Cette
longue durée de retraite implique donc, pour être réussie, une préparation
très sérieuse : préparation psychologique, pratique, financière,
familiale, ludique.
Cette
présentation ne se veut pas exhaustive de tous les problèmes qui se posent,
mais, tenant compte d’expériences vécues, cherche à être essentiellement
pratique.
Elle
sera très utilement complétée par la lecture d’un opuscule écrit par
Marie-Claude Barbier : « Préparer sa retraite » (Ed.
Masson) qui traite plus spécialement et en détail des problèmes financiers.
Il
est important de commencer par cela, parce que c’est la clef de la réussite
ultérieure. En effet, on peut subir sa retraite comme un échec si l’on y
est contraint par la maladie, une diminution des performances, une fatigue
anormale à la station debout, alors que l’idéal est d’en faire un choix
volontaire, réfléchi, prévu, donc un acte positif, un choix de mode de vie,
quand il est encore temps.
Un
des avantages considérables des professions libérales, c’est la liberté
de choisir la date de sa retraite, très tard parfois (merci pour les
générations futures, puisque la poursuite du versement des cotisations
après 65 ans n’augmentera pas de façon significative la pension reçue) ou
plus tôt, grâce au MICA. Mais une retraite, c’est fondamentalement une
autre vie, et il va donc falloir "s’adapter". Or, avec les
années, il est bien connu que l’adaptabilité diminue. Combien de
retraités s’ennuient et s’éteignent vite qui ont voulu poursuivre leur
activité au-delà des fameux 65 ans, et n’ont plus eu le ressort physique
et intellectuel pour s'adapter quand ils se sont arrêtés à 70 ou 75 ans.
Dans
cette optique il est important des lister ses «hobbies », et de
prévoir ceux qui pourront être développés ou entrepris (bridge, golf,
bénévolat, activités artistiques, etc.)
Cela
revient à dire qu’il faut se préparer plusieurs années à l’avance pour
que la retraite ne soit pas un coup du sort, subi.
Plusieurs
actions sont à entreprendre tôt,
2 ans avant parfois :
Ø
Lister
les formalités à accomplir.
Cela peut
paraître un peu scolaire, mais elles sont suffisamment nombreuses pour que
l'on écarte le risque d'en oublier ou de dépasser des dates (par exemple,
pour le contrat de conversion). Ce sont :
- la
CARMF.
- la Caisse
Primaire de Sécurité Sociale à laquelle vous devez indiquer que vous ne
prescrirez plus à partir de telle date (prescriptions permises pour
vous-mêmes et votre entourage proche avec la mention "médecin
retraité" sur l'ordonnance, avec droit à remboursement des
médicaments, mais pas de la consultation, bien entendu )
- l'inspection
des impôts
- la
caisse nationale vieillesse des travailleurs salariés (CNAVTS), s'il y a
lieu.
- les autres
caisses de retraite complémentaires et notamment l'IRCANTEC.
- votre
propriétaire si vous avez un bail,
- vos
confrères si vous êtes en groupe.
- votre
assurance professionnelle, pour résilier votre contrat. Si
vous continuez à avoir des activités médicales bénévoles (médecin de
théâtre par exemple) il peut être prudent de conserver une assurance pour
médecin retraité.
- les ASSEDIC
- votre
personnel, à cause du préavis légal mais
celui-ci peut être anticipé.
Ø
Reconstituer
sa carrière :
- carrière
libérale :
cela est assez facile puisque,
chaque année, la CARMF donne le nombre de points acquis dans les années
précédentes et il suffit alors de multiplier ce nombre
par la valeur du point pour connaître la retraite que l’on aura, et
cela dans les 3 régimes obligatoires (régime de base, ASV, régime
complémentaire).
Pour le
régime général, les versements faits au-delà de 150 trimestres (37,5
années) ne donnent aucun droit. En revanche, pour les autres régimes, le
nombre des points augmentent chaque année. Or, s’il ne vous reste que peu
d'années pour profiter d’une retraite majorée, où est l’intérêt ?
Il peut être
très utile de contacter la CARMF pour étudier, avec un conseiller, la
possibilité de "racheter des points", que ce soit au titre
des années d’externat, d’internat ou de service militaire. Le rachat de
points est toujours une bonne affaire : avantageuse au plan fiscal,
immédiatement, puisque déductible ; rentable au plan
financier, pour peu que l’on vive plus de 7 ans environ après sa
prise de retraite.
