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CONSULTATION DU CORPS MEDICAL

sur l'exercice médical et la politique de Santé
                                                                               

                                                                                                (GROUPE UDF, ASSEMBLÉE NATIONALE)

Résultat du questionnaire                                                                                Accueil ; Retour aux Informations

    FICHE SIGNALÉTIQUE
    - Enquête nationale réalisée sans panel représentatif
    - Sur la période mai-juillet 1999
    - 11 000 questionnaires adressés
    - 2 589 formulaires retournés
    - 63 % des réponses émanent de généralistes
    - 32,5 % des réponses émanent de spécialistes
    - 4,5 % de formulaires retournés sans indication
    - 19,5 % de formulaires anonymes



AVENIR DE L¹ASSURANCE MALADIE

1) Sur l'avenir de l'assurance maladie, êtes-vous inquiet pour sa pérennité ?

        ? OUI     79 %
        ? NON     17 %
        ? NE SE PRONONCE PAS     4 %

COMMENTAIRE : Dans son ensemble, le corps médical semble très préoccupé par l'avenir de l'assurance maladie, en particulier en raison de son manque de moyens et de sa mauvaise gestion.

2) Etes-vous inquiet pour son fonctionnement ?

        ? OUI     88 %
        ? NON     17 %
        ? NE SE PRONONCE PAS     5 %

COMMENTAIRE : Assez généralement, les médecins sont sévères sur l'organisation de l'assurance maladie, ses lourdeurs administratives, son insuffisante transparence. Plus encore, ils refusent d'être considérés comme seuls responsables du coût social de la santé.

3) Etes-vous inquiet pour la bonne prise en charge de vos patients et de leurs pathologies ?

        ? OUI     81 %
        ? NON     16,5 %
        ? NE SE PRONONCE PAS     2,5 %

COMMENTAIRE : La dimension budgétaire ne tient pas compte des pathologies et des progrès de la médecine qui conduisent inévitablement à une progression des dépenses. Tel est le sentiment du plus grand nombre.

4) La pérennité de l'assurance maladie, passe t-elle par :
        ? Le maintien du monopole de la sécurité sociale     21,5 %
        ? La mise en concurrence des caisses     41,5 %
        ? L¹ouverture à des assurances privées     46 %

COMMENTAIRE : Les médecins n'excluent plus le recours à la concurrence des caisses et à l'ouverture à des  assurances privées pour assurer une bien meilleure gestion financière de notre système d'assurance maladie, ce qui permettrait, en outre, d'éviter de tomber, demain, dans un service minimal de santé. Attention, toutefois, à protéger les patients à pathologie lourde.

5) La préservation de notre système d'assurance maladie passe t-elle par une responsabilisation de tous les acteurs ?

        ? OUI     93,5 %
        ? NON     4 %
        ? NE SE PRONONCE PAS     2,5 %

COMMENTAIRE : Très largement, ils disent ne plus vouloir porter seuls la responsabilité de la dégradation de l'assurance maladie. Les médecins veulent que les patients soient eux aussi responsabilisés et, éventuellement sanctionnés lorsqu'il y a abus. Une question sur ce dernier point aurait recueilli une forte majorité.


RELATIONS MEDECIN ET PATIENT

1) Quel rôle doit avoir le médecin généraliste vis à vis de son patient ?

        ? Celui de médecin de famille avec maintien du choix     89 %
        ? Celui d'orienter vers un spécialiste     45 %
        ? Celui de coordonner son dossier     23 %
        ? Celui de médecin référent     4 %
        ? Autres     0 %
                                    (Plusieurs réponses possibles)

COMMENTAIRE : Si la conception du médecin de famille est plébiscitée, la notion de médecin référent est rejetée dans des proportions plus fortes encore. Alors même que nombreux sont ceux qui avouent ne pas voir ce qui les distingue. Il y a là indiscutablement un blocage qui relève davantage de la sémantique que du concept même de médecin référent.

