulement 3 n'ont pas encore a ce jour renvoyé le questionnaire (le Danemark, l'Espagne et le Portugal). La plupart des pays ont donc accepté de fournir des renseignements chiffrés sur leur corps médical même si les données sont loin d'être homogènes. Pour les pays n'ayant pas encore renvoyé le questionnaire, il a fallu faire appel a d'autres sources afin de présenter au minimum les effectifs globaux de médecins et les densités médicales.
Dans toute comparaison internationale, la prudence s'impose, car les terminologies varient d'un pays a l'autre et ne recouvrent pas toujours la même réalité. Il est donc nécessaire en premier lieu d'essayer de définir chaque terme. En effet, si la notion de diplôme de docteur en médecine est uniforme d'un pays a l'autre, il n'en va pas de même lorsque l'on subdivise la profession médicale en sous-groupes. Le terme de « médecin en activité » par exemple recèle un sens variable selon les pays, celui de « spécialiste » également. Une spécialité donnée peut recouvrir des réalités et des modalités de pratique très différentes d'un pays a l'autre.
Ce travail se présente de la manière suivante :



I.- POPULATION ET MEDECINS DANS LES 15 PAYS DE L'UNION EUROPEENNE D'AUJOURD'HUI ET LA SUISSE

Les définitions sont extraites d'une note de la Commission Européenne, Eurostat, 1998. Elles sont présentées a titre provisoire, sous réserve de précisions ultérieures.

1.- L'Allemagne


2.- L'Autriche


3.- La Belgique

 

4.- Le Danemark


5.- L'Espagne


6.- La Finlande


7.- La France


8.- La Grèce


9.- L'Irlande


10.- L'Italie


11.- Le Luxembourg


12.- Les Pays Bas


13.- Le Portugal


14.- Le Royaume Uni


15.- La Suède


16.- La Suisse


L'Europe des Quinze

 

II.- L'EVOLUTION DE LA POPULATION DANS L'EUROPE

 



III.- L'EUROPE MEDICALE

 



CONCLUSION ET PISTES DE RECHERCHE

Ce travail, malgré ses faiblesses dans l'exhaustivité des données a le mérite de faire le bilan de l'existant. Certes il n'est jamais aisé de procéder a des comparaisons internationales et cela nécessite une grande prudence dans l'interprétation. Néanmoins, si l'on désire avancer dans la connaissance de l'Europe médicale et éventuellement prendre des mesures pour améliorer l'organisation des soins, mieux vaut commencer l'analyse avec les éléments dont on dispose.

Ce bilan de l'existant permet de constater que les écarts de médicalisation autour d'une moyenne européenne sont importants. Il y a les pays très médicalisés comme l'Italie ou la Grèce et les pays plus faiblement médicalisés comme le Luxembourg, les Pays Bas ou le Danemark.

En ce qui concerne la population et son évolution, les pays européens auront moins d'enfants, ils vieilliront plus vite. Mais la encore, certains pays verront le nombre de leurs personnes âgées occuper une place plus prééminente que d'autres. Les pays du Sud de l'Europe, par exemple, n'accroîtront pas leur population, feront peu d'enfants, et le nombre de personnes âgées pèsera plus lourd que dans les pays de l'Europe du Nord. L'Allemagne fait exception, car ses indices se rapprochent plus des pays du sud. L'organisation du système de soins devra bien évidemment tenir compte de ces situations.

Quant au corps médical, il est vraisemblable qu'il sera vieillissant avec là encore des variations nationales. Aujourd'hui la Finlande détient le record de faiblesse du nombre de médecins retraités par rapport aux médecins actifs. A l'opposé, l'Allemagne enregistre un ratio très élevé de praticiens du 3eme âge.

La féminisation elle aussi aura tendance a s'accentuer. On observe, malgré l'aspect parcellaire des données, que le corps médical de l'Europe du Nord est plus féminisé que celui de l'Europe du Sud.

Le poids des spécialistes en regard des généralistes est lui aussi très variable d'un pays a l'autre. Dans certains pays la répartition est a peu près égale. C'est le cas de la Belgique, de la France et du Royaume Uni, dans d'autres, les spécialistes sont beaucoup plus nombreux que leurs confrères généralistes, le cas le plus extrême étant celui de la Suède avec quatre fois plus de spécialistes que de généralistes. Mais la, les divergences de définition empêchent toute conclusion hâtive.

En analysant spécialité par spécialité pour chacun des pays européens, on observe une certaine homogénéité dans la répartition des spécialités. Les internistes sont en général les plus nombreux excepté en France ou ils sont dépassés par les psychiatres et en Italie par les pédiatres. Ces derniers sont également nombreux en Grèce La manière occupe une place plus importante en Allemagne que dans les autres pays, alors que l'ophtalmologie est mieux représentée en Belgique et en France.

Les premiers éléments de cette analyse doivent servir de prémices a d'autres recherches et études comparatives.

On peut citer comme futures pistes, l'analyse des migrations de médecins entre les divers pays européens avec en amont l'analyse des migrations d'étudiants en médecine.

Il serait également intéressant de connaître avec plus de finesse l'âge des médecins dans les différents pays. Ces éléments ouvriraient des possibilités d'études prospectives, qui permettraient de mieux connaître la situation de l'offre du système de santé européen d'ici 30 ans. Comme corollaire les décideurs auraient la possibilité de remédier a certaines failles et mieux satisfaire les besoins des patients européens.