- carrière(s) salariée(s) :
quel que soit le salariat, (clinique, dispensaire, centre de soins, hôpital,
etc.), on a obligatoirement cotisé à la Caisse Nationale Vieillesse des Travailleurs Salariés (CNAVTS :
01 40 37 37 37. - 75951 PARIS CEDEX 19). Il suffit de téléphoner à cette
caisse pour connaître l’antenne locale proche de son domicile, s’y rendre
avec la totalité de ses différents bulletins de salaires des différents
employeurs, son livret de famille (puisqu’il y a des majorations par enfant),
et là, le conseiller fera devant vous le total des droits acquis et la
projection de la retraite possible dès 60 ans. Il pourra aussi vous faire
prendre conscience de certains manques dans vos documents qui seront à
compléter calmement et non dans la précipitation.
- les caisses complémentaires,
dont vous devez avoir conservé les documents, sont également à contacter,
mais c'est souvent la dernière qui vous a pris en charge qui à la totalité
de votre dossier
- l'IRCANTEC : tout médecin a eu, ne serait-ce que quelques mois, au cours de ces études, une activité salariée hospitalière, et à ce titre a acquis des droits, si minimes soient-ils, auprès de cette Caisse de retraite des agents non titulaires de l'État et des Collectivités locales. Contactez l'IRCANTEC, 24, rue Louis Gain, 49039 ANGERS CEDEX 01 ; 02 41 05 25 25, pour connaître votre situation.
Ø
Choisir la date de
cessation d'activité
Le 65 ème
anniversaire n'est pas une date butoir, comme dans les activités salariées.
On peut donc prolonger son activité autant que l'on veut, tout en se
rappelant 4 éléments :
- la poursuite
du versement des cotisations de retraite n'ajoute aucun droit pour le régime
de base de la CARMF, et le "plein "est fait pour la retraite S.S.
- les jeunes
confrères seraient bien heureux de prendre des places...
- les plus
belles années du "temps retrouvé" seront perdues si l'on attend
trop, à moins qu'on ne redoute le "tête-à-tête" avec
soi-même... ou avec son épouse,
- le total des
diverses retraites, épargnes de précaution et revenus des placements, joint
à la diminution des impôts peut parfois donner des revenus presque
identiques aux revenus professionnels.
Au contraire, il
est possible d'anticiper grâce au MICA
: "mécanisme
d'incitation à la cessation anticipée d'activité". Mis au
point en 1988, il a récemment été reconduit jusqu'en 2004. Le but
recherché est de diminuer le nombre des prescripteurs en espérant diminuer
ainsi la consommation des soins par diminution de l'offre. Initialement prévu
pour les 60 à 65 ans, ce mécanisme a été étendu un moment aux 57/ 60 ans,
avec en plus, pour eux, une prime progressive selon l'année d'arrêt. Le
rapport efficacité/coût ayant été très déficitaire, cette dernière
disposition devrait être rapidement abrogée.
Il reste que,
par ce mécanisme, le médecin qui anticipe l'âge de sa retraite reçoit une
"indemnité de remplacement" (IDR) qui représente environ 175.000
FF/an, net, c'est à dire les 2/3 de la retraite pleine qu'il touchera à 65
ans. Pendant cette période, il continue à cotiser aux régimes obligatoires.
Ce n'est donc pas une "liquidation anticipée" laquelle réduirait
de 5% par an, de façon définitive, ses droits à la retraite pleine. C'est
la CARMF qui verse cette IDR, mais les quelques 3500 utilisateurs actuels du
MICA ne vivent pas aux crochets de leurs confrères, puisqu'ils ont cotisé,
comme chacun, pour 0,70% de leurs revenus.
Quant à la
période idéale dans l'année, nous pensons que, compte tenu du trésor de
guerre qu'il faut se constituer, il est de loin préférable de s'arrêter en
milieu d'année plutôt qu'en fin d'année.
En effet, les
impôts concernent les revenus de l'année N – 1 et pour certaines charges
sociales N. – 2. Le fait d'avoir six mois de revenus professionnels permet
donc de constituer un volant de trésorerie pour régler ces impôts et
charges sociales. En outre les prochains impôts ne concerneront que six mois
de revenus, donc dans des tranches plus basses. Il sera aussi possible, tout
au long de cette demi-année, de réduire de son propre chef
le montant de ses tiers provisionnels, avec lettre motivée à la clé.
Au
contraire, s'arrêter en début d'année supprime tout revenu alors qu'il
faudra payer les impôts correspondants à l'exercice complet précédent.
De toutes
façons, il faut choisir une fin de trimestre, car les cotisations sociales
sont dues par trimestre entier commencé, comme d'autres charges.
N'oublions pas
enfin que le premier versement de retraite ne se fera qu'à terme trimestriel
échu, c'est-à-dire le 1 avril si l'on s'est arrêté le 1 janvier.
Ø
Licencier
le personnel du cabinet :
La
cessation d’activité professionnelle oblige à se séparer de sa ou ses
collaboratrices (teurs) : il s’agit d’un "licenciement
économique".