2) Les relations entre les médecins et les patients seront t-elles simplifiées et clarifiées par une meilleure prise en charge de l'aléa
thérapeutique ?

        ? OUI     50,5 %.
        ? NON     27,5 %
        ? NE SE PRONONCE PAS     22 %

COMMENTAIRE : II s'agit là d'un sujet qui justifierait une étude plus approfondie.
Les différents commentaires tendent à montrer que rien ne remplace le lien de confiance qui lie le malade à son médecin et qu'il y aurait un risque pour notre système de santé de s'orienter vers le modèle américain. Cela étant, le nombre de réponses positives laisse entendre qu'il y a là une demande relative à l'aléas thérapeutique.

3) Les relations entre les médecins et les patients doivent-elles s'orienter vers une reformulation du contrat de confiance pour éviter notamment le nomadisme médical ?

        ? OUI     42 %
        ? NON     45 %
        ? NE SE PRONONCE PAS     13 %

COMMENTAIRE : Là encore, les avis ne sont pas tranchés, sauf à dire dans une belle unanimité que la confiance ne se décrète pas... mais aussi qu'elle est de moins en moins automatique, comme l'atteste le nomadisme médical.

4) Le principe du paiement à l'acte doit il être réaffirmé ?

        ? OUI     84,5 %
        ? NON     7,5 %
        ? NE SE PRONONCE PAS     8 %

COMMENTAIRE : Très fortement attachés au paiement à l'acte, souvent commenté avec une extrême vigueur les médecins consultés concentrent leurs remarques sur deux thèmes principaux :
    - On ne veut pas devenir des fonctionnaires de santé.
    - Le paiement à l'acte constitue le premier degré de responsabilisation des patients.


BESOINS DE SANTE DE LA POPULATION

Une meilleure prise en charge des besoins de santé de la population passe-t-elle par :

        ? Davantage de décentralisation du système de soins     39 %
        ? Un rôle mieux défini de l'échelon régional     25 %
        ? Un rôle mieux défini de l'échelon départemental     32 %
        ? Le recensement régulier et évalué de l¹état sanitaire par  les Conférences régionales de l'offre de soins     42 %
        ? Une réorganisation de l¹offre de soins     30 %
            (Plusieurs réponses possibles)

COMMENTAIRE : Le rôle des Conférences régionales dans l'évaluation sanitaire est ici salué.


PLACE DE LA PREVENTION

1) La place accordée à la prévention dans notre système de santé vous semble-t-elle suffisante ?

        ? OUI      17 %
        ? NON      79,5 %
        ? NE SE PRONONCE PAS     3,5 %

COMMENTAIRE : Dans ce domaine, de nombreuses insuffisances sont constatées : absence de véritable formation et d'informations pour les praticiens, sensibilisation quasi inexistante dans les écoles, collèges et lycées, trop faible prise en charge financière de la prévention parla sécurité sociale. Revient souvent le fait que la politique de santé publique n'intègre pas la prévention.

2) Comment, selon vous, la prévention peut-elle s'inscrire à côté du curatif ?

        ? Par un développement des campagnes de prévention et d¹éducation à la santé     50,5 %
        ? Par une réorganisation de la chaîne des responsabilités entre les caisses, les ARH, les DRASS,
           les diverses associations     19 %
        ? Par l'introduction dans le cadre de la formation initiale ou continue de modules spécifiques à la prévention    34 %
        ? Par une implication financière des médecins libéraux     49 %
        ? Autres suggestions     4 %
            (Plusieurs réponses possibles)

COMMENTAIRE : II ne peut y avoir de prévention que dans la mesure où il y aurait une véritable implication financière de l'Etat et de la sécurité sociale pour promouvoir de grandes campagnes nationales relayées sur le terrain par les médecins qui seraient formés et rétribués pour cela.


RELATION GENERALISTES ET SPECIALISTES

1) Comment envisagez vous l'avenir de la relation entre les médecins généralistes et les médecins spécialistes ?