Il
faut téléphoner aux ASSEDIC pour connaître les différentes formalités
actualisées dont VOUS êtes responsable, et qui vous occuperont
plus de 6 mois. En particulier, cette forme de licenciement ouvre à
votre personnel un droit à un «contrat de conversion », pour qu’il
puisse s’adapter à un nouveau travail ou se remettre à niveau. Le fait de
l’en avoir privé, par votre négligence, vous fait condamner à tous coups
aux «prud’hommes ». Ce contrat est financé par les ASSEDIC, mais
aussi par vous... (en plus des primes d ‘ancienneté, de l'ordre de 20
à 30.000 francs par contrat). Ceci est donc à prévoir pour la trésorerie
Par
ailleurs la connaissance exacte des délais permet de choisir la date à
laquelle vous allez l’avertir de votre fin d’activité – pas trop tôt,
pour lui éviter la tentation de partir plus vite si ceci l'arrange, au risque
de vous laisser en plan les derniers mois, - pas trop tard pour respecter les
délais ou par correction s’il s’agit d’un(e) très ancien(ne)
collaborateur(trice).
Bien
sûr, il n'est pas interdit à votre successeur de reprendre votre
personnel... mais il est probable qu'il ne le fera pas. En effet l'évolution
et les coûts de l'organisation professionnelle entraînent une contraction de
certains postes de frais : ainsi, un secrétariat téléphonique d'une part et
un logiciel de dictée vocale d'autre part (1.500 francs !) peuvent très bien
permettre de se passer d'une secrétaire à plein temps.
Les situations
sont évidemment bien différentes selon que l’on est propriétaire ou
locataire, indépendant ou en groupe, mixte ou professionnel uniquement. C’est
dire que les conseils d’un professionnel seront très utiles.
Précisons que
cette éventualité se prévoit... au début de son activité professionnelle
ou dès que possible, en ayant à l’esprit qu’un achat avec emprunt, vaut
toujours mieux qu’une location, puisque les traites peuvent équivaloir à
un loyer. Après 10 ou 15 ans, on est propriétaire, sans loyer. En outre,
cela donne une grande tranquillité d'esprit quant à la pérennité de son
installation. Le raisonnement est évidemment semblable pour ce qui concerne
l'habitation principale.
Dans le cas
particulier où vous êtes indépendant et mixte, c’est-à-dire
professionnel et privé dans le même appartement dont vous êtes
propriétaire, il faudra songer à réintégrer dans le patrimoine
privé
la partie professionnelle des
murs, et cela trois ans avant la retraite. Pourquoi 3 ans ? Parce
qu’il se sera certainement produit une plus-value sur la valeur de ces murs.
Cette plus-value est taxable (16 + 10%), et le fait de s’y prendre assez
tôt permet d’étaler sur ces trois ans (le délai maximum) le paiement des
droits et leur amortissement.
Une
ultime précision : si vous êtes soumis à l’ISF, cette
réintégration (hélas inéluctable), va augmenter la base ISF imposable,
puisque le capital qui était jusqu'alors utilisé à usage professionnel
était exonéré.
Il y
a... bien longtemps, les clientèles (pardon, «le droit à présentation
à.. »), se vendait la valeur du chiffre d’affaires annuel. Ce temps
est révolu, et des cessions à 50% sont une excellente affaire. Des cessions
au 1/3 sont la base à espérer. Hélas, il n’est pas rare de pas trouver de
successeur et de devoir «mettre la clé sous la porte ». C’est dire
que dans son budget prévisionnel il est préférable de ne pas compter sur
cette vente, et de considérer son produit comme «un plus », bienvenu
certes, mais incertain.
Il
faut aussi savoir qu’au-delà de 150.000 francs, l’acheteur aura des
droits à payer. Mais rien n'empêche, pour les diminuer, de mettre le
matériel sous une rubrique à part, car la revente d’occasion n’est pas
taxable.
Les
ventes de «parts », qu’il s’agisse de cabinet de groupe ou de
clinique devraient être plus facilement réalisables, encore que...
La recherche d’un
successeur se fait de plusieurs façons :
-
bouche à oreille,
-
annonces dans «les
Cahiers du Collège »,
-
annonces dans les
diverses revues «dentaires », (selon le type d’exercice)
-
auprès des Conseils
de l’Ordre départemental,
-
dans les agences
spécialisées,
-
par
des courriers dans les services hospitaliers.
Là encore, il faut s’y prendre à l’avance. De plus, il faut
penser à convenir d’une certaine discrétion, vis à vis de son personnel
et de la clientèle, dans les réponses ou visites faites.
Ø Prévoir
le budget transitionnel
On ne répétera
jamais assez que le premier versement de la retraite n'interviendra que trois
mois après la cessation d'activité. Il faut organiser son budget et prévoir
:
- le solde des
impôts et des charges sociales qui sont immédiatement exigibles. La seule
consolation, c'est que six à huit mois plus tard, vous aurez la restitution
par le fisc d'une part, par les allocations familiales d'autre part, du trop
versé éventuel puisque, les années précédentes, les cotisations étaient
payables d'avance, même si elles étaient calculées sur les années
précédentes.
- le
"solde de tout compte" pour le personnel et notamment les
indemnités du contrat de conversion s'il y a lieu.
-
les dépenses de nouvelle installation personnelle, éventuellement
- les
"dépenses de fonctionnement" de votre nouvelle vie sans revenus
pendant 3 mois, en sachant que le poste des loisirs (spectacles, voyages etc.)
va être en notable augmentation.
Il s’agit
de faire la comparaison, chiffres en main, entre le train de vie actuel,
compte tenu des revenus professionnels existants, et ce qu’il va devenir une
fois ceux-ci remplacés par les diverses retraites, tout en prenant en compte
le fait que la minoration des revenus entraîne une diminution des impôts à
payer.
Les
situations personnelles étant tellement différentes, il est prudent de
recourir à un conseiller bancaire, patrimonial ou fiscal.
Dans
les cas où le train de vie reposait exclusivement sur les revenus
professionnels, et si l'on n'a pas prévu des ressources complémentaires (de
type Madelin ou PEP, par exemple), il va falloir «réduire la voilure »
et adapter son train de vie, voire son habitation.
Mais
si besoin est, on peut rechercher un complément de revenus : si la prise
de retraite interdit absolument toute activité médicale libérale, (en fait toute
activité "prescriptive" même bénévole), elle n’interdit pas
une activité médicale salariée (à la condition que les revenus obtenus soient
inférieurs au montant de la retraite) ou toute autre activité rémunérée
qu’elle soit commerciale, artistique ou autre.
A l’opposé,
la vente de l’appartement, de ses parts de clinique ou, par chance, de sa
clientèle ou bien un éventuel héritage, ont rapporté un certain pécule qu’il
va falloir «placer ». Suivant son importance, là encore, le recours à
un conseil peut s’avérer «rentable », et ce d’autant plus s’il y
a des dispositions familiales qui n’ont pas encore été prises :
protection du conjoint, donations aux enfants etc.
A
propos de conseillers financiers, indiquons qu'il en existe deux grandes
catégories :
le
conseil financier de votre banque qui est gratuit, mais qui a le gros
inconvénient de ne vous conseiller que les produits "maison" ;
un
conseil financier indépendant, sans doute plus attentif car ses honoraires
seront proportionnels à votre patrimoine (environ 0,2 à 0,3% HT annuels), et
qui a l'immense avantage de vous conseiller les produits financiers qu'il aura
pu détecter comme étant les meilleurs dans chaque catégorie. Par exemple la
Compagnie Nationale des Professionnels du Patrimoine (6, rue de Rome, 75008
PARIS – 01 44 69 88 88). ; www.cnpp.fr )
ou la "Finindep", association professionnelle de conseillers
indépendants, (21, rue St Fiacre, 78100 St Germain en Laye ; - 01 39 04 19
00) devraient pouvoir vous renseigner et
vous donner la liste de leurs membres.
On
peut imaginer plusieurs types de placement, en gros ceux qui conservent le
capital, - petit rendement, mais sécurité -, les placements qui assurent un
complément régulier de revenus, et des placements plus
«spéculatifs ». Certains se recoupent.
·
Revenus locatifs : on peut espérer un rendement net de 3 à 5%
pour les biens de grande valeur et 6 à 10% pour les petits appartements. Si
vous gérez vous-mêmes, il faut toujours prendre de grandes précautions (2
mois de garantie, caution, assurance "impayés et dégradations",
vérification des bulletins de salaire auprès des entreprises, etc.). Une
agence amputera votre revenu de 10% environ, mais vous met à l’abri de bien
des tracas.
Une
autre manière d'investir dans l'immobilier sans les soucis de la gestion est
de souscrire à des parts de sociétés civiles de placement immobilier (SCPI)
qui rapportent 6,5 à 7% de revenus nets. Depuis 2 ans, le marché de
l'immobilier de bureau est de nouveau en plein essor...
·
Assurance vie : il en existe de 2 sortes : "en francs", dont le
revenu est assez stable car basé sur les obligations, (entre 5,5% et 7%,
selon les années et les compagnies) ; ou bien "multisupports"
c’est à dire basé sur la valeur boursière d’un panier d’actions, de
SICAV et d’obligations, et dont le rendement est plus variable, allant de 30
% en 1999 à... 0 en 2000. Mais une assurance vie, c’est pour le long terme,
n’est ce pas ! **
[2]
.