        ? Vers une concurrence    10,5 %
        ? Vers une synergie    73 %
        ? Vers un statu quo    16,5 %

COMMENTAIRE : II apparaît, au regard des remarques formulées sur cette question, une volonté affirmée d'une plus grande solidarité à l'intérieur du corps médical qui devrait constituer un ensemble cohérent, au delà de ses disparités évidentes. On retrouve cette tendance dans les réponses apportées à plusieurs autres questions de cette enquête.

2) Etes-vous favorable à un accès direct du patient à un spécialiste ?

        ? OUI    48 %
        ? NON    22 %
        ? Pour certains spécialistes seulement    30 %

COMMENTAIRE : Au nom du principe de libre choix de son médecin par le patient, mais aussi pour des considérations financières (deux consultations au lieu d'une seule), une majorité de médecins sont favorables à l'accès direct à un spécialiste, en particulier pour ceux qui exercent certaines spécialités telles que la pédiatrie, la gynécologie, la psychiatrie ou l'ophtalmologie.
Dans les réponses négatives, on notera qu'il y presque autant de généralistes que de spécialistes.


MAITRISE DES DEPENSES DE SANTE

1) Selon vous, le tiers payant est-il inflationniste ?

        ? OUI    81 %
        ? NON    12 %
        ? NE SE PRONONCE PAS    7 %

COMMENTAIRE : Les réponses sont sans équivoques et les commentaires non moins tranchés pour rejeter le tiers payant au motif qu'il est déresponsabilisant et inflationniste.

2) Etes-vous favorable à une généralisation du tiers payant ?

        ? OUI    9 %
        ? NON    89 %
        ? NE SE PRONONCE PAS    2 %

COMMENTAIRE : Défavorables au tiers payant, les médecins sont, a fortiori, très hostiles à sa généralisation qui, au delà de son caractère inflationniste, dévaloriserait l'acte médical et réduirait le médecin à l'état de « fonctionnaire de santé ». Nombreux sont ceux qui soulignent que le fait de payer une consultation concourt à l'établissement du contrat de confiance.

3) Le carnet de santé peut-il contribuer à réguler les dépenses de santé ?

        ? OUI    36,5 %
        ? NON    54,5 %
        ? NE SE PRONONCE PAS    9 %

COMMENTAIRE : Si une majorité considère que le carnet de santé n'est pas un outil de régulation des dépenses de santé, il faut toutefois regarder de près les observations qui accompagnent ces réponses. Ce n'est pas tant le carnet de santé en lui-même qui est rejeté mais la mauvaise utilisation qui en est faite, tant par les patients qui ne le présentent quasiment jamais que par les médecins qui le remplissent de manière trop incomplète. En conséquence, il ne peut pas remplacer le dossier médical.

4) Faut-il le rendre obligatoire et opposable ?

        ? OUI    27 %
        ? NON    64,5 %
        ? NE SE PRONONCE PAS    8,5 %

COMMENTAIRE : Les mots « obligatoire » et « opposable » créent un réflexe puissant de rejet auprès d'une profession d'abord attachée à la notion de liberté et qui plus est, ne croit pas à l'efficacité du carnet de santé, dépassé à l'heure de l'informatique.

5) L'informatisation de votre cabinet concourt-elle à un meilleur suivi de vos patients?

        ? OUI    54 %
        ? NON    39 %
        ? NE SE PRONONCE PAS     7 %

COMMENTAIRE : La date d'installation du praticien est souvent déterminante dans sa réponse : culture de l'écrit et informatisation toujours difficile des dossiers déjà constitués. De plus, « l'informatique ne remplacera jamais le médecin ».

6) Utilisez-vous d'ores et déjà la carte vitale 1 ?

        ? OUI    7 %
        ? NON    87 %
        ? NE SE PRONONCE PAS    6 %

COMMENTAIRE : Deux éléments de réponse fondent ce taux important de 87 % :
    - Le système n'est pas au point. lls souhaitent attendre que cela fonctionne.
    - Il n'y a pas de raison de faire le travail de la sécurité sociale.

7) Utiliserez-vous la carte vitale 2 ?

        ? OUI    40 %
        ? NON     38 %
        ? NE SE PRONONCE PAS     22 %

COMMENTAIRE : Le taux d'utilisation est beaucoup plus élevé que pour celui de Vitale 1 parce qu'elle sera beaucoup plus pratique et son contenu permettra de se rapprocher du dossier médical.

8) Pensez-vous utile de développer les bonnes pratiques médicales par l'application des RMO ?

        ? OUI    54 %
        ? NON    29 %
        ? NE SE PRONONCE PAS    17 %

COMMENTAIRE : Paradoxalement, le faible taux de réponses positives ne reflètent pas les commentaires que suscitent les RMO qui, dans l'ensemble, sont jugés utiles et efficaces pour contrôler la qualité des soins et, le cas échéant aussi, pour les opposer aux patients en cas de contestation. Revient souvent aussi la nécessité de pouvoir introduire la notion de « particularité du malade ». Les réponses négatives sont généralement fondées sur le caractère par trop administratif des RMO.

9) Le non-respect des RMO, doit-il être sanctionné par :

        ? Le Conseil de l'Ordre régional    16 %
        ? L'Union régionale des médecins libéraux    23 %
        ? Le tribunal de la sécurité social    0 %
        ? Autres    1 %
        ? Ne pas être sanctionné    53 %
            (Plusieurs réponses possibles)

COMMENTAIRE : Si les RMO sont acceptés par une petite majorité de médecins, elles ne doivent constituer en aucun cas un outil sur lequel se fonderaient des sanctions pour non respect, en particulier si les sanctions devaient venir de la sécurité sociale.


LIBERTE D¹INSTALLATION

1) La liberté d'installation doit-elle être, selon vous, soumise à des critères démographiques ?

        ? OUI    47,5 %
        ? NON     39 %
        ? NE SE PRONONCE PAS    13,5 %

COMMENTAIRE : Des réponses contrastées, en partie liée au lieu d'exercice (milieu urbain ou rural) des médecins. Les critères démographiques sont jugés nécessaires pour assurer les besoins de santé des populations qui habitent en zone rurale, mais inutile lorsque la concurrence est là pour assurer la promotion des « bons médecins ».

2) Etes-vous plutôt favorable à une organisation

        ? En réseau (pathologique ou géographique)    47,5 %
        ? En filière    13,5 %
        ? NE SE PRONONCE PAS    39,5 %
COMMENTAIRE : Cette question n'inspire pas de remarque particulière et le fort taux de médecins ne se prononçant pas indique qu'il ne s'agit pas d'un sujet primordial pour les médecins


LIEN MEDECIN ET HOPITAL

1) Etes vous satisfait du mode d'exercice des médecins libéraux en milieu hospitalier ?

        ? OUI    22 %
        ? NON    39,5 %
        ? NE SE PRONONCE PAS    38,5 %

COMMENTAIRE : Beaucoup de médecins consultés ne se prononcent pas sur cette question, souvent parce qu'ils ne sont pas concernés directement par le milieu hospitalier. On note cependant que le système actuel n'est pas considéré comme satisfaisant, en particulier en raison de la trop grande coupure qu'il y a entre les deux systèmes.

2) Souhaiteriez-vous avoir la possibilité de suivre votre patient lors de son hospitalisation ?

        ? OUI    64,5 %
        ? NON    17,5 %
        ? NE SE PRONONCE PAS    18 %

COMMENTAIRE : La majorité des réponses positives repose sur une double motivation : l'enrichissement intellectuel et humain, la mise à jour des connaissances. Ce taux de réponses positives illustre, par ailleurs, la nécessité de renforcer les liens entre la médecine ambulatoire et l'hôpital. Suivre son patient à l'hôpital semble constituer pour beaucoup un « vrai plus ».

3) Souhaiteriez vous exercer à temps partiel à l'hôpital ?