L'intérêt
de l’assurance vie n’est plus à démontrer dans une bonne organisation
patrimoniale (pas ou moins de droits à payer lors de la succession, selon
l'âge des versements), mais aussi pour un complément de revenus. Après
quelques années, en effet, il est à tout moment possible de demander une
"avance" (remboursable) qui va au maximum jusqu'à 80% du capital ou
un "rachat partiel" (non remboursable, c’est à dire définitif)
ou une sortie en rente viagère.
·
Les contrats de complément retraite "Madelin".
Ce
sont des produits "retraite" proposés par les compagnies
d'assurance, mais qui, à la différence essentielle avec les "assurances
vie", permettent de déduire des revenus la quasi-totalité des
cotisations (le plafonnement est
en effet assez élevé). Ceci est surtout intéressant pour les confrères
imposés dans les tranches marginales élevées. Par exemple, un versement
annuel de 12.000 francs permet d'économiser 5.400 francs d'impôts.
De
même, en ce qui concerne l'ISF, s'agissant d'un contrat "non
rachetable", il n'a pas à être déclaré.
En
revanche, il y a de nombreuses contraintes (durée minimum de cotisations,
régulières ; sortie uniquement en rente viagère à 65 ans). Il s'agit donc
d'un très bon complément de retraite, à prévoir assez tôt, mais qui
n'exclue pas une assurance-vie.
·
Le PEP
Il
s'agit d'un plan d'épargne, qui à l'origine (1990) était "populaire", mais qui est maintenant
plafonné à des versements maxima de 600.000 francs par personne. Cette
épargne à long terme (8 ans au minimum) est intéressante par ses avantages
fiscaux : les gains capitalisés sont exonérés d'impôts (sauf les 10%
"sociaux"), et la sortie se fait sous forme d'une rente totalement
défiscalisée.
Il y
en a 2 formes, les PEP "bancaires" qui sont donc de simples comptes
à terme, et les PEP "assurance vie" qui ne sont rien d'autre qu'un
contrat d'assurance vie placé dans l'enveloppe fiscale avantageuse d'un PEP.
Votre
conseiller vous précisera les détails de ces différents plans.
·
La Bourse : un rendement ne sera significatif que si l’on investit au
moins 500.000 francs (pardon 76.224 Euros : depuis janvier 1999, la Bourse est
un bon exercice d'adaptation puisque les valeurs sont toutes cotées en Euros
). On peut espérer entre 40 et ... 0% l'an, une moyenne de 10 à 15 % sur
plusieurs années est raisonnable, si l'on ne fait pas de bêtises (ventes de
panique, achats à découvert, spéculation sur warrants quand on n'est pas
très expert, etc.).
Le
rendement doit également tenir compte des impôts qui vont être appliqués
aux plus-values. Il y aura de toute façon 10 % au titre de "l'impôt
social". Sur un "compte titre ordinaire" les plus-values
supporteront 26% de taxes, et cela, dès qu'on a fait plus de 50.000 francs de
transactions. En revanche, si on a progressivement constitué un
"PEA" (plan d'épargne en actions françaises, avec versements
maxima de 600.000 francs par plan) les plus-values qui se sont capitalisées
pendant plus de cinq ans sont exonérées d'impôt, mais le plan est
"cassé" si vous retirez un centime, à ce moment. Au terme de huit
ans, vous pouvez "sortir" de votre PEA soit en vendant les valeurs,
donc en capital total ou partiel, soit sous forme de rente viagère. Vous
pouvez aussi le conserver, et les plus-values des années suivantes restent
défiscalisées, mais vous ne pouvez plus ajouter de versement : d'où
l'intérêt de faire le plein avant le terme des huit ans.
Quant
à la gestion, deux options sont possibles :
- donner
un "mandat de gestion" à sa banque ou tout autre
gestionnaire professionnel, tout en sachant que ceci à un coût : 0,50 à
0,80% /an du capital géré, + les frais de courtage sur chaque opération qui
seront maximum (1,10 à 1, 50% par ordre). Sans mandat, on vous proposera des
SICAV et des Fonds de placements selon une gestion
"profilée"(prudente, normale ou dynamique) dans laquelle varie le
poids respectif des actions et des obligations.
- gérer
soi-même, soit en donnant des ordres à sa banque, par téléphone,
fax, Minitel ou Internet, soit
directement par Internet grâce à un "courtier
en ligne". Il y a une trentaine de courtiers de ce type (les premiers en
1997), dont les plus connus sont Fimatex, Self trade, Webrooker, Consors, etc.
Leurs frais de courtage sont 3 à 5 fois moins chers (souvent forfaitaires
entre 6 et 18 Euros par ordre, c'est à dire entre 0,15 à 0,50% par ordre)
que ceux des banques et les ordres sont à transmission instantanée (et
parfois exécutés dans la seconde !), alors que ceux des banques sont
transmis chaque jour ! .
Il
faut compter en moyenne 1 à 2 heures de travail par jour (étude des courbes
et des cours, lecture de la presse financière et économique,
recoupement des diverses informations) : ce n'est donc pas de l'argent
gagné (ou perdu...) "en dormant", mais avec sa tête, en
réfléchissant.
La
gestion personnelle exige un apprentissage, qui sera assez long, pour
connaître le marché, connaître vos réactions, maîtriser votre panique
parfois, et sera plus rapide pour posséder le mécanisme pratique de la
transmission des ordres sur Internet. Le mieux est donc, pendant 1 ou 2 ans,
de se créer un portefeuille "fictif" et de (bien) le gérer ou bien
de suivre en spectateur la gestion de son gérant de portefeuille. On peut aussi s'inscrire dans un "club
d'investissement". C'est une réunion de particuliers '10 à 20) qui
gèrent, par des décisions communes, un petit portefeuille qu'ils ont
constitué, et cela sous la conduite d'un professionnel de la bourse, souvent
venant d'une banque. La votre vous donnera l'adresse du ou des clubs qu'elle
parraine. Vous pouvez aussi vous renseigner sur www.clubinvestissement.com
.
·
La défiscalisation
C'est
un outil à manier avec grande prudence, notamment en ce qui concerne les
investissements à rendement mirifiques, situés dans les zones
"historiques" ou "exotiques", dont l'unique objet est de
réduire ses impôts. Leur souscription attire terriblement l'attention du
fisc, qui n'attend que la fin des délais pour
trouver une condition non remplie, réintégrer les avantages consentis
et ainsi annuler d'un coup le gain fiscal précédent, compte non tenu
d'éventuelles pénalités.
Il
existe néanmoins des investissements intéressants, bien que comportant une
part théorique de risques, tels ceux dans les "Fonds communs de
placement à risque dans l'Innovation" (FCPI) : un investissement maximum
de 135.000 francs par foyer fiscal diminue non pas votre base imposable, mais
directement votre impôt à payer de 37.500 F (page 6,rub.7 de votre
déclaration). Là encore, un conseiller patrimonial fera le tri des FCPI les
moins risqués.
Il
s'agit surtout d'une préparation conjugale, avant d'être familiale.
La nouvelle vie
conjugale
C'est
une nouvelle vie qui commence, en effet, avec un nouveau partage des lieux,
des tâches, et... de la cuisine.
Ceci
n'est pas anodin, et combien de frictions conjugales, qui étaient masquées
par l'agitation de la vie professionnelle, vont s'exacerber ou éclater, quand
le "face à face" va devenir permanent. A l'opposé, il n'est pas
rare non plus que la tension permanente des soucis quotidiens cède la place
à une certaine sérénité, et donc à une nouvelle lune de miel.
Le
choix du nouveau lieu d'habitation est important
: il ne faut pas de rupture trop brutale avec les habitudes
précédentes. En particulier, la transhumance ville - campagne, si elle peut
dans un premier temps être envisagée comme idyllique (ah, l'élevage des
moutons dans le Larzac !), peut rapidement s'avérer catastrophique par
l'ennui et l'isolement. "Cultiver son jardin", c'est très joli,
mais cela peut se révéler assez limité pour les ouvertures intellectuelles
ou les goûts du conjoint.
La
retraite est le moment de
vérifier ou de compléter les
dispositions testamentaires nécessaires.
On sait que, sans contrat ou dans une communauté réduite aux acquêts, la protection du conjoint est fort mal assurée puisqu'il ne disposera au décès de son conjoint que de l'usufruit du quart du patrimoine s'il y a des enfants et si aucune disposition particulière n'a été prise.
NB.:
ces dispositions viennent d'être modifiées par la loi Vidalies récemment
votée : en présence d'enfants, le conjoint aura un quart en toute
propriété sur tous les biens et des droits privilégiés sur l'habitation
principale. Sans enfants, il aura la moitié des biens sur la succession, s'il
reste encore des ascendants, et la totalité, si non. Quant aux enfants
adultérins reconnus, ils ont les mêmes droits que les enfants légitimes.
Celles-ci
peuvent consister en :
pour le conjoint :
¨
une donation faite au
dernier vivant, mais cela aurait pu être rédigé dès la rédaction du
contrat de mariage,
¨
une nouvelle
rédaction de la "clause bénéficiaire" du ou des contrats d'assurance-vie.
Il faut rappeler que les versements faits après 70 ans sont soumis, sous
réserve de franchise de 200.000 FF, à droits de succession alors que les
intérêts ne le sont jamais, quelle que soit la date des versements.