        ? OUI    39,5 %
        ? NON    47 %
        ? NE SE PRONONCE PAS    13,5 %

COMMENTAIRE : Sur cette question, les commentaires sont paradoxalement plus contrastés : si le désir de suivre son patient à l'hôpital est réel, l'univers hospitalier paraît encore aux médecins libéraux quelque peu hostile, administratif et cloisonné. L'ouverture de l'hôpital constitue donc une nécessité pour éviter la dualité public/privé et une certaine forme de corporatisme.
Parmi les médecins qui ne souhaitent pas exercer à l'hôpital, nombreux sont ceux qui le justifient par le manque de temps qu'ils auraient à y consacrer.

4) Dans le cadre d'un rapprochement entre le médecin traitant et l'hôpital, quel serait le degré d'implication qui vous semblerait le plus adéquat :

        ? Le médecin traitant est associé comme consultant au cours du séjour hospitalier de son patient    61 %
        ? Le médecin traitant est intégré à l'équipe médicale et il pourrait pratiquer des soins à son patient    14 %
        ? Le médecin libéral prendrait des gardes d'urgence à l'hôpital dans un Centre d'accueil de soins    21 %
            (Plusieurs réponses possibles)

COMMENTAIRE : On retrouve ici la logique du suivi du patient sans véritable engagement du praticien dans le système hospitalier. On notera, toutefois, qu'un médecin sur cinq se déclare prêt à assurer des gardes d'urgences à l'hôpital. Il y a là certainement une réflexion à mener, en particulier face aux problèmes croissants que rencontrent les services d'urgences toujours plus saturés.

5) Dans le cas d'un rapprochement, quel mode de rétribution proposeriez-vous ?

        ? Les honoraires    32 %
        ? Un forfait    26 %
        ? La création d'un statut de «médecin associé»    17 %
        ? AUTRES SUGGESTIONS    25 %
            (Plusieurs réponses possibles)

COMMENTAIRE : Le réflexe libéral prime. Les seuls points saillants résident dans le refus de « l'embrigadement » et de la fonctionnarisation et donc dans toutes les formes de statut qui figeraient des situations nouvelles.


FORMATION

l) Quel type de formation croyez-vous être la plus efficace pour la santé de vos patients ?

        ? Une formation initiale à dominante scientifique    16 %
        ? Une formation davantage tournée vers la pathologie et la thérapeutique des soins    70 %
        ? Une formation qui permet un contact plus précoce avec le malade    38 %
            (Plusieurs réponses possibles)

COMMENTAIRE : Le très fort taux de réponses en faveur d'un enseignement tourné davantage vers la pathologie et la thérapeutique des soins illustre explicitement la nécessité de reconsidérer l'enseignement de la médecine jugé comme étant        « trop favorable aux matheux et pas assez aux cliniciens ». Ces commentaires ne sont pas l'apanage des générations les plus âgées des médecins, mais se retrouvent aussi dans la génération de ceux qui viennent de s'installer. Il s'agit là encore d'un vrai sujet de réflexion et de réforme.

1) Etes-vous favorable à la certification obligatoire des médecins tous les 7 ans ?

        ? OUI    22 %
        ? NON    74 %
        ? NE SE PRONONCE PAS    4 %

COMMENTAIRE : En dehors des réactions nombreuses qui rappellent la longueur des études, le fait qu'aucune autre profession ne soit soumise à une telle contrainte, ( en particulier les hauts fonctionnaires), il se dégage une logique assez largement partagée : le médecin est jugé par son patient. Un mauvais médecin perd sa clientèle.
    22 % des médecins se disent pourtant favorables à la certification obligatoire, considérant que la formation permanente constitue le fondement même de la pratique médicale qui a vocation à toujours s'ouvrir sur la recherche et le progrès, au service du patient.