¨
si les enfants en
sont accord, après des donations déjà faites, la transformation du contrat
de mariage en une "communauté universelle". Cette disposition
permet au moment du décès d'un des deux conjoints que l'autre hérite de
tout le patrimoine du couple sans aucun droit à payer et cela quel qu'en soit
le volume. Les enfants doivent alors attendre le décès du deuxième parent
pour hériter à leur tour de ce qui ne leur avait pas été donné. Cette
transformation doit être demandée au Tribunal d'instance.
pour les
enfants :
¨
soit des donations
individuelles (sans droits jusqu'à 300.000 francs par tête) selon leurs
besoins, soit, beaucoup mieux, pour éviter les incidents avec les autres
enfants,... ou avec les beaux-enfants, une donation-partage de la partie de
votre patrimoine qui ne vous est pas indispensable, mais avec "réserve
d'usufruit" (cela diminue les droits à payer, ne vous prive pas des
revenus correspondants, mais c'est vous qui continuez à payer l'ISF).
¨
soit des
assurances-vie, mais avec des clauses bénéficiaires plus précises que les
formules standard.
pour les petits
enfants :
Une donation,
jusqu'à 100.000 francs par tête (blonde comme toujours) est exonérée de
droits.
Cette donation
peut être accompagnée d'un "pacte adjoint" qui précisent vos
intentions quant à l'âge de disposition possible par exemple ou toute autre
disposition
Votre
conseiller ou votre notaire vous éclaireront sur tous ces points délicats.
Le terme de
"ludique" peut paraître osé, mais après tout, quand on n'est plus
soumis à des horaires, au téléphone, aux échéances, au rendement, quand
on a conquis sa liberté, ne s'agit-il pas de "jouer" avec elle !
Que va-t-on
faire de tout ce temps libre retrouvé ?
Les possibilités sont tellement nombreuses
qu'il est bien difficile de s'ennuyer. Elles seront d'autant plus adaptées
qu'elles auront bénéficié d'une préparation
avant la date de la retraite.
Elles
dépendent évidemment de nombreux facteurs : vos goûts,... ceux du conjoint
avec lequel il est enfin temps de "partager", votre état de santé,
vos possibilités financières et géographiques, etc., et aucune n'est
exclusive d'une autre.
On peut
envisager :
·
le sport
On sait qu'à
l'âge de la retraite, les sports de compétition sont exclus, et que la
reprise soudaine d'un sport abandonné depuis longtemps est imprudente. Le
tennis en double, le golf (deux fois par semaine au moins pour espérer faire
des progrès sérieux), la marche (rapide, 6 km à l'heure et non la promenade
d'agrément), voire le footing, tout ceci est utile à la conservation de la
forme indispensable, et pour les femmes, une bonne prévention de
l'ostéoporose. Pourquoi pas, non plus, le vélo (des rallyes entre amis, de
50 à 70 Kms/ jour) ou des mini-croisières en voilier (après stage(s)
préalable(s) de formation ou de perfectionnement, aux Glénans, par exemple !
(01 53 92 86 00 ou www.glenans.asso.fr.
)
Un bilan de
santé préalable sera de toute façon une bonne précaution.
·
Les activités artistiques et culturelles.
Ce sont des
activités qui n'ont pas besoin d'avoir été préparées de longue date et
qui peuvent être commencées à n'importe quel âge et poursuivies longtemps.
- la peinture ; que ce soit à l'huile, acrylique, aquarelle,
pastel, encre de Chine ou en trompe l'œil.
- la sculpture ; avant de s'attaquer à la taille directe
sur bois ou pierre, voire granit ou marbre, quelques années de modelage pour
faire de la "terre cuite" puis du plâtre apprendront les volumes et
les proportions.
Il existe de
multiples associations culturelles ou de quartier, confessionnelles ou
amicales qui peuvent permettre
des débuts en toute convivialité et avec une grande efficacité, à moins
qu'on ne préfère aller directement dans l'atelier d'un artiste.
Le budget va de
2000 à 5000 FF/an selon la fréquence des séances et le lieu.
- la
musique : il peut être difficile de commencer, mais la retraite est
l'occasion de renouer avec une activité de jeunesse qu'il s'agisse d'un
instrument ou du chant choral. Il existe de multiples conservatoires
régionaux ou d'arrondissement où l'on peut se rendre. Pour un budget pas
très supérieur, il est tout à fait possible qu'un professeur ou un
répétiteur (trice) puisse venir à domicile (200 FF /H environ).
- la
reliure
- la
tapisserie ; ces deux activités se pratiquent en atelier étant donné
l'espace et le matériel nécessaires. Le caractère convivial ajoute à
l'intérêt propre.