2) Dans la négative, êtes-vous favorable, à la place de la recertification obligatoire, à la création d'un statut de «médecin certifié, non obligatoire, revalidé tous les 5 ans :

        ? FAVORABLE    18,5 %
        ? DEFAVORABLE    52,5 %
        ? NE SE PRONONCE PAS    29 %

COMMENTAIRE : Cette solution intermédiaire est mal acceptée, en particulier parce qu'elle créerait dans le monde médical une catégorie supplémentaire de médecins, induisant par là même une « sous catégorie ». Or globalement, les commentaires montrent le désir d'unifier une profession déjà très éclatée.

5) Souhaitez-vous une convention unique ou deux conventions, l'une pour les généralistes, l'autre pour les spécialistes ?

        ? CONVENTION UNIQUE    65 %
        ? CONVENTIONS SEPAREES    24 %
        ? NE SE PRONONCE PAS    11 %

COMMENTAIRE : Ces réponses s'inscrivent dans la logique précédente et la même aspiration : réunir les médecins et non les diviser.


LIBERTE DE PRESCRIPTION

1) En matière de liberté de prescription, êtes-vous favorable au droit de substitution donné aux pharmaciens ?

        ? OUI    57 %
        ? NON    35 %
        ? NE SE PRONONCE PAS    8 %

COMMENTAIRE : Oui au droit de substitution...

2) Souhaitez-vous que la substitution ne soit possible qu'avec l'autorisation préalable et expresse du médecin ?

        ? OUI    52 %
        ? NON    40 %
        ? NE SE PRONONCE PAS    8 %

COMMENTAIRE : Pour peu qu'il soit encadré ! En particulier pour protéger le patient et les pharmaciens des pressions des laboratoires pharmaceutiques mais aussi pour la simple défense du droit à la libre prescription. Très nombreux sont les commentaires qui soulignent le lien irremplaçable entre le patient et son médecin, lien qui crée une responsabilité qui ne doit pas être remise en cause. La prescription demeure un acte médical majeur dont la responsabilité ne peut être partagée aisément.

3) S'il fallait retenir une priorité pour faciliter l'exercice de votre profession, quelle serait-elle selon vous ?

 COMMENTAIRE :
Trois axes majeurs se dégagent de cette consultation :

    1- Moins d'Etat, moins d'administration, moins de contrôle, plus de confiance : la médecine s'exerce d'abord dans un cadre libéral fondé sur un rapport de confiance entre un malade et son médecin. Rétablir la confiance entre le médecin et son patient, c'est d'abord rétablir la confiance de l'Etat envers le monde médical aujourd'hui asphyxié par les contraintes administratives, les contrôles, la paperasserie, et découragé par le manque de considération dans lequel on le maintient.

    2- Crainte d'une dérive du modèle de santé français vers un système à l'anglaise, avec une médecine à deux vitesses, largement étatisée et qui induit une perte sensible du niveau des soins.
        D'où la nécessité de créer les conditions de la pérennisation d'un modèle qui avait fait ses preuves, celui de la médecine libérale à la française, notamment par une meilleure responsabilisation des patients.

    3- Assurer une plus juste rétribution de l'acte médical : un nombre d'actes toujours croissant pour un revenu toujours décroissant, tel est le sentiment largement partagé des médecins sur leurs perspectives financières.

4) Aujourd'hui, si vous aviez le choix, exerceriez-vous la même profession et la conseilleriez-vous à vous enfants ?

        OUI    44 %
        NON    56 %

COMMENTAIRE :
Dans les réponses obtenues, le chiffre de 56 % de « non » serait supérieur si l'on retenait la distinction faite par certains entre leur cas personnel et le souhait émis pour les enfants.

Un paradoxe dans les réponses qui laisse quelque espoir :
    1. Forte démotivation d'une profession dont l'avenir lui paraît incertain
    2. Un métier ingrat qui n'en demeure pas moins le plus beau de tous.

Un espoir à faire vivre
Considération et confiance sont au coeur des solutions pour sortir le corps médical de son état de dépression qui, en définitive, ne demande qu'une seule chose : ne pas être considéré comme seul responsable d'une situation  dont il se sent aujourd'hui la première victime.
 

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