- les
universités du troisième âge ou les conférences de l'Institut de
France
- une
langue étrangère à apprendre ou à perfectionner (par exemple
l'institut Goethe pour l'allemand ou l'Institut Britannique pour l'anglais )
- l'enregistrement
vidéo des prouesses des petits-enfants ou les péripéties des voyages
avec surtout le montage des films,
après. L'avènement du numérique offre des possibilités étonnantes. Mis à
part la caméra, le budget peut ne pas dépasser 5.000 à 7.000 francs pour la
table de montage et les cassettes. On peut apprendre seul ou après quelques
séances de formation (à la FNAC par exemple).
- l'informatique
: c'est un outil ou un jouet, selon l'usage, mais qui a tellement de
possibilités qu'un apprentissage un peu approfondi et l'usage de la
bureautique et de l'Internet occuperont beaucoup de temps.
Il vaut mieux ne
pas commencer trop tard (si l'on n'a pas déjà commencé, par force, lors de
l'activité professionnelle). En effet, quatre écueils apparaissent avec
l'âge : la vue s'affaiblit et l'écran devient vite inconfortable, même s'il
y a la possibilité d'utiliser des "grandes polices". Il faut
choisir un écran d'au moins 14 ou 15 "pouces", voire 17 ; la
dextérité digitale diminue, entraînant un appui plus prolongé sur les
touches ce qui est l'occasion de gags rapidement agaçants ; on s'habitue mal,
au plan ergonomique, au déplacement vertical,
sur l'écran, d'une flèche, à partir d'un mouvement horizontal
de la souris ; on mémorise moins bien les différentes procédures.
·
les voyages.
Que ce soit avec
votre conjoint ou un groupe d'amis, leur préparation attentive, (sans aller
pourtant jusqu'à apprendre la langue du pays !), est une bonne occasion
d'enrichissement personnel, au plan historique, géographique ou culturel.
Certaines agences de voyages insistent sur ce caractère tel
"Clio" ou "la
Maison de la Chine".
Ce peuvent être
aussi des voyages "à thème", dont le prétexte pourra être une
compétition de bridge ou un stage de golf.
Il faut compter,
tout compris, environ 1000/1500 FF/J/personne, quel que soit le type de
voyage.
·
Le bénévolat
Il peut
s'appliquer à beaucoup d'actions :
- humanitaire
: qu'elles soient médicales ou non, (comme les clubs type Rotary ou Lions),
les nombreuses associations permettent de s'engager aussi bien pour des
missions en pays en voie de développement que dans une activité logistique
ou administrative au sein de ces associations. Les très grandes, du type
"médecins du monde" ou "médecins sans frontières" sont
très structurées et ont bon nombre de permanents de telle sorte qu'il est
difficile de s'y faire admettre. Il en existe d'autres, de taille différente
qui vous accueilleront.
- social
: les associations confessionnelles ou de quartier recherchent toujours
des bonnes volontés pour l'assistance aux chômeurs, SDF, jeunes en
difficulté etc.
Beaucoup plus
exigeantes au plan personnel de l'engagement sont les actions telles que les
visites de prison ou d'hôpital, voire les accompagnements de fin de vie.
- associatif
: le nombre des associations est infini (puisque chaque français rêve
d'être appelé "Monsieur le Président"), qu'il s'agisse
d'associations sportives, philatéliques, colombophiles, culturelles,
artistiques, historiques, etc.
-
politique
: le choix de l'engagement occupe les 180° de l'horizon politique, que ce
soit au plan national, régional ou communal. Mais, loin de l'action militante
pure et dure, quelle belle manifestation d'altruisme que de participer à la
gestion communale, par exemple !
Une remarque
générale s'applique à toutes ces activités de bénévolat : une fois
engagé, on risque de se laisser entraîner à donner de plus en plus de
temps. Il faut donc bien estimer la valeur de son engagement, les risques
d'extension et ne pas surestimer ses propres forces car il faut en conserver
pour les petits-enfants (cela soulage l'emploi du temps surchargé de leurs
parents), et... le farniente.
6.
En
conclusion,
La retraite est
une nouvelle vie passionnante, avec de multiples activités à découvrir ou
redécouvrir, approfondir et perfectionner. Comme en Bourse, le secret de la
réussite est dans la diversification. L'autre secret est peut-être aussi
dans un certain don de soi, pour ne pas vivre replié sur son égoïsme
naturel.
Alors, préparez-la bien et ne la prenez pas trop tard !
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à avoir lu ce dossier,
(
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[1] Retraité 1998 – e-mail : cydaieff@noos.fr
[2] ** Ainsi, sur les 3 dernières années, les contrats «en francs » ont rapporté, en cumulé, environ 19%, tandis que ceux «multisupports » entre 33 et 60 % selon les compagnies... mais les années 2002 et 2003 ont vu, en gros, le rapport s'inverser et même être négatif pour les contrats en francs, (devenus "en euros")!